L'UE au dela du reel

La fabuleuse histoire du "noniste" qui changea d'avis (ou pourquoi les elections européennes sont plus importantes que "obama")

note : cet article était programmé depuis juillet 2008, bien avant l'effondrement bancaire donc...

Le pourquoi du comment

Qui est l'homme qui avait "prévu" dans les années 70 l'effondrement de l'Union Soviétique et qui vota non à Maastricht ? Réponse : Emmanuel Todd, démographe plus qu'économiste, et penseur du monde contemporain...

"Et alors ?" direz vous, méfiant.

Et bien cet homme à changé d'avis, concernant à la fois l'euro et la construction européenne comme il l'explique implicitement dans son livre " après l'empire: essai sur la décomposition du système américain", paru en 2002...et comme vous le verrez dans sa biographie

Topor

Emmanuel Todd est d'abord démographe. Son analyse sur l'implosion à venir de l'Union soviétique se basait entre autres sur la constatation de données démographiques criantes : différences des taux de natalités très importants entre les républiques, mais surtout, chute de la fécondité et augmentation dramatique de la mortalité infantile et juvénile dans l'URSS d'alors. Pour simplifier, il voyait dans ces données des signes de faillite profond du système soviétique, invisible si on se contente de la superficie des évènements.

C'est un peu pour la même raison qu'il votera non au traité de Maastricht. Son analyse des "structures de parenté" montre qu'elles sont à l'origine de nos conceptions profondes de l'échange, et par la même divergentes

Quésaco ?

Et bien, dans le sud-ouest de la France par exemple, les enfants héritent tous, depuis des siècles d'une part égale. En Bavière, c'est l'ainé qui rafle tout. Cela a façonné nos conceptions profondes de l"être ensemble". En clair, les gascons sont égalitaristes, alors que les bavarois ne le sont pas du tout. On remarquera que ces différences ne recoupent pas nécessairement les frontières nationales. Toujours est il qu'Emmanuel Todd ne pense pas que des sociétés européennes aux fondement différents, selon son analyse, puissent conduire ensemble une même politique. il vota donc non à Maastricht au début des années 90.

Puis il changea d'avis à propos du traité constitutionnel, pour lequel il devint très favorable.

Pourquoi ce revirement ?

Pour une raison très simple : il s'avère que l'Europe n'est pas seule sur la scène mondiale, et qu'un danger la guette. Face à cela, les différences entre les européens sont beaucoup moins importantes que l'intérêt et les valeurs qui les unissent.

L'union de l'Europe apparait désormais nécessaire pour permettre à ses peuple existence de continuer à exister et de contrôler leur destin

Mais quelle est cette menace ? Vient elle de l'espace ? d'une autre dimension ? Non, elle vient du pays de Bruce willis et des double cheese, au delà de l'atlantique...

Quand l'Amérique nous tombe sur la tête

Commençons par dire qu'Emmanuel Todd, comme il s'en défend lui même , n'a rien d'un "alter-" ou d'un "anti-américain". il affirme être même admiratif du "libéralisme" anglo-saxon ( entendez par la un système respectueux des libertés civiles comme le sont plus ou moins les nôtres). Mais ne soyez pas déçu, car il prévoit rien de moins que l'effondrement inéluctable de l'economie américaine et de sa suprématie !

Les arguments développés sont divers : on y retrouve notamment l'analyse démographique ( avec certains signes alarmants aux États unis, notamment la baisse des couples "interraciaux" et une augmentation de la mortalité infantile et juvénile chez les "afro-americains"). Mais c'est surtout la perspective géopolitique et économique qui constitue le corps de la thèse.

Pour la comprendre, Emmanuel Todd s'appuie sur mise en perspective historique, en comparant la situation actuelle de l'Europe à celle de la Grèce antique..et celle de l'Amérique à celle de l'empire Romain.

Comme vous le savez, les grecs ont fini par être absorbés dans l'empire romain. De grande civilisation, ils ont fini par perdre leur statut au cours de guerre fratricides puis, incapables de s'entendre sur leur union, ils ont laissé le "protecteur" romain ( ...l'Otan de l'antiquité) au cœur de leur système jusqu'à en être prisonniers...

Ajoutons que les grecs eux-même ne se reconnaissent pas comme un peuple...cela doit vous rappeler quelque chose...

Mais le plus intéressant est certainement ce qui suit, puisque selon l'auteur, l'empire Américain touche à sa fin, et que cela ne se fera pas sans dangers...

L'Amérique hystérique, ou le début de la fin

L'empire romain ne s'est pas seulement constitué par la force, sans quoi il n'aurait pas duré autant. Sa force provient aussi de ses "bienfaits" supposés (la pax romana) et de sa vocation "universelle".



Comme l'empire Romain, l'Amérique , suite à la seconde guerre mondiale se place désormais au centre du monde , par la suprématie du dollar ( qui vaut littéralement de l'or), et en se rendant "indispensable" durant la guerre froide comme protecteur du monde "libre".

L'analyse d'Emmanuel Todd insiste sur un point original : à partir de la, l'Amérique vend d'abord de la confiance. Ce système permet dans un premier temps un formidable enrichissement de tous les américains et tire le reste du monde. Mais comme dans l'empire romain, il finit par se dévoyer. Vive la france A partir des années 70, par sa centralité et grâce au dollar, les USA agissent au niveau mondial comme l'état providence qui n'existe pas (encore) à ceci près qu'au lieu de redistribuer ces investissements venus de l'Europe et du monde, elle les engloutis à son profit, sans retour. La crise des sub-primes, et celle des banques ne sont que l'avant dernier avatar d'un phénomène pathologique récurrent depuis au moins 15 ans.

Car ce système, s'il a permit aux USA de devenir l'hyperpuissance, en à fait aussi une puissance obèse toujours plus avide et insatiable. Seul recours pour continuer à ce rythme : s'endetter, en s'appuyant sur la confiance, et son outil financier, le dollar.

Mais voila, la guerre froide est finie. La Russie récupère lentement, la Chine se développe et l'Europe détrône la suprématie du dollar avec l'euro, en quelques années à peine.

Les USA, isolés géographiquement, risquent de se retrouver marginalisés et privés du flux désormais nécessaire pour alimenter une économie qui repose sur un trou béant.

Une seule solution s'impose : se rendre visible, nécessaire. La "lutte contre le terrorisme" leur permettra de se planter en plein milieu, entre la chine et l'Europe, sur le lieux de production du pétrole et de circulation es bien, pour que tout le monde comprennent "combien ils sont nécessaires".

Malheureusement, c'est la un cercle vicieux. Les dépenses engagées creusent encore les déficits monstrueux, détruisant la confiance dans le dollar. Pire encore, la Russie, la Chine et l'Europe, inquiètes, sont conduites à se rapprocher.

Ainsi, la politique hystérique des USA prend tout son sens. Avant hier en irak, aujourd'hui en harcelant la Russie ( qui pourtant n'est plus "communiste") en multipliant les provocations, comme au "bon vieux temps" de la guerre froide.

Le pire ennemi des Etats-unis n'est pas terrorisme. Derrière les barbus, il y a un danger bien plus tangible: l'euro menaçant la suprématie du dollar, et donc directement les intérêts vitaux de l'Amérique.Une Europe unie et autonome est leur pire cauchemar, car il sonnerait le glas de la suprématie et du système américain.

Durant la guerre en Irak Bush se serait exclamé, comme le relayait le monde diplomatique : "l'europe ? je l'ai cassée en deux!". Au lendemain du "non" à la constitution, les NEOCONS étaient les premiers à s'exclamer ( s'esclaffer) " vive la France".

Et après l'empire ?

Mais Emmanuel Todd prévoit une chute inéluctable. Les partisans de l'empire américain peuvent compter sur quelques vassaux en Europe de l'est , sur quelques milliardaires liés à leurs intérêts comme Robert Murdoch ou Declan Ganley et son libertas ( et de facto la foule des "souverainistes" et autres "anti-liberaux" en France et ailleurs), cela ne durera pas toujours. Le président Obama ne pourra rien y changer et se trouvera devant le même dilemme : ou voir les Etats-unis se réduire leur véritable taille, et donc s'effondrer...ou poursuivre la politique du "je suis nécessaire" qu'il n'a plus les moyens d'assurer.

La complexité du monde et la realité économique finira par remettre les USA à leur place réelle, avec une crise au moins aussi violente que celle que connu l'URSS.

Après avoir été libérée de la tutelle coloniale de l'URSS, l'Europe voit maintenant celle des USA péricliter.Cela se produira pas sans dangers pour les anciens peuples inféodés s'ils restent divisés. Mais c'est aussi une chance de retrouver notre liberté et notre véritable place dans l'histoire.

Ainsi, comme on dit dans les contes des fées , le vilain petit anti-Maastrichtien se transforma en Cygne de la constitution Européenne.

Trop souvent, obnubilés par nos disputes intérieures nous oublions qu'il existe un monde en dehors de nos États-nations et de l'Europe. Et ce monde là pourraient bien, si nous sommes divisés, nous balayer dans sa tourmente.

LE XXIeme siècle ne fait que commencer.

Comme le XXème siècle, il apportera son cortège de merveilles, de surprises... et d'horreurs. Des millions d'enfants nés en 1890, en pleine belle époque, ne se doutaient par que leur destin serait de mourir sur les tranchées, sous les bombes ou dans les chambres à gaz.

Qu'en sera il des enfants nés en 1990 ?

L'histoire est en train de s'écrire et nous Européens, si nous surmontons nos divergences et prenons conscience de nos valeurs et de nos intérêts communs , pourront y jouer un rôle positif.

Dans le cas contraire, divisés, nous serons très certainement emportés par les turbulences à venir, sans pouvoir rien y faire.

La question Européenne, et les élections de 2009 (même si elles ne sont pas très sexy) vont peser sur le sort du monde et le notre bien davantage que celle du Président Obama dont le pays est deja le jouet de l'histoire.

Références

L'ouvrage d'Emmanuel Todd : "après l'empire, essai sur la décomposition du système américain",2002

- résumé sur wikipedia

-Disponible neuf ou d'occasion pour moins de 6 euro en poche, notamment ici et la

- Photomontage par moi-même issue de la collection

- Dessin de Roland Topor

Quand le Royaume-uni se reveillera...l'europe tremblera

Just an illusion

Le Royaume-uni et la France se ressemblent finalement beaucoup sur le fond : ces deux pays, longtemps rivaux à l'epoque moderne, n'ont jamais encaissé la perte de leur statut de puissances mondiales.


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Ci-contre 1971, manifestation PRO CEE au Royaume uni

La France issue des ruines de 1945 puis de la perte de l'empire se lance peu a peu dans une nouvelle voie, celle de l'Europe.

Certes, les illusions de grandeur "nationale" ne sont par mortes et polluent le débat démocratique sur l'Europe, jusqu'à aujourd'hui. Réputés pour leur chauvinisme supposé, beaucoup de français, de la gauche jacobine à la droite "souverainiste", continuent de surestimer la puissance de leur pays, encouragé en cela par le souvenir de la grandeur impériale perdue, et la tradition d'interventionnisme étatique, qui confond état et nation. Malgré leur poids, qui a fait peser la balance de leur coté a certains moments (échec de la CED, politique de la chaise vide...) la France trouve dans l'Europe une voie de rechange, une nouvelle direction avec et par laquelle continuer à exister et à peser sur le monde.


Les britanniques, eux, qui n'ont pas connu l'humiliation de la défaite et de l'occupation, continuent à se penser davantage et sans complexes comme une puissance mondiale, dans un superbe isolement. La réalité, démographique, économique ne cessera de relativiser ces prétentions durant l'après-guerre. Finalement, en raison de l'état de leur économie dans les années 70, il choisiront de rejoindre tardivement la CEE...sans jamais se décider pleinement à s'y investir, et sans faire le deuil de la glorieuse Pax Britannica.

Bref, on a beau dire que les britanniques sont pragmatiques,à y regarder de plus près, on en doute.

Le refus obstiné du passeport européen par Margaret tatcher (finalement arraché en retour du "rabais financier") en est un exemple. La volonté du gouvernement britannique de rejeter la charte européenne de droits fondamentaux, qui ne fait pourtant que réaffirmer des principes élémentaires dans les démocraties, est bien plus étrange encore pour l'un des plus anciens pays démocratiques, à l'époque ou la France était encore une monarchie absolue. La traditionnelle "europhobie" des tabloids Anglais n'a rien non plus de très raisonné.


Tout semble montrer un fond émotionnel très vif. Car si la France était une grande puissance coloniale, peut être un bon second, ce sont les Britanniques qui étaient durant plus d'un siècle LA puissance mondiale. Tombés de bien plus haut, ils ont, d'une certaine façon, bien plus de mal à tourner la page.


1971-uk.jpg Ci contre : Manifestation Anti-UE...


Et pourtant....la réalité, en dépit de tout, fait son ouvrage.

Le Royaume-uni est en Europe, c'est ainsi. Leur entrée dans le marché commun en 1973 était moins un choix qu'une affaire de bon sens et d'intérêt, car sans lui l'économie britannique se serait asphyxiée encore davantage. Cette entrée se fera d'ailleurs dans la confusion la plus absolue. Deux années à peine après l'introduction, un nouveau référendum a lieu pour sortir de la CEE... et les britanniques se prononcent à plus de 64 % pour y rester !

Ceux qui crient le plus fort ne sont pas toujours les plus nombreux...

Pendant les trente ans écoulés, l'histoire s'est accélérée. Le mur est tombé, et l'Europe s'est réunifiée. Les britanniques eux, sont désormais une écrasante majorité à considérer l'Europe comme leur "home", même si leur gouvernement traine les pieds et malgré les gesticulateurs.

La participation à la guerre en Irak marque ainsi un tournant. D'un coté, c'est le dernier avatar de l'illusion de grandeur nationale, celle d'être indispensable aux USA. En réalité, les britanniques ont surtout été un cautionnement moral à une guerre qui violait les principes internationaux, et que les Américains avaient avant tout besoin de justifier en s'entourant d'alliés, qui fussent portugais, roumains...ou britanniques, leur poid militaire contant moins que le fait de sortir de l'isolement politique.

D'autre part, le gouvernement britannique pritcette décision en dépit de l'opinion publique de son pays...et de celle de toute l'Europe. Si le gouvernement de Tony blair affiche son unité avec les USA, le peuple lui, n'en a jamais autant été éloigné... et aussi près des européens.

Un réveil...avec des sueurs froides ?

Et l'histoire s'accélère encore, en dépit de la décision du Royaume-uni de rester en dehors de l'euro, dont on peut se demander si elle n'est pas encore une fois, surtout inspirée par une idée (surévaluée) de la nation et de son autonomie. La crise financière américaine a clairement montré ( il suffit de regarder les cours des devises ) ce qui s'est passé en Europe : presque toutes les devises européennes "indépendantes" (dont la couronne danoise et la livre sterling) ont été malmenées et l'euro est grimpé en flèche.

comme dans les années 70, au plus grand est l'isolement, au plus dure s'annonce la chute, et le retour au pragmatisme. Le récent volte-face de l'Islande vis à vis de l'UE répète le schéma, et figure peut être un prélude.

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Ci contre : cours de l'euro en livre Sterling

L'époque de l'argent facile et du splendide isolement semble être révolue. La livre sterling parait aujourd'hui bien fragile. Un coup d'œil sur la courbe montre la vitesse à laquelle la livre se rapproche de la parité avec l'Euro.

Comment s'imaginer en effet qu'un seul état, fusse-t-il la Grande-Bretagne, puisse avoir une monnaie plus solide que celle d'un groupement de la taille de celui de la zone euro, et avec les contraintes qu'elle s'est imposée ?

On a vu ainsi le spectacle mi surréaliste, mi pathétique du premier ministre Gordon Brown, s'excluant de fait des réuions de l'Eurogroupe lors de cessions de "crise", car ne faisait pas partie de la zone euro...puis "invité" sur la photo finale, après avoir poireauté dans l'attente de la décision de l'eurogroupe...

Si les britanniques agissent vraiment, enfin, en fonction de leur intérêt, ou pour éviter la catastrophe qui se profile, ils seront fatalement emmenés à rejoindre l'euro, ne serait-ce que pour y peser de tout leur poids et s'assurer de la stabilité de leur monnaie et de leurs échanges commerciaux avec leur premier partenaire. Sans parler d'éventuels besoins de financements et de capitaux.

Ce jour là , comme l'avait imaginé Emmanuel Todd, l'Europe, non contente d'être la première place économique (en terme d'échange commerciaux et de PNB), deviendra aussi, avec la City de Londres, la première place financière mondiale, drainant d'énormes masses de capitaux vers l'Europe. Et l'euro deviendra de très loin la première monnaie mondiale, avec tout ce que cela implique pour les européens eux même. Et pour lla suprméatie américaine du Dollar, dont ce sera le coup de grâce.

Il ne reste plus qu'à espérer que cela ne tardera pas trop, car l'entêtement nationaliste et le pire n'est jamais à écarter.

A l'heure ou toutes les cigales, de l'Islande au Royaume-uni, frappent chez la fourmi eurogroupe, peut être les européens devrait ils en discuter ouvertement en tirant ensemble les leçons de cette crise pour que l'euro prenne enfin tout son sens.

British brothers, let Europe Arise !

Références:

- yahoo.com: cours de la Livre Sterling en Euro sur les 5 dernières années, jusqu'au 17 novembre 2008

- European Navigator: manifestation britannique en faveur de l'entrée dans la CEE, 1971

Tous droit réservés par leur auteurs et propriétaires respectifs.

Des européens sur la lune en 2020 ?

le 29 septembre 2008, l'ATV jules Vernes, le premier vaisseau spatial européen automatique et l'un des plus perfectionnés au monde, est rentré de la station ISS pour être volontairement désintégré dans l'atmosphère.

Les Russes ne s'y sont pas trompés et pressent déjà l'Europe de le convertir en vaisseau habité pour une mission en direction de la Lune. Pendant que l'UE tergiverse, la Chine vient de mettre pour la troisième fois des taikonautes dans l'espace...

Une mission lunaire européenne parait au dessus de nos moyens et hors de nos préoccupations...et pourtant...

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Bolivie : le pays qui usurpa son nom... et qui reste à inventer

Qui ne s'est pas demandé, en regardant une carte de l'Amérique du sud, pourquoi ce continent qui partage la même langue, la même religion, la même histoire et les mêmes problèmes est divisé en une mosaïque de pays, plus ou moins antagonistes ?

On comprend d'autant moins que leur puissant voisin du nord, lui, a réussi son unité.

A l'heure ou la Bolivie est sous le feu des projecteurs, il n'est pas inintéressant de prendre un peu de recul historique...

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Aux origines de la nation française : l'idée européenne (et inversement) ?

Charle Renouvier, le philosophe de la république.

Charles Renouvier est paradoxalement plus connu pour être l'inventeur du néologisme et du concept "d'uchronie" ( voir cet article) qui sera promis à un grands succès... dans la culture pop et la science fiction ! renouvier.jpg Ce philosophe français du XIX, qui est pourtant bien plus que cela, commence à être redécouvert comme l'un des pères fondateurs de la république, dont il a été le penseur infatigable : théoricien de la laïcité ( mais pas nécessairement athée lui même), défenseur d'une république égalitaire et fraternelle , voire "égalitariste", et opposant de Napoléon III, il est, sinon à l'origine de l'enracinement de la IIIème république, du moins l'un des penseurs qui inspireront les progressistes qui la modèleront.

Né au début du XIXème pour mourir à l'orée du XXème siècle, Charles Renouvier n'aura pas vu la première guerre mondiale. Mais il a été témoin de la guerre franco-prussienne, et cela lui fut suffisant. Comme beaucoup de ses contemporains, cet évènement eut des répercussions importantes sur sa pensée, comme en témoignent les nombreux textes du philosophe réunis par Fernand Turlot dans Le personnalisme critique de Charles Renouvier, Une philosophie française.

Bien avant les balbutiements de l'europe de Briand après la "der des der", Charles Renouvier parle de la "nécessité de "constituer en Europe un sentiment européen", appelant à la "construction d’une Europe fédérale pacifiée". Ce lien fédéral etant pour lui une nécessité afin d'éviter de nouvelles guerres...

Cette pensée aura, fort à propos, été oubliée par les penseurs républicains qui suivirent, les années à venir étant celle du revanchisme et du nationalisme à tout crin. Charles Renouvier aura été à la fois lucide et visionnaire, mais trop en avance sur ses contemporains.

Ernest Renan : fondateur de l'idée de nation française...et européenne ?

Le XIXème siècle est celui de la naissance des états-nation modernes, en même temps que leur théorisation. On retient deux conceptions opposées de la nation.

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Celle de l'Allemagne est basée sur le "volk", un peuple originel qui plongerait ses racines dans l'espace géographique national. De ce fait l'Allemagne (des origines) est basée sur le jus sanguini, ou droit du sang : on ne peut devenir allemand que par la filiation.

A l'opposé, l'idée de nation française exclu tout peuple ou race comme base de son existence: la nation française est exclusivement politique et se défini comme un "contrat" entre des personnes souhaitant vivre ensemble, se reconnaissant un avenir, sinon un passé, commun.

C'est Ernest Renan, dans sa fameuse conférence qui posera ces principes. Cela deviendra l'un des fondements de la république jusqu'à aujourd'hui, qui fait du droit du sol (jus soli) la condition nécessaire, sinon suffisante, pour devenir français.

Ces idées n'ont rien perdu de leur pertinence , bien au contraire. l'Allemagne elle-même, qui accueille de plus en plus d'immigrés, penche aujourd'hui nettement vers le jus soli. L'histoire tend à donner raison au philosophe .

Quel est le rapport avec la construction Europeenne ? laissons la parole à Renan :

«Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir.»

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Renan parle bien sur, dans le contexte de son époque, de la france. Mais il est troublant de constater à quel point sa définition vaut, mot pour mot, pour l'Union Européenne en développement. Cela ne doit rien au hasard.

Le théoricien de la nation était tout sauf un nationaliste étroit, et il le confirme, en visionnaire, dans sa conclusion : "Les volontés humaines changent ; mais qu'est-ce qui ne change pas ici-bas ? Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera".

il ajoutait juste "...mais telle n'est pas la loi du siècle où nous vivons".

Trois siècles ont été franchis, deux guerres mondiales se sont écoulées depuis, et l'après-guerre à vu les européens construire ensemble, en deux générations, une Union de fait entre les habitants du continent.

Comme le dit lui même Renan, les volontés humaines changent, le fait important dans la nation est de vouloir un avenir commun.

Les prétendus "souvernainistes" français ont fossilisé l'idée de nation en la fétichisant. Chevenement et sa mouvance affirment en substance qu'on ne peut tolérer d'état européen car il n'y aurait pas de nation européenne.

Mais la nation européenne, comme la nation française, est d'abord une question de vouloir.

En sacralisant la nation française et en niant ses principes fondateurs, les souverainistes confondent ainsi leurs désirs avec la réalité, en se contenant d'affirmer qu'il ne désirent pas l'émergence d'une "nation" européenne.

Il aura fallu plus d'un siècle et des massacres à l'échelle industrielle pour que les européens commencent à se penser comme tels et souhaitent vivre ensemble en s'organisant. L'action des pères fondateurs a crée une réalité tangible en unissant les économies et en rapprochant les hommes: une jeune nation européenne est née.

Reste le combat entre ceux qui désirent que nous liions nos destins, et ceux qui ne le souhaitent pas.

Références :

Présentation de Renouvier sur Wikipedia

Le personnalisme critique de Charles Renouvier, Une philosophie française, Fernand TURLOT, PU Strasboug, 2003

Renan et la guerre de 1870: de l'idée de nation à l'idée de l'Europe, Balcou J, CNRS, 1998

Revue d'hsitoire du XIX siecle, Autour de Décembre 1851, Raymond Huard

Revue d'hsitoire du XIX siecle, Laurent Fedi, 2003

L'idée de nation, conférence de Renan 1882

L'eurocommunisme, ou la difficile (re)naissance d'une alternative d'extrême gauche

Après les Verts Européens, le MoDem, le PSE et le PPE ( par ordre de niveau d'intégration Européenne) , il manquait un parti européen à l'appel de ce panorama, l'un des plus récents à s'être constitué, European left ,ou Parti de la Gauche Europeenne (PGE) . Encore tiraillé par des traditions nationales différentes, la consolidation de ce parti de gauche et son engagement explicitement pro-européen est pourtant un défi majeur pour la démocratie Européenne, et la démocratie tout court.

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A la recherche du service public télévisuel perdu, ou la vengeance de Sarko

Malaise dans le PAF ? Au delà de la sarkomanie/sarkophobie franco-française et de sa soudaine décision concernant la suppression de la publicité des chaines de service public, de réelles questions sont à poser...qui nous mènent bien au delà des frontières nationales...

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