Cassandra complex : Cyberpunks in the EU !

Vers la fin des années 80, on met des rangers, on joue du synthé et on se crêpe (encore) les cheveux.Et on lit aussi beaucoup de SF cyberpunk.qui nous parle d'un futur proche et sombre ou dominent réseaux informatiques, ultraliberalisme et de jihads millénaristes ( toute choses qui sont devenues vingts ans après notre pain quotidien).

Ce bouillon de culture donnera l'album "cyberpunx" du Groupe britannique Cassandra complex que d'aucun qualifient de culte: cet opus "electro-new-wave pre-gothiqque a tendance post punk" est plus qu'un album, mais un manifeste mettant la pop au service d'une critique acide du présent, comme du futur qui approchait à la vitesse d'un TGV croisé avec un aéro-train.

Lets' go to Europe , l'un des titres, est une donc une charge antiaméricaine virulente. Mais la chanson ne se contente pas déverser son mépris des yankee de la manière la plus crue qui soit ( voir pour s'en convaincre les paroles au bas de l'article): elle affirme aussi un contre-modèle : l'Europe, la nouvelle Europe "communautaire". D'où le titre de la chanson ("Allons en Europe").

Étonnant n'est il pas ? Des britanniques champions de l'europatriotisme version cyberpunk ?

Pas vraiment,car d'une part quoi de plus "rebelle" dans le royaume-uni post-tatcherien de s'affirmer pro-européen et anti-americain ?

Plus fondamentalement, entre le modèle dominant, écrasant des USA, et celui moribond de la vieille URSS, Cassandra Complex a choisi son camps. Ou plutôt il l'ont re-découvert. C'est l'Europe à venir. L'Europe Cyberpunk des années 20XX.

Pour l'heure, à l'époque ou il écrivent l'album, elle était encore loin, et c'est tout le mérite des visionnaires et des rebelles, fussent ils pop, de décider que le futur commence là. A la fin des années 80, on voit tout juste tomber le rideau de fer. Leur Europe, c'est celle qui s'affirme peu a peu, à une époque ou les frontières entre les Etats sont encore surveillées par des douaniers, mais pour quelques années encore seulement ....les Cassandra Complex sont attentifs à ce redémarrage de l'histoire a peine transfiguré par la Science-fiction

Dans le même temps, après presque un demi-siècle de guerre froide, le modèle US semble épuisé. Les auteurs de SF américaine eux-même, dans la littérature cyberpunk, dépeignent dans un futur proche une Amérique décadente politiquement et économiquement, et une Europe communautaire riche, arrogante et de nouveau à la tête de la politique mondiale, ou de ce qu'il en reste. On croise souvent des "européens terribles" dans "iles sur le réseau" de Sterling par Exemple, avec ses banquiers de données pirates corso-luxembourgeois, jusqu'au germano-avignonnais et sa clique techno-Bohême Praguoise dans le Feu sacré , du même auteur.

Si les européens (sic) y sont parfois désagréables, l'Europe, par contraste avec les USA et le reste du monde, y est dépeinte comme un havre de sécurité, de technologie et de culture. En 1989, l'histoire congelée depuis 1945 se remet en marche et s'accélère. La technologie et l'économie aussi. Tout change vite à l'orée des années 90.

Cassandra Complex fait un gros "fuck" aux conservateurs, politiques et technologiques, et appui un bon coup sur l'accélérateur.

On le verra ainsi le groupe poser avec leur dégaine new-wave devant un grand drapeaux européens, qui orne d'ailleurs la pochette de la version live de l'album !

Anarchy in the UK pissait sur le Royaume Uni... Suprême irone, 35 après, l'union jack, emblème national britannique, est devenue grâce aux gesticulations de Sid Vicious, le motif branché de toute lolita qui se respecte. Cassandra Complex, dans le mode eurotrash-cyberpunk, n'ont pas été loin de la même performance.

Car parfois il y aussi de gros nuages noirs sur ce futur. Tout est loin d'être rose ni même bleu et jaune dans cet avenir. Cassandra Complex ne promet pas le pays de cocagne. Si ce n'est pas un "no-future", c'est quand même un "dark" future. Un futur sombre ou, néanmoins, l'Europe aura achevé sa mue post-nationale et retrouvé tout sa place. L'ambiguïté n'est pas loin, et c'est à ce prix là que cet ode cyberpunk à l'UE fonctionne.

Peut être est-ce pessimisme malgré-eux qui, contre toute attente, est dans le fond, la marque distinctive commune aux européens jusque dans la culture pop.

"Nightfall over EC" ( "la nuit tombe sur la communauté Européenne")

Les paroles de let's go to Europe ( avec traduction)

Three hundred years ago we threw you out ( il y a trois siècle nous vous avons foutu dehors)

We didn't want you then, and we don't want you now (nous ne voulions pas de vous à ce moment et nous n'en voulons toujours pas)

You didn't take our culture, you took slaves instead (vous n'avez pas conservé notre culture, vous avez pris des esclaves a la place)

You wrote a constitution and left it unread ( vous avez écrit une constitution et ne l'avez jamais lue)

Let's go to Europe

Your only source of knowledge is T.V. ( votre seule source de connaissance est la Télé)

You censor everything and think you are free (vous censurez tout et vous croyez libres)

The land of milk and honey (le pays de lait et de miel)

Becomes the land of the Me (...devient le pays de la pisse)

Let's go to Europe

We did Paris this morning, now we're in Amsterdam

We'll be in Rome tomorrow if all goes to plan

By the end of the week, we'll have covered it all

There's not much to Europe really, it's so small

Go back to the colonies, go back to where you belong ( retournez dans les colonies, retournez chez vous)

Go back to the land that you stole, and leave us humans alone (retournez au pays que vous avez volé, et laissez nous, nous les humains, tranquilles)

Let's go to Europe

Euro trash girl : yankee dévergondée cherche continent décoincé

Cette chanson du groupe américain Chicks on speed pourrait à elle seule, cherche lecteur aguiché par le titre, donner lieu à une épaisse (qui a dit soporifique ?) thèse de sociologie sur le "voyage en Europe", sorte de moment initiatique, tradition ancienne et toujours plus importante dans l'imaginaire des jeunes américains.

La démonstration vous sera - hélas - épargnée faute de temps. De nombreux témoignages directs, blogs, illustrations, récits de voyages, sont semés à travers le web: l'europe est désirée ardemment, mi royaume de contes de fées ou s'entassent chateau, et véritables rues (pavées), encombrée de filles légeres sophistiquées et de séducteurs moustachus. Derrière ce vernis, il y a également le "retour aux origines", vers cette Europe omniprésente dans les livres d'histoires, cette petite péninsule aux indénombrables langues et cultures. Difficile de se représenter, de ce coté ci de l'atlantique, la force de cette fascination..

Cette chanson n'en est qu'une des nombreuses illustrations...à ceci pres qu'elle ré-actualise le theme. Pour les plus jeunes, l'Europe n'est plus seulement le continent décrit dans les livres d'histoire, celui des monuments et des auteurs du passé, celui des sommets de l'esprit et des crépuscule de la guerre. L'Europe est aussi un continent nouveau, jeune.

On passe de Barcelone a Prague, sans arrêts aux frontières disparues, du Catalan au tchéque, de la latinité ibérique au cœur slave du continent, en moins de temps et d'espace qu'il n'en faut pour aller de New-york a Washington. Notre Yankee parcours l'Europe "on speed" comme un visiteur au Louvre à l'heure de la fermeture, lorsqu'il se rend compte qu'il n'a pas encore parcouru le tiers du musée...

A cela près que ses expériences sont bien vivantes et actuelles.

Ce n'est pas l'Europe livresque des lumières et de Goethe qu'elle découvre. La rencontre est réelle, charnelle. Cette Europe la est de sang et de sueur. Les salons des philosophes ont fait une place aux boites survoltées de Slovaquie et au coffeshops d'Amsterdam au coulent a flot paradis artificiels, synthétiques ou naturels. On y croise aussi des CRS mal embouchés, soldats démobilisés et autres junkies tatoués d'un bout à l'autre d'une mosaïque de langues qui donne le vertige à cette adolescente. Pour elle l'Europe est un monde miniature, un catalyseur fascinant et interlope de toutes les expériences...

Mais le mieux est encore de vous laisser faire le voyage avec elle, a vos risques et périls.

Eurotrash Girls (paroles)

De Chicks on speed

Well I've been up to Paris,

and I've slept in a park.

Went down to Barcelona,

someone broke in my car.

And I'll search the world over

for my angel in black.

Yeah, I'll search the world over

for a Euro-trash Girl.



Took the train down to Athens,

and I slept in a fountain.

Some Swiss junkie in Turin

ripped me off for my cash.

Yeah, I'll search the world over

for my angel in black.

Yeah, search the world over

for a Eurotrash Girl.

The CRS on the metro

shook me down for a bribe.

On my knees for the sergeant

when my passport arrived.

Yeah, I'll search the world over

for my angel in black.

Yeah, I'll search the world over

for a Euro-trash Girl

Euro-trash Girl, Euro-trash girl.

Euro-trash Girl, Euro-trash girl.

Called my mom from a payphone

I said "I'm down to my last."

She said "I sent you to college...

now go call your dad."

And the waitress that he married,

well she hung up the phone.

You know she never did like me,

but I can stand on my own.

Sold my plasma in Amsterdam.

Spent it all in a night,

buying drinks at the Melk Weg

for a soldier in drag.

And I'll search the world over

for my angel in black.

Yeah, I'll search the world over

for a Eurotrash Girl

Euro-trash Girl, Euro-trash girl.

Euro-trash Girl, (I'm a) Euro-trash girl.

Yeah, I'll search the world over

for my angel in black.

Yeah, I'll search the world over

for a Eurotrash Girl (solo Johnny)

Got a tattoo in Berlin

(and a case of the crabs).

A rose and a dagger

on the palm of my hand.

And I'll search the world over

for my angel in black.

Yeah, I'll search the world over

for a Eurotrash Girl.

Euro-trash Girl, Euro-trash girl.

Euro-trash Girl, (I'm a) Euro-trash girl.



Yeah, I'll search the world over

for my angel in black.

Yeah, I'll search the world over

for a Eurotrash Girl.

Internet libre: le parlement européen portera-t-il la culotte ?

Les méchants ne meurent jamais

C'est un long feuilleton que celui de l'internet libre en Europe, qui prend coté obscur en France la nom de "Hadopi" et coté Force, au parlement européen celui de "amendement 138" qui à mis à mort le précédant.

On croyait donc l'Hadopi enterré. Et bien, non, comme les méchants des mauvaises séries, le voila qui revient, pointant une main putréfiée face à la pleine lune...tremblez derrière votre ordinateur, avant qu'on ne vous coupe tout accès !138-2.jpg

Jamais deux sans 3

On prend les mêmes et on recommence donc. Et c'est toujours la même histoire, celle des États européens, réunis entre eux au Conseil des ministres, qui essaient de transformer l'internet en un minitel bis et se heurtent aux représentant élus par le peuple: les parlementaires européens.

Ces dernier avaient réussi, à travers l'amendement 138, à imposer le respect des procédures judiciaires normales dans toute mise en cause d'internautes telechargeurs, rendant ainsi le projet français Hadopi caduc et protégeant la liberté d'accès à l'internet à travers toute l'Europe. Le Conseil avait purement et simplement "supprimé" l'amendement, qui fut a nouveau été voté par le Parlement, à 88 % !

Qu'a cela ne tiennent, les Sarkozy, Brown et autres Berlusconi reviennent maintenant à la charge, pour la troisième fois. Cette fois, s'il s'agit de vider de l'intérieur l'amendement 138 en le neutralisant à coups d'exceptions. Vicieux, en plus...

Des citoyens ? Ou ça ?

Voila comment cela se passe. A ce stade de notre histoire, l'Union Européenne, c'est essentiellement trois pouvoirs : la Commission, le Conseil, représentant les Etats, et le Parlement européen, représentant directement les citoyens.

Ces trois institutions - comme toute institutions qui se respectent - essaient de prendre le pas les unes sur les autres.

Au départ, seule existait la Commission, représentant les intérêts de la "communauté" tout entière. Le Conseil lui, destiné à être un organe d'impulsion des États, est davantage le lieu des tractations et autres marchandages, dans l'opacité la plus absolue. Quand au Parlement européen, élu au suffrage universel direct depuis 30 ans, il n'a cessé de gagner en pouvoir. Toutes les décisions du Conseil doivent être aujourd'hui avalisées par le parlement, qui a aussi l'initiative dans certains domaines.

L'amendement 138 a vu le Conseil essayer à tous prix de passer en force, se torchant rayant d'un trait les décisions prises à une majorité écrasante par les représentants du peuple. Jusqu'ici, le parlement à résisté. Quand un désaccord sans solution se produit, comme c'est (encore) le cas, une "procédure de conciliation" a lieu , à travers une commission composée des membres des deux institutions.

C'est bien sur l'occasion de tous les coups fourrés, de tous les lobbyings et de toutes les pressions.Catherine Trautmann, représentant les socialistes européens aurait déjà accepté certains "compromis" sur ce point.

Or dans, cette affaire se joue, en plus de l'avenir de l'internet, celui de la démocratie européenne toute entière : si le Conseil arrive à ses fins et fini par "effacer" un amendement voté à une écrasante majorité par deux fois, il aura définitivement démontré, à lui même, et aux yeux du peuple qui observe, qui porte la culotte dans l'UE...

Dans ce cas; il ne faudra pas s'étonner si les prochaines élections européennes n'ont qu'un score de participation résiduel...

Le retour des "4 gugusses dans leur garage"

C'est Christine Albanel, ex-ministre de la culture française, qui avait qualifié ainsi les organisations de défense de l'internet libre, visant en particulier la quadrature du net. On ignore s'ils travaillent dans un garage plein de fûts de peinture et de boites à clous. Peut être, pour l'ex-ministre, les seuls citoyens dignes d'être entendus sont ceux qui le font depuis depuis un bureau garni de boiseries dorées et d'une armée de scribouillons à leur service ?

Voila une conception bien française limitative de la démocratie. Quoiqu'il en soit, au moins une chose à changé dans la nouvelle saison de la bataille pour l'internet libre : la ministre n'est plus la, les 4 "gugusses" eux, si. Heureusement pour nous d'ailleurs.

Pour en savoir plus, rendez vous dans le garage des gugusses : http://www.laquadrature.net/fr/node/2408

Docteur NO contre Lisbonne, le retour de la vengeance

Il s’était pris une monumentale raclée aux élections européennes, ses quelques centaines de milliers de dollars dilapidés en vain….après avoir juré qu’on ne l’y prendrait plus, le voila qui revient. Pour le traité de Lisbonne – 2 ( version « on ne veut pas de l’avortement et on veut garder notre commissaire)

Qui ça ?

Declan Ganley, alias DOCTEUR NO, millionnaire, auto-proclamé défenseur de la liberté, au sein du parti du homonyme dont il est le fondateur, contre le traité de Lisbonne , les eurocrates et l’ultra-libéralisme. Heu…on me souffle dans l’oreillette que ce n’est pas ça du tout.
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Car dans l’argumentaire du Docteur No, comme dans celui des opposants au référendum, il n’y a jamais rien eu, et de loin quelque chose qui ressemble à de l’ « antilibéralisme »

Bien au contraire, pour notre millionnaire, l’Europe, c’est le risque de « moins de libéralisme ».

Il faut dire que c’est comme cela que Declan Ganley voit la liberté , en homme d’affaire avisé : ce n’est pas la liberté de faire du topless ou de fumer de l’herbe dans les coffee shop, mais celle de faire du pognon sans être dérangé par l’état, les impôts et autres réglementation écologiques ou caisses de sécurité sociale.

Et Il faut aussi comprendre que l’Irlande est déjà l’un des pays les plus « libéraux » d’Europe, véritable « porte-avion » avancé en Europe des industries américaines jusque dans les années 90, qui délocalisaient leur production dans ce pays (jusqu’à ce que le niveau de vie y augmente et que les salaires deviennent trop haut pour que cela présente beaucoup d’intérêt…)

Alors, quelque part, Ganley à raison !

Plus de pouvoir de décision pour l’Europe, ça voudra dire, forcement, tôt ou tard, que les impôts soient harmonisés, c'est-à-dire que l’Irlande cesse de faire du Dumping fiscal au détriment des autres pays.

Exit la lutte contre l’antilibéralisme donc, dans ce combat contre « Lisbonne » …

Mais il reste encore un autre combat du Docteur No, la aussi, pratiquement absent des préoccupations des français : la neutralité !

Notre millionnaire est farouchement opposé à toute « armée européenne », au nom des valeurs et des traditions nationales. Sauf que la aussi, il y a deux problèmes.

Le premier, c’est que, s’il est vrai que l’UE essaie d’améliorer sa défense commune , il n’est pas question « d’armée européenne », mais d’une « agence » permettant de faire des économies. Un peu comme dans une coopérative, ou vous vous mettez à 27 pour achetez vos steak congelés : vous obtenez des prix plus intéressants, et vous faites des économies…argent qui sera plus intelligemment dépensé dans d’autres domaines.

Docteur NO = Gandhi ?


De plus, encore une fois, cela n’a rien a voir avec le traité de Lisbonne. Avec ou sans ce traité, les Etats intéressés (la majorité), finirons par la mettre sur pied, comme pour l’euro ou le Schengen.

Mais le second problème est plus troublant encore. Declan Ganley, Hérault de l’antimilitarisme et de la paix…c’est beau comme du Gandhi. On en a des larmes aux yeux.

Sauf que, justement, la fortune de Declan Ganley est liée à…l’industrie de l’armement !

Selon l’Irish time ( voir citation au bas de l’affiche), la société du leader anti-européen travaille dans le domaine des communications pour l’armée américaine… D’ailleurs, son entreprise est basée au Dellaware, Etat des Etats-Unis connu pour ses « facilitées » fiscales.

Oui, vous avez bien lu. C’est réalisé sans trucages. C’est ainsi que se termine cet article, sans conclusion.

S’il y a encore des européens qui savent – et veulent – réfléchir, il devraient là trouver matière à forger leurs conclusions sur le Docteur NO , ses motivations, et les véritables enjeux du traité en question.

Note :

Ci dessous quelques affiches pour le YES de mon cru, certaines détournant les affiches abracadrandesques des antitout...

YES to Future, YES to Lisbon

Depeche mode : "nous sommes un groupe européen"

Un peu court jeune homme

Restons dans les 80’s et approfondissons un peu de ce qui a été abordé ici et la, avec un autre monstre sacré de la pop européenne, Depeche mode. Rien que ça.

Pourquoi « européenne » ? Seulement parce qu’elle est issue d’un pays du continent, le Royaume-Uni ?

Tss tss, laissons la parole à Andrew Fletcher, claviériste du groupe :

Bien sur, mais un peu léger.
Ils auraient quand même pu creuser un peu chez « Can you hear me Europe ! », ça en valait la peine, sachant que l’objectif était "d’intéresser les jeunes" aux élections européennes et à l’Europe en général.
Mais on se doute que leur intérêt pour la « synthpop » est limité, et que leur truc à eux c'est plutôt le rock à papa pépé ou la musique classique. Fallait pas trop s’attendre à ce que des « upper-class » fonctionnaires (européens) soient branchés culture pop, et ça s’en ressent dans la « concision » de leur approche.

On va leur donner un coup de main altruiste et développer…

Les (de)racines musicales

Les balbutiements de Dépêche Mode ont lieu à la fin des années 70, à partir du groupe « Composition of sound » crée par Andrew Fletcher et Vince Clark, entièrement basé sur des synthés. Vince clark parti fonder Yazoo, le groupe s’enrichit de nouveaux membres et David Gahan, le chanteur, le rebaptise du nom d’une revue « française » : Depeche mode.

Déjà, le ton est donné...Depeche mode ne regarde plus vers la patrie du rock.

C’est l’époque du post-punk et de l’émergence de la musique électronique. Jean Michel Jarre vient de sortir « Oxygène » (1976), enregistré sans sa cave, qui contre toute attente pour une musique instrumentale et « extraterrestre » va devenir jusqu’à aujourd’hui un des disques les plus vendus au monde. En Allemagne, Kraftwerk et sa musique retro-futuriste et minimaliste à déjà atteint un statut culte. Giorgio moroder et Cerrone ont eux fait muter la disco américaine en transe synthétique, le premier en dévoyant une illustre inconnue, Dona Summers, l’autre en faisant exploser le format des chansons, qui passent de 3-4 minutes à 10-15 minutes. L’Europe voit enfin émerger sa culture pop, et large les amarres avec le rock’n’roll.

Bref, les Dépêche Mode (DM) ont 20 ans, le Royaume-uni vient juste d’adhérer à la CEE (confirmé par un référendum écrasant en 1976), et leur oreilles se tournent vers le continent et ses sonorités nouvelles.

Strangelove – strange music

Les tous premiers titres en disent long. Photographic, hymne minimaliste envers quelque chose d’aussi trivial qu’une photo, rappelle immanquablement la démarche Kraftverkienne, celle de la fascination pour le miroir (Hall of miroirs), l’autoroute (Autobahn), le train (transeuropa express), la radio…

...vraiment pas un sujet rock’n’roll a priori. Mais il y a pire.

Rapidement, des thèmes comme Satellite ou Monument commencent également à témoigner d’une fascination ambiguë pour l’autre coté du mur. Ce sera une constante de DM durant toutes les années 80, qui culminera avec « Music for the masses ».

Les pochettes, sinon les titres, sont éloquents de « A broken fame » et sa faucille et son marteau sur fond de « réalisme soviétique », à la Métropolis de « Construction time again »

Parallèlement, « Everything count » affiche son acidité face au capitalisme, sur une musique guillerette, mais aux paroles sans ambigüités ( « les mains avides, raflent autant qu’elles peuvent – tout compte en grande quantité ») Des titres comme « Work hard » ou « pipeline » continuent dans cette voie, avec forces marteaux et Kling-Klang métalliques directement importés de la Ruhr.

Bref, au pays de Tatcher, les DM ne sont pas de “vrais” nihilistes punk rock à la Sex Pistols, et manifestent plutôt une critique discrète mais explicite, lâchons le (gros) mot en VO : les DM sont suspects de « socialism ». Et ça c’est pas franchement vendeur pour des rockeurs anglo-saxons….alors quand on se déclare "européen" comme le fait Andrew, c'est aussi,carrément au pays de tatcher de la provocation.

La marque de fabrique de DM est d’ailleurs d’allier satire « politique » à un premier degrés mélancolique, « romantique » ou carrément cuir-et-fouets, le tout sur une musique futuriste pour l’époque. "Master and Servant" en est l'exemple parfait ("jouons au maitre et à l'esclave")

Voila, la totale : pas de guitares, pas de rock, mais de la musique synthétique comme celle qui apparaît sur le continent. Et en plus ils sont aussi "socialists" que les bouffeurs de Choucroute et de Grenouille sont supposés l'être...et pour aggraver leur cas, sophistiqués et avec un nom français...

Nul n’est prophète en son pays

On imagine qu’avec tout ça, les débuts ont été difficiles. Personne n’aurait parié sur un groupe « sans guitare » et « sans batterie », obsédé par des thèmes pour le moins « inhabituels ». En Grande-Bretagne, Depeche Mode est perçu par l’establishement du rock comme le Cheval de Troie d’une « dégénérescence » venue du continent, mettant en péril le dogme du tout-rock.Les critiques et les magazines boudent.

En France, ou ne jure encore que par le rock et le jazz, c’est la même chose. Un groupe sans guitare, ce n’est pas un groupe. Pire, leur aspect androgyne, cultivé à souhait pour parfaire leur rupture, les fait passer pour un éphémère boys band.

Les Dépêche Mode sont pourtant, à tendre l’oreille, plus profond qu’il n’y parait. Ils parlent de leur quotidien triste dans le Royaume-uni tatchérien, en utilisant une musique aux assonances industrielles, dont la voix de Martin Gore et David Gahan vient réchauffer la glaciale pureté artificielle.
Ils sont tous issus des classes populaires, et cela s’en ressent.
On est décidément trop loin de Memphis, des costumes de cowboy à franges, et de la route 66. Et en plus, ça se dance

C’est précisément cette radicale « authenticité » doublée d’un son nouveau qui va fasciner l’Amérique. En 1984 « People are people » est propulsé numéro 1 et importe l’esthétique industrielle sur le nouveau continent. En 1987, « Music for the masse » (enregistré en France) va donner lieu à la mythique tournée 101 sur les routes poussiéreuses des USA.

Il faudra faire ce détour pour que l’Europe s’enflamme à son tour. Comme à chaque fois, les européens attendent ce qui vient, et dans ce cas revient, des USA.

En 1989 le bloc soviétique s’effondre. Le Road-trip américain de DM donne l’impression qu’ils re-jouent le rituel de la Rock-star, avec encore une fois une étrange distance ironique. Ce n’est pas leur monde, et pour cette même raison, l’exotisme Américain avec ses déserts, ses prêcheurs, et ses cowboys les fascine. Le « Violator » introduira le thème des télévangélistes, sur des riff « western » passé à la moulinette électronique. En même temps qu’il devient plus sombre et introspectif, le groupe continuera dans cette voie au long des années 90, désormais encensé et reconnu…

Finalement, les Britanniques Depeche Mode ont été les ambassadeurs de la toute jeune culture pop du vieux continent, à laquelle ils ont ajouté leur sensibilité et leur long héritage de la tradition pop, plus familier aux oreilles d'outre atlantique. .

Pas étonnant avec tout ça que le groupe soit -et se sente- beaucoup plus qu’un groupe Britannique...

Trainspotting : les européens et le tchacapoum, une histoire d'amour en musique

Note : voir l'article sur la banane bleue pour une introduction au sujet...

On peut tomber amoureux d'une locomotive...en tout cas, l'Europe est la patrie du train, et les européens le leurs rendent bien. Lorsque s'est développée une musique "bien de chez nous" et qu'est née la culture populaire européenne moderne, l'un des sujets fut tout naturellement...le train

La preuve....

L'un des premiers hymnes ferroviaires, véritable manifeste, est certainement le "Trans-europe express" de Kraftwerk. Tout y est, tout est dit au milieu des années 70.

la version en concert sur minimum-maximum montre que le thème n'a pas pris une ride.

Telex, les émules belges de Kraftwerk, en remettent une couche avec Moscow Disco quelques années plus tard

Mais c'est pratiquement simultanément que l'italo-allemand Giorgio Moroder sort son "Midnight express" pour le film du même nom. Troublante coïncidence.

Enfin, pour conclure, laissons la parole aux britanniques, dont l'expression "trainspotting" désigne justement un hobby obsessionnel, centré en particulier a l'origine sur les trains, d'ou le "train-"...

Et pourtant, cette passion britannique s'avère finalement être aussi et surtout, en réalité, une passion européenne...

Paris n'est PAS le centre de la Banane bleue

C'est vous qui voyez...

L'autre jour, je voulais faire une surprise (ça m'arrive) à mon étrangère d'épouse (qui n'est pas européenne, en plus) : préparer une visite près de Munich à une amie à elle étrangère, même pas européenne non plus, mariée à un allemand.


Mes finances étant ce qu'elles sont (...) après avoir cotisé pour un vol, je me renseigne sur les trajets par train. Pas seulement par économie, parce que, finalement, c'est chouette le train, surtout pour une étrangère-même-pas-européenne.On ne peut pas faire plus européen comme moyen de transport, surtout pour elle: c'est ici que le chemin de fer est né et c'est la qu'il s'est développé comme nulle part ailleurs, quadrillant tout le continent. D'ailleurs, dans son pays loin de l'autre coté de l'océan, il n'y a même plus aucun train, pensez donc...

Bref, c'est peut être pas aussi rapide que l'avion, mais on débarque directement en centre ville, pas dans un trou perdu. Et puis, il y a le charme du tacapoum-tacapoum, du paysage qui défile et change par la fenêtre. Bref du voyage, du vrai, avec valise en main, compartiment et temps pour la réflexion.Romantique.

Sauf qu'il y a un problème: de 4 heures de voyage en avion, on passe à 16 heures en train, pour le trajet le plus rapide.



La raison ? Pour aller du sud de la France à Munich, soit approximativement de 600 km, il faut passer par ...Paris. Soit en faire 900 au nord, pour redescendre au sud et en faire presque autant.

Vous allez à Madrid ? passez par Moscou... et je n'ai rien inventé

Le TGV, c'est super, rien a dire. Le problème, c'est que comme chacun sait, le réseau de voies ferrées français, comme le réseau routier, ressemble à une étoile dont le centre est Paris : Toutes les routes y mènent. Le TGV renforce alors la tendance centralisatrice: il devient plus facile de se rendre à la capitale depuis n'importe quelle métropole régionale...plutôt que de se rendre dans une autre ville de France, fut-ce dans la même région. Et si vous avez l'idée saugrenue de vous rendre dans une ville moyenne européenne à partir d'une autre ville moyenne française, fut-elle deux fois plus proche que Paris, cela risque de devenir un cauchemar.

La Banane bleue et le service public

Pourtant, il n'y a aucune fatalité. le réseau des voies ferrées Allemand, pour ne citer que lui, est l'exact inverse du Français. Ce n'est pas une toile, mais un quadrillage, une matrice. Enfin, un simple coup d'œil sur l'ensemble du réseau européen révèle la macabre singularité française, ses habitants étant pris en otage de la toile d'araignée francilienne.

Blaue-banane.png

N'en déplaise à la capitale, si on savait que Paris n'est pas le centre du monde, elle n'est pas non plus le centre de l'Europe.
Cette "révélation" a bien sur traumatisé bon nombre d'élus et de technocrates français, lorsqu'on leur a exposé les réalités de la désormais très médiatique "banane bleue", dont Paris ne fait pas partie. Celle ci n'est pourtant qu'une métaphore des observations des géographes et des aménageurs, qui constatent que la zone la plus densément peuplée, urbanisée et "riche" de l'Europe, se concentre dans un axe compris entre les citées-état italiennes et les anciennes cités hanséatiques de la mer du nord, jusqu'à l'industrieuse Londres. C'est la le fruit de l'histoire et d'échanges très anciens a travers l'Europe, commerciaux, mais aussi religieux, gastronomiques, culturels, qui expliquent (par exemple), que l'on trouve des recettes de pâtes dans la cuisine traditionnelle jusqu'à Strasbourg (qui elle, fait bien partie de la banane).

Pourtant, il n'y a pas lieu d'être traumatisé. A l'heure ou l'on frémit d'horreur face à la privatisation de la SNCF et que l'on clame tout haut les vertus du "service public", il serait peut être temps de la mettre en pratique en contrebalançant la "toile d'araignée" par une meilleure connexion des métropoles françaises entre elles et à la banane. Lille, Lyon, Marseille en sont très proches, et auraient tout à gagner à être mieux connectées au cœur vital et industrieux de l'Europe. Tout autant, voir plus encore qu'à Paris.

Mieux encore, le prolongement d'une connexion de Marseille peut donner lieu à la naissance d'un "arc latin" (ou banane latine si vous préférez), la ville se retrouvant ainsi en position de centralité sur un axe Barcelone-Milan, avec l'apport potentiel que l'on imagine.

Paris ne serait plus au centre de tout ? quelle abomination...

Sur le même sujet :

Pour une illustration en musique

Bons baisers de Bruges: la belle et la bê...l'anglais

Bon baisers de Bruges est un film de Martin McDonagh sorti en 2008, sorte de drame policier tragicomique et légèrement onirique, dans lequel deux malfrats britanniques (dont l'un irlandais) sont envoyés au frais sur le continent, en "vacances" malgré eux. Jusqu'à ce que...

Le film met donc en scène avec délice deux britanniques à priori "typiques", considérant tout le reste du continent comme un endroit au mieux bizarre, au pire, chiant. Le tout avec force emphase qui prête volontairement à sourire, voire à s'attendrir devant ces deux hommes simples, d'origine modeste, un peu perdus loin de leur "chez eux". Déjà, on sait que le film ne sera pas ce qu'il semble être...


Plus d'infos sur ce film


Ce qui frappe rapidement, c'est que tous les personnages grotesques rencontrés sont américains (ou canadiens), depuis les touristes obèses au pied du monument (voir l’extrait) jusqu'au nain cocaïnomane et raciste jusqu'à l'absurde, en passant par le canadien politiquement correct du restaurant. Et ils ont tous en commun d'être "radicalement différents", d'une certaine manière, littéralement, monstrueux. Ces rencontres, loin d’être fortuites, sont d’ailleurs l’occasion de souligner cette « altérité », avec un humour grinçant.

Cela ne s'arrête pas aux rencontres puisque cet ailleurs-repoussoir "américain" est présent même hors champs, comme lorsque les malfrats se scandalisent auprès de leur trafiquant d’armes russe.

« Quoi ? une Uzi ? Tu me prend pour qui ? Tu crois que je vais dégommer une dizaine d’enfants noirs dans un taudis de los Angeles ? Qu’est ce que c’est ce que cette merde, je veux une vraie arme…»


Plus d'infos sur ce film

Il faut dire que leur truc à eux, ce n’est pas seulement le fric. C’est aussi, et surtout, l’honneur, un vestige de l’ère précapitaliste et aristocratique enraciné dans la vieille Europe...

Bref le sentiment d’étrangeté de ces deux « anglais » sur le continent est radicalement contrebalancé par une différence encore plus radicale, celle d’avec les « monstres » autres, ceux de l’autre coté de l’océan.

Au point que, finalement, l’improbable se produit. Notre Irlandais buté se rapproche de Bruges de la manière la plus intime qui soit, en tombant amoureux d'une belle autochtone (Belge ou Française, peut importe, c’est « tout pareil » dirait-il). Au point d’envisager, lors de sa cavale, de s’installer sur le continent et de parler « l’une de leurs multiples langues ».

Et on partage un peu du vertige inquiet qu’il ressent devant cet immense « endroit » ou l’on peut passer en quelques heures de voyage d’une langue à l’autre, d’un monde à l’autre. Comme la Belgique finalement, mais en très grand. Bien plus grand même que le Royaume-Uni…

On devine que l’auteur, dramaturge, connait bien ce milieux populaire britannique et ce sentiment ambivalent face à l’Europe, à la fois très proche physiquement et toujours autre. Mais il montre aussi, assez subtilement, tout ce que ce sentiment a de suranné, d’anachronique, et d’attendrissant.

Peut être même, suggère-t-il par là que ce sentiment est d’autant plus intense qu’il a moins d’assises réelles, comme si c’était une façon un peu désespérée pour ces braves types d’affirmer « leur » identité, leur différence par l’opposition au reste du continent, mis dans le même sac (« eux » et « nous »). Différence qui s’avère à la pratique de plus en plus relative au regard d’un ailleurs encore plus lointain, à tous les sens du terme…

Bref, Bon baisers de Bruges est aussi, en filigrane, un « Bon baisers d’Europe », un regard britannique attendrit et optimiste sur « l’europeisation » malgré eux de ceux que l’on attendrait le moins…

80's pop, rise of europe

Vous l'avez peut être remarqué, ce blog est en vacances. C'est de saison. Et comme c'est la fin de la décade, c'est aussi le baroud d'honneur des années 80 et de sa pop music. Il s'est en effet passé quelque chose en Europe dans ces années, un phénomène aussi profond et spontané qu'ignoré, voire méprisé : la naissance d'une musique pop non plus nationale, mais embrassant tout l'Europe.

Les Madonna et autres Jackson sont un peu les arbres qui cachent la foret. Derrière eux fourmillement des tonnes de hit radio éphémères qui font vraiment, de Lisboa a Helsinki, une mémoire collective des 80's partagée par les européens et qui leur est propre.

"Vamos a la playa", ça vous dis quelque chose, si vous avez plus de 25 ans, non ? Pardi. Espagnol ?


Non, italien.

"Don quichotte".. espagnol ? italien ?

Perdu, français. Enregistré sur une chaine allemande ou autrichienne à ce qu'il semble.

Visage : l'emblème s'il est des années 80 est en anglais, mais les paroles sont pour moitié en français. Et celui la :


...dont vous noterez le préfixe EUR-, revendicatif d'un style, qui ne doit rien au hasard. Allez encore dans le genre, moins connu...


Oui, anglais aussi, la chanteuse est française. ils faisaient les premières parties de Depeche Mode.

Et qui ne se rappelle pas celle ci :


Mélange d'allemand et de russe, sur fond de musique minimaliste et de guerre froide guillerette. C'est d'ailleurs la (seule?) décade ou la chanson pop en allemand commence à circuler en Europe. Ce n'est pas Falco qui me contredira, Alles Klar Herr Kommissar ?

A Partir des années 80, il est bien fini le temps ou il fallait transformer son nom en "Johnny" et chanter en anglais pour avoir l'air aussi "cool" qu'un cowboy du Texas.Au contraire, désormais, les cowboys sont perçus pour ce qu'ils sont, des pèquenauds. La classe est neo-romantique, "futuristique". Le vieux continent, ses dentelles, ses langues, son ambiguïté et sa sophistication deviennent des motifs d'identification en Europe et sur tout la planète.

Le plus souvent quand même, on y chante en anglais, ce qui a pour effet de brouiller encore davantage les pistes. Dans l'ombre de 30 ans d'hégémonie post-guerre de culture populaire américaine, les hits européens qui débarquent en force passent pour des groupes d'outre atlantique ! C'est à peine aujourd'hui, vingt ans après, que l'eurodisco, plus fréquemment appelée "italodisco" en Europe même ( il faut dire que les italiens sont sur-représentés), commence a être découverte pour ce qu'elle est.

Et cela ne doit pas qu'a la nostalgie régressive. D'une certaine manière, ces groupes jetables dont les hits restent gravés dans les cerveaux, sont la quintessence de la pop, par définition éphémère. Leur absence de sérieux, leur dançabilité affichée et leur kitchitude revendiquée en font un genre à part entière. Son coté sophistiqué, parfois romantique, souvent lorgnant sur le nihilisme la rendent néanmoins plus ambiguë qu'il n'y parait.

Si on se penche sur ses origines, on s'apercevra là aussi que cette jeune pop européenne, sans surprise, est l'héritière d'une filiation historique qui lui est propre. L'italodisco est une version "tous publics", "abâtardie", de la pop électronique avant gardiste et conceptuelle née dans la décennie 70, parmi laquelle Kraftwerk en Allemagne, qui fonde déjà les repère du genre : rythmique, électronique, minimaliste, et euro-centrée. On y chante déjà autant en français,en allemand ou en espagnol qu'en anglais.

Ainsi, pendant que les formations d'outre atlantiques même avec un synthé dans le fond de la scène, continuent de se penser comme "rock'n'guitar", la décennie 80 voit émerger quelque chose de complètement neuf en Europe, en rupture plus ou moins consciente. Ce sera parallèlement, le décollage de la pop électronique, de Depeche mode à Front 242. Cette rupture se traduit d'ailleurs par un rejet plus ou moins violent de la part de "l'establishment" musical, y compris et surtout en Europe même. Mais ceci est une autre histoire.

Trêve de blabla et place à l'action avec une playlist de quelques dizaines de titres parmi les plus connus.

Retroussez les manches de votre blazer à épaulettes, un coup de gel dans votre mèche rebelle, vous y êtes ?

C'est parti...

"Les autres pays ils votent aussi ? Ah ouais ? ah bon..."

Ce titre, c'est du vécu.

C'était hier, jour de vote pour les élections européennes 2009 en France. Un ami (il se reconnaitra s'il passe par ici), pourtant relativement politisé (dans le bon sens du terme), et à l'esprit critique plus affuté que beaucoup, interrompt notre discussion, l'air perdu, et me demande : "..mais, les autres pays... ils votent aussi pour ces élections ?"

Le voila qui résume sans le savoir (quoique...), à lui seul, toutes ces élections.

Au passage, ça donne une mesure béante (bien mieux que tous les sondages) du flou dans lequel sont plongés l'immense majorité des électeurs en France, en particulier des abstentionnistes.

On pourra jeter la faute sur les médias. Pourquoi pas. Les instituts de sondages également ( à moins que ce ne soient leur commanditaires), ce matin encore, ne parlaient que des résultats du "PS", de "l'UMP", éclipsant tout le reste. Un peu comme si aux élections de la chambre de députés en France, les bretons n'avaient les résultats que de Quimper à Brest...

Mais si médias et sondeurs en sont là, c'est surtout parce qu'ils font avec ce qu'ils ont. Et ce qu'ils ont, ce sont les partis politiques qui le leur fournissent. C'est bien là qu'est le problème.

Il n'y aura pas de vrais élections européennes, ni d'émergence d'une gouvernance pleinement démocratique, sans véritables partis politiques européens pour proposer des choix aux citoyens à l'échelle de l'UE. Après 50 ans de construction européenne, c'est à eux, les représentants des citoyens, et non aux plus aux chefs d'états, de s'emparer de l'Europe.

La tache est extrêmement complexe avec 27 états et une multitudes de forces politiques. Les freins, toujours les mêmes, sont nombreux.

Pour que 2014 ne soit pas un redite de ces piteuses élections, et un autre moment historique perdu, 5 ans ne seront pas de trop. La vrai construction européenne - si elle se fait - se fera sans traité.

Peut être que, devant la tache, l'objectif le plus pragmatique et le plus concret vers lesquels peuvent tendre les partis est de faire surgir chacun un leader à l'échelle européenne, qui en sera le porte parole naturel, et le candidat à la présidence de la commission lors des prochaines élections. Un but simple qui apportera un gain de lisibilité immense pour les citoyens.

Mon ami, quand je le reverrai en 2014 au moment des élections, aura clairement vu que le candidat du "parti socialiste" est un Danois, et que celle des "verts" une italienne.

Pas de doute, ce seront bien des élections européennes.

Les premières peut être ?

il reste 5 ans. Le travail des politiques, à travers toute l'Europe, commence aujourd'hui.

Devilliers contre les Cochooooons dans l'espaaaaace

Un matin, en triant la pile de "foire à un euro" et autres "vous avez gagné, ouvrez vite", qui s'accumulaient dans ma boite aux lettres, je tombe sur un tract libertas - MPF, sauvé de justesse - court répit seulement - de la poubelle.

Masochisme probablement, je suis toujours friand de la prose de ce genre, et si vous êtes comme moi, vous n'allez pas être déçu.

Voila ce qu'on peut en effet lire dans un petit encadré "l'Europe envoie une urne de 15 millions d'euros dans l'espace, pour promouvoir la campagne électorale" .Et de conclure "ce sont les martiens qui seront contents".

Comme je suis un gars curieux, et que ça semble très gros (même pour du Devilliers), je vais quand même me renseigner. Première étape, google. Pas grand chose sur le sujet, si ce n'est un eurodéputé suédois, copain de Devilliers, qui a posé une question officielle (indigné) à la commission à ce sujet.

Première hilarité : la commission répond à l'eurodéputé que cette proposition existe bel et bien...mais qu'elle n'est pas de son ressort puisque c'est une initiative du parlement européen ! . Pas étonnant que ces deux la n'aient pas été au courant, puisqu'ils ne vont au parlement que pour toucher leur chèque. Et paf c'est zéro pointé quand on ramasse les copies...

Une Urne de 150 kilos ?

Mais l'histoire ne s'arrête pas la. On pourrait en conclure que Devilliers a tout de même raison dans sa croisade contre les "technocrates gaspilleurs d'argent". Sauf que 15 millions d'euros, ça fait quand même beaucoup pour envoyer une urne, même dans l'espace.

Retour sur google donc pour consulter le prix de la mise en orbite de 1 kilo: entre 10 000 et 20 000 dollars, dixit wikipedia.

Même si elle pèse 10 kilos notre urne (bon, en supposant que les technocrates en question aient insisté pour qu'elle soit en acier polonais et en chêne massif de la forêt noire), on est très loin des "15 millions d'euro" et même du million tout court...

Et puis flash...la lumière se fait.

Monsieur le compte comte à tout simplement un peu "arrangé" la réalité.

Ces 15 millions existent bel et bien. Mais ce sont ceux consacrés au programme spatial de l'Agence Spatiale Européenne, probablement pour le long séjour de Frank De Winne dans la station Colombus...le parlement européen a profité de la mise en orbite prévue début juin pour confier un message ( et une urne) à l'astronaute. OasISS_A_V2_L.jpg Et hop, dans la bouche de notre pourfendeur de turcs, le programme spatial de l'ESA ( qui au passage n'a rien à voir avec l'UE, car c'est une structure intergouvernementale) comprenant le séjour d'un astronaute européen sur Colombus devient une machination de l'UE à plusieurs millions pour envoyer une seule urne dans l'espace...

C'est vrai que, peut être, vu du (fond du) Puy du fou, il est difficile de faire la différence entre une urne de plexiglas et un casque d'astronaute. Sorcellerie !

Quoiqu'il en soit, cette manipulation fait d'une pierre deux coups, puisqu'en vilipendant , comme à son habitude, le "gaspillage" et les "technocrates", Monsieur le comte détourne aussi le regard des électeurs de la réussite de l'Europe dans le domaine spatial ( avec tres peu de moyens) et de la puissance montante de l'UE : justement, Frank De winne, acheminé par un vaisseau russe exploité conjointement depuis Kourou, prend en ce moment même au nom de l'UE le commandement de la station spatiale internationale...

Note : par une étrange coïncidence, mon camarade bloggeur jamais content vient a l'instant ou j'écris de publier un billet sur Frank De winne....

Références

Esa, la video de l'arrimage

image: logo de la mission de commandement européenne (crédit ESA)

Interview du Parti Pirate international France

En Suède, suite aux tracasseries faites aux internautes, le pirate partiet caracole a plus de 8 % d'intention de vote...en France, pas de candidats cette année. C'est bien dommage, car ils auraient à coup sur eut au moins un député, qui aurait été bien utile vu ce qui nous arrive dessus. En attendant 2014 et un Parti Pirate européen, voici une interview "exclusive" du parti pirate international, section France, qui a bien voulu répondre à mes questions.

Lire la suite ...

J'suis comme l'europe, j'suis un vrai bordel (le spot que vous ne verrez jamais)

Dans la catégorie le spot des européennes que vous ne verrez jamais...et c'est bien dommage.

D'ailleurs, si vous n'avez pas vu le film, devenu culte entre temps aux quatre coins de l'Europe (et ailleurs), jetez vous dessus.

Déjà, trouver ou se loger, c'est un peu comme rentrer dans l'UE : examen d'entrée sérieux et moults débats.

Après, il y a toujours un trou du cul malotru pour s'incruster dans le club. Bon l'Europe, ça s'apprend. Pour sa décharge, je vous avoue que ça ma rappelle quelque chose...

et, mais...vous l'avez reconnu ? c'est le capitaine vieille-europe, le super-vilain qui fouette du bec !

Il y a pas à dire, ça a quand même plus de gueule que le spot officiel très franco-camembert, plan plan malgré la musique new-wave retro-nostalgique de fond et la gentille fille de la fin qui annone.

Elle serait pourtant moins guindée dans l'Europe l'auberge espagnole

Mais bon, c'est sur, si on parle d'Europe en montrant ça à papi et mami après le JT de TF1...ça fait désordre...

Pas d'invasion de plombiers bulgares, pas d'ultra turbo capitalistes, mais (encore) pire: des jeunes qui dégueulent et se tripotent !

"ah elle est belle ton Europe", comme dirait ma mémé...

L'amendement 138 expliqué aux "souverainistes"

Avant, l'amendement 138 c'était ça :

138-1.jpg

il a été supprimé par les Etats, puis à nouveau rajouté et revoté par le parlement européen. Aujourd'hui c'est donc ça

138-2.jpg

En France, la loi hadopi vient d'être votée. Mais l'amendement européen 138/46 , qui figure dans le "paquet telecom", ne peut plus être supprimé par les États lors du conseil européen les représentant. Ils voteront toute la loi....ou rien.

Demain, à moins d'un caprice du président français, ( toujours possible) qui préférait faire échec à tout un paquet législatif plutôt que de décevoir ses amis de la FNAC, l'amendement 138 pourra être opposable à la loi française, comme une violation des droits fondamentaux.

Bref, demain, ça sera donc ça ? 138-3.jpg

Conclusions: un bras de fer diplocratie / démocratie

Quand on parle de "l'Europe", on parle de deux choses très différentes;

L'une, c'est le Conseil, représentants directement les Etats et leurs "intérêts". C'est l'Europe intergouvernementale, ou " des nations" ou "des peuples". Celle de la vieille diplocratie.

L'autre Europe, c'est le parlement européen, représentant directement les citoyens et l'intérêt européen commun. C'est l'Europe "communautaire" ou "supranationale", car au dessus des Etat-nations. C'est l'Europe démocratique car elle ne dépend que de nos votes.

C'est cette l'Europa là, la vraie, qu'on est bien content d'avoir dans des moments comme maintenant.

Et c'est pour cela que les élections européennes sont si importantes...pour plus de démocratie et moins de diplocratie européenne.

Libertas-MPF : Captain (vieille) Europe, le super héros qui pue des pieds

WoW ou plutôt MDR. La communication de De Villiers prend un coup de djeune avec son "captain europa", illustrant le blog de ce vengeur "mystérieux".

Même si l'apparition de ce super héros façon comic ne trompe personne ( on t'a reconnu Monsieur le Comte, même avec un jogging moulant...) on était pas habitué à tant d'audace de la part de notre turco-pédé-phobe national.

la-nation-c-bien.jpg

Peut être est-ce en raison de la nouvelle alliance avec M. Ganley, le milliardaire britannique dont presque tout le buisness est installé aux USA. Et pas n'importe lequel, puisqu'il travaille pour l'US Army. Quand on pense que l'un des thèmes phares du non irlandais, qu'il défendait lui même, fut la "neutralité"...ça laisse songeur.

En tout cas, l'homme est malin. Il connait les ficelles de la com.

Alors oui, Captain Europa représente certes une " autre" Europe. Celle du non irlandais à l'avortement ( pas de problème pour M. Le conte qui va être content), puisque c'était là aussi un des arguments forts de la campagne référendaire Irlandaise sur le traité de Lisbonne. Cette Europe la nous remmène déjà en 1976.

Mais il y a mieux

Captaine Europa de ses propres dire, défend "les peuples d'Europe". Fichtre, mais qu'est il lui même alors ? Captain Europa est Français alors? Irlandais ? ou alors un technocrate apatride ? horreur.

Même contradiction avec la "démocratie" dont ce Captain Europa bedonnant se fait le défenseur.

S'il est "pour une démocratie européenne", contre la "commission non élue" c'est qu'il est, logiquement, pour donner plus de pouvoir à l'organe démocratique de l'UE, le parlement. Oui mais alors, horreur (bis), le Captain Europa défendrait une Europe "supranationale" ?!

Non, rassurez vous. Absolument pas. En réalité, par démocratie, il entend le contraire, soit donner plus de pouvoir à des organes non élus ( comme le conseil, représentant les gouvernements).

En bref, à revenir à l'Europe des nation, c'est à dire à 1945. Voire avant.

Captaine Europa, c'est donc surtout le Captaine Non-europe ou, si vous préférez, le Captain vieille Europe: celle ou c'est chacun pour soi, et advienne que pourra.

On sait ce qu'il est en advenu des nations européennes livrées à leurs seuls égoïsmes "intérêts nationaux". Un champs de ruines. Des millions de morts. Notre décadence commune face à l'avènement des géants, URSS et USA.

Comme dirait Brice de nice : cette non-europe la, déjà fait, elle est KC

Non, décidément, ce pseudo super-héros là est bien un super vilain.

Heureusement pour nous, un VRAI super-héros veille sur les européens: Le Capitaine Union.

Et lui, quand on lui demande de quel pays il vient, il répond simplement " je suis fier d'être européen".

Union_by_Gaston25.jpg

Ca va barder pour ton cul Captain noneurope !

Références :

- la nation c'est bien, création sur www.europatriotism.eu - Le capitaine union est une création de Gaston sur deviantart. Merci à lui

Eurovision, and the winner is : Eurovision

Non il n'y a pas d'erreur. C'etait en 1980 et la chanson du groupe Telex, représentant la Belgique à l'eurovision s'appelait...Eurovision.

Sauf qu'ils ont fini dernier ou presque cette année là. Non pas que Telex ait manqué du traditionnel mauvais gout de rigueur, mais ses références circulaires,ce miroir tendu a l'eurovision, ou le vide le dispute à l'enthousiasme naïf en la modernité pouvait difficilement plaire au jury. Et pourtant, tout est dit.

Marc Moulin, le leader, n'en etait pas a sa première déconnade pirouette post-moderne. Avant ça, il s'était attaqué (entre autres) au sabotage du rock-a-papa avec " twist à saint tropez" :

Bref, Eurovision , c'était juste après leur premier tube intergalactique fut "moscow disco". Tout y est : phrasé blasé en français, rythmes hypnotiques et guillerets, humour au second degré. de l'anti rock et certainement, quelque chose d'autre, un blues du vieux continent, triste sous la gaité, qui parle au pieds, aux hanches aussi bien qu'à l'intellect, et regarde d'avantage vers la siberie que le middle west.

Les 80's commencent. Dans la foulée d'un " midnight express" de Giorgio Moroder et plus encore, du trans-europe express de Kraftwerk la dance électronique robotique et post moderne, de Berlin à Milan, de Bruxelles à Dusseldorf ouvre une nouvelle ère, celle de la (re)naissance d'une authentique culture pop paneuropéeene.

Le temps passe et les groupes de cette époque ont donné naissance a des émules tout au long des années 90, ou explosera la culture "rave" et la musique électronique, désormais banalisée. Marc Moulin nous a quitté, après s'être pendant des années mesuré à la faucheuse elle-même. Elle n'a eut que son enveloppe, car son humour et ses rythmes robotroniques sont immortels.

Adieu Marc: 5.4.3..2....1.. Rendez-vous dans l'espace.

References :

le site de telex http://www.telex-music.com/

je ne peux m'empecher de servir l'Europe comme un bon europénoyen !

Les élections européennes vues d'Espagne, dans le programme " vaya semanita " (quelle semaine!)

El pelana, mi "gambero" post-movida, mi looser en voie de clochardisation, se fait virer de son logeur ...quand on vient le chercher pour tenir les urnes durant les élections européennes ( il est fait mention de "constitution européenne..." )

Au début, Pelena n'est pas très enthousiaste à "passer douze heures derrière cette table" comme lui dit l'agent et n'entend pas en rester la "et qui le dit, la constellation Europeique ?" ( on retrouve la constitution écorchée, qui n'a rien a faire avec les élections )

Mais en voyant la charmante assistance, il change du tout au tout " je ne peux m'empêcher de servir l'Europe comme un bon europénoyen !"

Sacré Pelana...n'empêche. Que l'erasmus qui n'a jamais eut la même occasion (faiblesse) de se sentir archi europénoyen lui jette la pierre !

Tout anglais : "i wanna fuck you in the ass...i wann" (allez, tous en coeur !)

Moins d'un mois avant les élections Européennes...et je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, je n'ai pas entendu un seul mot sur la question des langues en Europe. Et là, ce ne sont pas les "technocrates" les responsables, mais nos politiciens qui pensent peut être que cette question n'est pas rentable électoralement.

En attendant, le tout anglais gagne du terrain. Pour un projet d'union " dans la diversité", ça la fout quand même mal. Sans parler de l'exclusion des centaines de millions d'européens qui maitrisent mal (ou pas) l'anglais.

Non pas qu'il y ait aucun complot. Juste de l'inaction,qui conduit au plus petit dénominateur commun. Car la question est si complexe qu'il faudrait plus d'imagination, d'audace (et aussi, des moyens financiers).

Allez, en vrac :

- Multiplier les moyens d'erasmus pour qu'étudier en Europe ne soit plus réservé à une élite ( 1 % des étudiants !). Et quand je parle de multiplier, c'est minimum par 3

- Développer des échanges du même types, à tous les ages et dans tous les milieux professionnels, avec un cadre légal, des bourses d'échanges de postes et de logements pour un temps déterminé, avec le soutien financier de l'UE

- Briser le tabou des langues de travail, en établissant clairement des langues "majoritaires" (allemand, français, anglais, italien + polonais et espagnol) , voir celui d'une langue auxiliaire artificielle (espéranto, latin simplifié)

- privilégier systématiquement par loi les programmes de télé en VOST.

- instaurer des congés payés linguistiques comme au Luxembourg

- institutionnaliser le principe selon lequel tous les fonctionnaires européens doivent impérativement maitriser au moins deux ( voire les trois) langues de travail et en comprendre deux autres. Et faire de la maitrise des langues un élément de notation encore plus proéminent, en privilégiant aussi les langues "non majoritaires"

- etc, etc...

En attendant, poursuivons notre exploration de la communication tout-anglais aujourd'hui avec ces quelques pubs de Berlitz...

Jour de l'europe : Peace, Love & Unity

LE 8 mai, on fête en France la fin de la veille Europe, qui se termine sur un monceau de ruines. Et le 9 , on fête dans toute l'Europe le début d'une autre manière d'être ensemble, avec la création de la communauté.

Enfin, dans toute l'Europe...ça reste encore bien discret. Peut être nous faudrait il une troisième guerre ?

Espérons que non. Ma modeste contribution fut d'essayer de transmettre tout ça aux plus jeunes, à partir d'une maquette réalisé l'année dernière :

Peace-love-unity_03.gif

...qui a donné naissance à un bien joli sticker !

sticker.jpg

Merci au Mouvement Européen Avignon et à Greca "crayon magique" Soto...en espérant aller bien plus loin, car l'UE est ce qui nous est arrivé de plus révolutionnaire et de plus prometteur en 2000 ans.

De quoi faire rêver, pour peu qu'on la fasse sortir des bureaux d'études...

Dans le même état d'esprit, rappelons que sur www.europatriotism.eu vous pouvez envoyer vos propositions et voter pour celles des autres, en leur permettant peut être de voir le jour sous la forme de stickers, posters, ou de T-shirt...ce graphisme y figure parmi bien d'autres...

L'Europe doit-elle continuer à subventionner 100 fois plus les patates que la recherche spatiale ?

J'ai posé la question au journal l'express, dans le cadre de sa campagne "sauvons les élections de l'ennui", qui a eut l'insigne l'honneur d'être sélectionnée avec quelques autres parmi la foultitude de propositions des visiteurs, preuve au passage que l'Europe est loin de susciter l'indifférence...

Cette proposition doit maintenant franchir la "ceinture d'astéroïde" du vote populaire. Cliquouillez donc si vous pensez que cette question est pertinente !

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections-europeennes-2009/vote/default.asp#

(Au fait tant que vous y êtes, vous pouvez voter pour "Pourquoi ne pas élire un président de l’Europe?", merci pour lui )

patate-ou-espace.jpg

Pour ceux qui se demanderaient de quoi je parle, c'est assez simple : Le budget de l'UE est consacré à plus de 40 % à la Politique Agricole Commune (PAC)

Je le répète façon obelix et compagnie : presque la moitié des sous-sous de l'europe partent dans la poche des peknos agriculteurs.

Or, bientôt, juste après ces élections aura lieu le grand marchandage du Budget de l'UE, déjà bien rikiki avec ses 1 % du PIB européen. il est déjà prévu que la PAC doit être repensée....alors pourquoi ne pas répartir un peu plus justement les dépenses ?

le premier service public européen

Rappelons également que l'UE n'a pas encore de programme ni de politique spatiale proprement dit.



L'agence spatiale européenne, l'ESA, est un regroupement d'États, dont certains ne font pas partie de l'UE (dont la suisse, et même le Canada qui y est associé). La règle est celle du "retour sur investissement", c'est à dire je met un euro, je récupère un euro (Contrairement au budget de l'UE ou on contribue en fonction de ses moyens, et on récolte en fonction de ses besoins, principe de solidarité élémentaire identique à celui des budgets nationaux)

Néanmoins, l'UE est conduite à se rapprocher de l'ESA, pour des raisons évidentes. Le projet de GPS Européen Gallileo, longtemps paralysé par le marchandage inter-etatique a enfin pu voir le jour en 2008 avec la participation directe du budget de l'UE.

Gallileo, géré en commun, accessible à tous et crée par des fonds publics européens, devient ainsi de facto le premier service public européen

Déjà, avec ses 2 milliards d'euro (soit 10 fois moins que le budget de la NASA et 23 fois moins que le budget de la Politique Agricole Commune !), l'ESA parvient a faire des miracles. Cette année, son premier vaisseau spatial, l'ATV Jules Vernes est devenu de loin le plus fiable et le plus perfectionné au monde, capable de transporter une charge en orbite et de s'arrimer à la station spatiale internationale complètement automatiquement.

Les russes ne s'y sont pas trompés et ont proposé de l'utiliser dans le cadre d'une mission lunaire euro-russe. La question de transformer l'ATV en vaisseau spatiale accueillant des astronautes européens n'a pas été tranchée par le conseil de l'UE (les représentants des Etats)...

Innover ou crever ?

Enfin, il est utile de le rappeler, l'investissement dans la recherche, et particulièrement dans l'espace génère non seulement des emplois à court terme, mais aussi à très long terme. En période de "crise" économique, cette relance en vaut très largement une autre.

Face à la concurrence des pays spécialisés dans des produits à faible coûts de main d'œuvre, les européens n'ont d'autre choix que faire la différence par leur avance technologique....

Et si une chose est certaine, c'est que que dans le domaine spatial, aucun État européen ne pourra rien réaliser d'ambitieux seul. Autant en tirer la conclusions qui s'impose.

La question se pose donc réellement : s'il est utile et nécessaire de financer les patates, peut être devrait on aussi lever un peu plus les yeux vers l'horizon et fonder une "Politique Spatiale commune européenne" intégrant enfin l'ESA à l'UE ?

Références

Voir aussi cet article traitant du sujet en détail

L'affiche est une création originale détournant la campagne officielle du Parlement Européen. Vous pouvez l'utiliser librement à condition de citer ce blog avec un lien.


Le poster ci dessous est un remake d'un graphisme publié sur www.europatriotism.eu dans le cadre d'une exposition de visuels pour la fete de l'Europe, le 9 mai prochain...meme remarque sur les droits.


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