Référendum

Les animaux malades de l’Europe, de Karl Lafuente


Les moutons, gras et gros

chacun dans leurs enclos

Avait connu naguère

La disette et la guerre



Ce temps d’un autre âge

Etait bien fini

Les maux avaient été bannis

Par de communs pâturages



Mais soudain, à nouveau

Un mal chez eux sévissait

Les près jaunissaient

Et l’herbe faisait défaut



Nul ne savait comment

Retrouver la santé,

L’abondance en froment

Et la peur sévissait…



Un jour de printemps

L’un de leurs présidents

Convoqua les brebis

A donner leur avis



Et soudain, les ruminants

Dans le doute perdu

Oublièrent comment

Ils devinrent dodus



Alors ils découvrirent,

ce qui pourtant depuis,

plus de deux générations

Etait vu comme raison





La concurrence non faussée ?

Quel crime insensé !

Ouvrir mon pâturage

C’est inimaginable !



Gravé dans le marbre !

Quel crime pendable

Mon enclos, seul est convenable

A nous seul est notre chambre



Voila l’ultraliberalisme !

Dirent des franciliens

Certains, même, y virent la main

Du lointain turquissime



Et dans l’enclos voisin

Situé sur un Ishtme

On criait au socialisme

Comme mal utérin.



A partir de ce jour

Rien ne fut comme avant

La raison n’eut plus court

Et on se tourna vers antan





Nos fourchettes ont trois bras.

Les leurs deux, c’est un fait!

Comment dans ce cas ?

Pourraient ont s’accorder ?





Et alors, les herbivores

Tous à leur hystérie,

en oubliaient le dehors

Souvent sans merci



Dans la noire forêt

Point de cet instrument

De crocs on usait

Bien plus contondants



Le loup surgit du bois

Trouvant les brebis divisées

Se réjoui de leur état

Et n’en fit qu’une bouchée



Moralité

A trop ne voir que son nombril

On fini sur le grill.

De la maastrichtophobie à la lisbonnophobie

Scandale ! Honte ! crient les nouveaux champions autoproclamés de la démocratie. Les irlandais avaient deja voté non et on va leur redemander de se prononcer sur ce traité ?

Cela n'a pourtant rien d'anormal ni d'unique. C'est même le contraire qui le serait.

Lors du traité de Maastricht, les danois avait voté non. Aurait il fallu tout arrêter...alors que les français avaient voté oui ?

Les gouvernements européens avaient à l'époque procédé comme aujourd'hui, de la manière la plus démocratique qui soit. Car le problème du référendum comme mode de gouvernement est évidemment qu'il n'exprime aucune nuance, contrairement à des élections. Ce "non" Danois semblait motivé par le refus de l'euro. Assez logiquement, le Danemark s'exclut de la monnaie unique et revota : à plus de 60 % les danois se prononcèrent favorablement !

Plus récemment, l'Irlande s'était déjà en 2001 retrouvée dans la même situation. Elle avait rejeté le traité de Nice avec des pourcentages sensiblement similaires ( et une participation d'à peine plus de 30 %) et des arguments identiques à ceux d'aujourd'hui : la peur de la perte de la neutralité notamment. Après un protocole garantissant la neutralité, les irlandais revotèrent, cette fois très favorablement.

Un référendum n'est pas une incantation sacrée, mais une réponse binaire qu'il convient de prendre en compte du mieux possible.. C'est ce qui a été fait depuis le début de la construction européenne, et les peuples concernés l'ont bien compris, résultat des re-référendum à l'appui.

C'est à nouveau le cas aujourd'hui avec les réponses apportées cette fois aux craintes d'une partie des irlandais: pas de remise en cause de l'interdiction de l'avortement, pas de participation à la défense européenne ni à l'harmonisation fiscale, et en prime ils garderont "leur" commissaire.

Les irlandais se prononceront donc sur un texte différent, car il répond de manière explicite aux différentes craintes qu'ils ont exprimés.

Ceux qui en France et Europe se cachent derrière les référendum pour réaliser leurs objectifs peu avouables ne peuvent prendre la démocratie et le destin d'un demi-milliard d'européens en otage. La démocratie n'est pas synonyme d'un simple caprice sans conséquence.

Pas plus que le référendum de Degaulle en 1969 n'impliqua en France le rejet définitif de la décentralisation, gouverner ne signifie renoncer à agir et à améliorer le fonctionnement d'institutions européennes inéfficientes en laissant nos destins partir à la dérive dans un éternel statut quo qui serait figé pour toujours.

La maastrichtophobie, remplacée par la "lisbonnophobie" est un phénomène d'autant plus énigmatique que ce texte, loin d'être la monstruosité "libérale" ou le dévoreur d'enfants de souveraineté que certains s'entêtent à imaginer, n'apporte que des modifications modestes aux institutions européennes, leur permettant néanmoins de fonctionner un (petit) peu mieux, ce qui est vital mais reste très insuffisant pour faire face ensemble à l'histoire en train de s'écrire de manière dramatique.

Le complot ultra libéral des technocrates de Bruxelles mis en défaut !

Spécial dédicace à Marie-qui-a-un-email-a-laposte.net-parce-que-c'est-un-service-public

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Besancenot l'Européen !

A la question de l'ouverture totale du marché postal à la concurrence d'ici 2011, prévue par une directive européenne, Besancenot répond :

" Une directive européenne ne vient pas dans le dos des gouvernements ! Elle a été adoptée sur la base d'un mandat donné par une réunion du Conseil des ministres européen. C'est donc bien les gouvernements nationaux, y compris le nôtre, de gauche soi-disant, qui ont, à l'époque, mandaté la Commission pour libéraliser La Poste"

Surprise !

Pour Besancenot,les états (dont la France), ne sont donc pas des "victimes" de "l'Europe de Bruxelles" chère à Devilliers.

Le Leader de la Ligue communiste révolutionnaire rappelle une évidence trop souvent occultée : l'europe, c'est aussi la France, et elle participe pleinement de toutes les décisions, qui se font a la majorité qualifié ou le plus souvent de forme consensuelle.

On aurait donc tord de mettre besancenot dans le meme sac que d'autre nonistiens "de gauche", car contrairement à la plupart, il refuse la victimisation et la théorie du complot , se résumant à la formule habituelle de "l'europe nous oblige à...".

En cela le Leader de la LCR apparait radicalement opposé a un Le Pen, mais aussi à un à Schivardi, un Chevenement, ou tout autre nostalgique de l'état-nation bleu-blanc-rouge.

Il le dit clairement: l'europe n'est pas le problème, c'est ce que nous en faisons ( à travers les représentants de notre gouvernement) qui en est un. Il rappelle aussi implicitement que le système actuel fait la part belle aux états...contrairement à un système fédéral ou c'est le parlement européen - les citoyens - qui décideraient, et qu'il y a donc clairement un manque d'Europe.

Vous croyez que je fait parler Besançenot à tord et à travers ?

Détrompez vous. eurocommuniste.jpg

Le charismatique postier continue un peu plus loin :" Ce qu'un gouvernement demande de faire, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas revenir dessus ensuite. On ne sortirait pas de l'Europe pour autant, d'autant plus qu'il y a une alternative pour un service public européen : on pourrait imaginer une coopération immédiate de tous les opérateurs publics pour faire un premier pas vers un service public postal européen."

Cela n'a l'air de rien mais c'est proprement "révolutionnaire".

Le leader de la ligue communiste (révolutionnaire, pour le coup ) est ici définitivement éloigné d'une "rupture" avec l'UE comme le préconisent d'autres extrêmes,

Car non seulement il réaffirme que la france n'est pas une "victime contrainte par l'europe", mais il va plus loin, en proposant de faire de la "politique européenne'' , clairement supranationale, au lieu de souhaiter un retour en arrière.

Hélas, cette illumination est peut être un peu tardive.

La notion de service public européen était prévue noir sur blanc dans la défunte constitution Européenne.

Trop tard.

Références :

Le point.fr 28 aout 2008

ARTICLE II-96 de la constitution Européenne notamment :

''Accès aux services d'intérêt économique général.

L'Union reconnaît et respecte l'accès aux services d'intérêt économique général tel qu'il est prévu par les législations et pratiques nationales, conformément à la Constitution, afin de promouvoir la cohésion sociale et territoriale de l'Union.''

Aux origines de la nation française : l'idée européenne (et inversement) ?

Charle Renouvier, le philosophe de la république.

Charles Renouvier est paradoxalement plus connu pour être l'inventeur du néologisme et du concept "d'uchronie" ( voir cet article) qui sera promis à un grands succès... dans la culture pop et la science fiction ! renouvier.jpg Ce philosophe français du XIX, qui est pourtant bien plus que cela, commence à être redécouvert comme l'un des pères fondateurs de la république, dont il a été le penseur infatigable : théoricien de la laïcité ( mais pas nécessairement athée lui même), défenseur d'une république égalitaire et fraternelle , voire "égalitariste", et opposant de Napoléon III, il est, sinon à l'origine de l'enracinement de la IIIème république, du moins l'un des penseurs qui inspireront les progressistes qui la modèleront.

Né au début du XIXème pour mourir à l'orée du XXème siècle, Charles Renouvier n'aura pas vu la première guerre mondiale. Mais il a été témoin de la guerre franco-prussienne, et cela lui fut suffisant. Comme beaucoup de ses contemporains, cet évènement eut des répercussions importantes sur sa pensée, comme en témoignent les nombreux textes du philosophe réunis par Fernand Turlot dans Le personnalisme critique de Charles Renouvier, Une philosophie française.

Bien avant les balbutiements de l'europe de Briand après la "der des der", Charles Renouvier parle de la "nécessité de "constituer en Europe un sentiment européen", appelant à la "construction d’une Europe fédérale pacifiée". Ce lien fédéral etant pour lui une nécessité afin d'éviter de nouvelles guerres...

Cette pensée aura, fort à propos, été oubliée par les penseurs républicains qui suivirent, les années à venir étant celle du revanchisme et du nationalisme à tout crin. Charles Renouvier aura été à la fois lucide et visionnaire, mais trop en avance sur ses contemporains.

Ernest Renan : fondateur de l'idée de nation française...et européenne ?

Le XIXème siècle est celui de la naissance des états-nation modernes, en même temps que leur théorisation. On retient deux conceptions opposées de la nation.

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Celle de l'Allemagne est basée sur le "volk", un peuple originel qui plongerait ses racines dans l'espace géographique national. De ce fait l'Allemagne (des origines) est basée sur le jus sanguini, ou droit du sang : on ne peut devenir allemand que par la filiation.

A l'opposé, l'idée de nation française exclu tout peuple ou race comme base de son existence: la nation française est exclusivement politique et se défini comme un "contrat" entre des personnes souhaitant vivre ensemble, se reconnaissant un avenir, sinon un passé, commun.

C'est Ernest Renan, dans sa fameuse conférence qui posera ces principes. Cela deviendra l'un des fondements de la république jusqu'à aujourd'hui, qui fait du droit du sol (jus soli) la condition nécessaire, sinon suffisante, pour devenir français.

Ces idées n'ont rien perdu de leur pertinence , bien au contraire. l'Allemagne elle-même, qui accueille de plus en plus d'immigrés, penche aujourd'hui nettement vers le jus soli. L'histoire tend à donner raison au philosophe .

Quel est le rapport avec la construction Europeenne ? laissons la parole à Renan :

«Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir.»

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Renan parle bien sur, dans le contexte de son époque, de la france. Mais il est troublant de constater à quel point sa définition vaut, mot pour mot, pour l'Union Européenne en développement. Cela ne doit rien au hasard.

Le théoricien de la nation était tout sauf un nationaliste étroit, et il le confirme, en visionnaire, dans sa conclusion : "Les volontés humaines changent ; mais qu'est-ce qui ne change pas ici-bas ? Les nations ne sont pas quelque chose d'éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera".

il ajoutait juste "...mais telle n'est pas la loi du siècle où nous vivons".

Trois siècles ont été franchis, deux guerres mondiales se sont écoulées depuis, et l'après-guerre à vu les européens construire ensemble, en deux générations, une Union de fait entre les habitants du continent.

Comme le dit lui même Renan, les volontés humaines changent, le fait important dans la nation est de vouloir un avenir commun.

Les prétendus "souvernainistes" français ont fossilisé l'idée de nation en la fétichisant. Chevenement et sa mouvance affirment en substance qu'on ne peut tolérer d'état européen car il n'y aurait pas de nation européenne.

Mais la nation européenne, comme la nation française, est d'abord une question de vouloir.

En sacralisant la nation française et en niant ses principes fondateurs, les souverainistes confondent ainsi leurs désirs avec la réalité, en se contenant d'affirmer qu'il ne désirent pas l'émergence d'une "nation" européenne.

Il aura fallu plus d'un siècle et des massacres à l'échelle industrielle pour que les européens commencent à se penser comme tels et souhaitent vivre ensemble en s'organisant. L'action des pères fondateurs a crée une réalité tangible en unissant les économies et en rapprochant les hommes: une jeune nation européenne est née.

Reste le combat entre ceux qui désirent que nous liions nos destins, et ceux qui ne le souhaitent pas.

Références :

Présentation de Renouvier sur Wikipedia

Le personnalisme critique de Charles Renouvier, Une philosophie française, Fernand TURLOT, PU Strasboug, 2003

Renan et la guerre de 1870: de l'idée de nation à l'idée de l'Europe, Balcou J, CNRS, 1998

Revue d'hsitoire du XIX siecle, Autour de Décembre 1851, Raymond Huard

Revue d'hsitoire du XIX siecle, Laurent Fedi, 2003

L'idée de nation, conférence de Renan 1882

Parlez-vous nonistien ?

Avec le déferlement exceptionnel de commentaires sur un précédant article, l'occasion a été donnée de découvrir quelques échantillons de prose "anti"-constitution et anti-UE particulièrement hermétique au non initié.

Cette modeste introduction vous permettra, espérons le , de mieux saisir toute la subtilité de ce nouveau langage. Elle ne prétend pas bien entendu à l'exhaustivité, mais devrait néanmoins vous permettre de commencer à pratiquer "l'antitout" assez rapidement et vous faire ainsi de nouveaux amis.

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le ridicule ne tue pas (mais il le pourrait)

Après l'article dressant un panorama de la diversité des anti-UE en Europe ( il y a des images, je vous assure c'est amusant), voila un "extra-bonus" sur nos amis français ( ne dites pas à ma mère que je le suis moi aussi, par ces temps, ce n'est pas la fierté qui m'étouffe).

Celui-ci concerne deux candidats, qui, après avoir fait leurs premières armes contre le traité constitutionnel en 2005, ont converti leur croisade anti-UE en marque de fabrique pour les présidentielles...l'un est de "gauche" , l'autre est de "droite", et tous deux ont en commun la nostalgie d'un Eden perdu.

La faute à qui ? devinez.

Schivardi, life on mars...?

Méfiez vous des imitations : Schivardi en a l'allure, l'accent, et la corpulence...mais il n'est pas un Pasqua bis, car de l'autre coté du spectre politique. En principe tout au moins, car le programme de Schivardi, candidat auto-proclamé "des maires" est simple : sortir de l'Union Europeenne, comme il le dit lui même.

Je vous arrête toute de suite : moi aussi j'ai l'accent du sud ( même s'il n'est pas aussi débonnairement accentué) et ce monsieur m'est familier: il a l'âge de mon papa ( qui est lui quand même bien mieux habillé et plus beau, normal c'est mon papa - c'est 100 euros p'pa si tu me lis).

Bref le bonhomme m'est familier. On me dit qu'il a été maçon et a eut deux enfants au début des années 70. Si on ajoutait qu'il est de la famille ça ne m'étonnerait pas. schivard.jpg

Et c'est bien pour cela que mon mépris fait place à une triste gène, car le personnage m'apparait avant tout comme pathétique.

Pour quoi enfoncer le clou ? parce qu'il est emblématique d'un travers de plus en plus répandus dans la société française, alliant une relative ignorance de la réalité économique à une nostalgie galopante de l'Eden perdu des trente glorieuses.

Moi aussi, j'ai la nostalgie des derniers échos que j'ai connu de cet âge d'or. Preuve à l'appui, mon chez-moi tend à ressembler à une scène d'orange mécanique tant j'accumule les vestiges du consumérisme insouciant et plastique de la génération du baby boom. Sans compter la musique psychédélique et tous les avatars d'une société ou tout paraissait possible, du pire au meilleur.

Je ne sais pas si Schivardi collectionne les plateaux repas oranges et les fauteuils-coque. Ce que qui est clair en tout cas, c'est que pour lui, les trente glorieuses ne sont pas mortes de leur mort naturelle. Et il a trouvé le coupable: l'Europe.

Vous croyiez que c'était le prix des matières premières, la concurrence nippone, celle des Nouveaux pays industrialisés ou une multitude d'autres facteurs internes et externes ?

Pourquoi aller chercher si loin ?

Avec Schivardi, tout est simple : C'est la faute à "Maastricht", à l'euro, au marché commun. Bref à l'Europe "ultralibérale", selon la terminologie Schivardienne. Logiquement, il prône, dans le désordre, le rétablissement du franc, la re-nationalisation des "entreprises-publiques", le rétablissement des monopoles d'états ( sur les telecommunication ?), etc...( liste non exhaustive).

Pour ma part, en tant que vieux con prématuré, je me contenterais de pester contre les téléphones portables, symboles d'un capitalisme triomphant qui a envahi, avec la collaboration active des interessé(e)s, jusqu'au dernier repli de notre solitude. Finalement, si Schiavardi, avec son rétablissement des monopoles, veut en finir avec les cellulaires, on a au moins un point commun...

Ça à l'air amusant. Ça a l'air inoffensif. Folklorique.

Mais cela témoigne à la fois d'une inculture économique trop répandue et d'un amalgame préoccupant, d'autant plus qu'il n'est pas isolé. En d'autres temps, la faute aurait été imputée aux protestants, à l'Allemagne, aux juifs, aux francs-maçons. Aujourd'hui c'est l'Europe qui est responsable de tous nos problèmes.

Schivardi se prononce ainsi en 2007 "pour la nationalisation d'Airbus", conclusion logique d'une Europe qui ne sert à rien d'autre qu'a "déranger" le parfait ordonnancement de la république Française...

Un Degaulle extra-light ?

Transition parfaite : le second micro-noniste, Nicolas Dupont-Aignan, à lui un beau costume, pas comme Schivardi. Et pour cause, il est issu de l'UMP. On devinera à son patronyme que ses origines n'ont rien en commun avec l'ex-maçon. L'homme est un habitué de la politique, des préfectures, de l'assemblée nationale...il a bénéficié d'une éducation d' "énarque" classique, ce qui le garde au moins de dire des énormités. Bref c'est la France "d'en haut", des "élites".

En bon nationaliste jacobin (on dit souverainiste parait il, ça fait moins grossier), son opposition à l'UE est basée sur l'idée que la France n'a pas besoin de l'Europe pour sa "grandeur", bien au contraire.

Avec son groupe "debout la république" il défend la "grandeur" de la france Gaullienne. Oui mais voila, la "grandeur gaullienne" c'était déjà, à l'époque, surtout de la rhétorique grandiloquente , quelques grandes réalisations pharaoniques pour épater la galerie, et surtout, la prospérité qui permit tout cela, pendant que les Russes et les américains se partageaient l'Europe et imposaient leur pax impériale ( avec ou sans la France dans l'OTAN).

Revoilà donc les trente glorieuses, et le lien entre les deux candidats : la nostalgie et l'illusion d'une France qui puisse largement se suffire à elle même.

Tout comme le Royaume-uni envoyant des troupes en Irak en se croyant indispensable , alors que leur cautionnement aux USA était surtout, pour ces derniers, d'ordre moral, beaucoup de français préfèrent l'illusion d'une grandeur postiche " en solo" à la possibilité d'une grandeur réelle, mais partagée avec les autres européens.

Nicolas Dupont-Aignan se prétend Gaulliste.

Mais Degaulle était avant tout un esprit pragmatique.

Vouloir la grandeur de la France ne l'a jamais empêché, bien au contraire, de regarder la réalité en face, comme il l'a fait avec l'Algérie. Si Degaulle voyait aujourd'hui l'Europe libérée des soviétiques et des américains, livrée (enfin!) à elle même pour son organisation, se trouvant face une chine réveillée et à des USA unilatéralistes...le Général pourrait en surprendre plus d'un en se déclarant un fervent européen....

Une constatation s'impose : la France seule n'a pas les moyens d'une ambition mondiale, ne serait-ce qu'en termes financiers. C'est un fait.

La mutualisation des ressources militaires avec les autres européens ( par exemple, en construisant ensemble des porte-avions) est de loin une des solutions les plus pragmatique. Mais on voit aussi que cela suppose de prendre des décisions cohérentes ensemble en matière de politique étrangère...autrement dit, construire une Europe politique n'est pas dissociable d'objectifs économiques et militaires ambitieux.

Tu niques l'économie ? l'économie te nique !

il y aurait trop à faire pour expliquer en quoi les propositions de Schivardi sont aussi dangereuses que bêtes: on n'améliore rien en appauvrissant l'économie d'un pays.

Pour le comprendre, on s'arrêtera à quatre "détails" , au sujet de l'euro et de la monnaie, qui de toute façon ne seront pas lus par les intéressés qui s'empresseront de fuir ( si ils ne l'ont pas déjà fait)

1) l'état, contrairement à ce que pensent trop de français, n'est pas omnipotent. il n'est qu'une agrégation de personnes. il n'est pas magicien et ne peut pas "créer" de la richesse à partir de rien en imprimant des billets. La pauvreté endémique de l'URSS, si besoin était, en est un exemple.

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2) Cela parce que dans le monde (réel, pas celui de Schivardi), il y a un principe fondamental : la rareté. Comme nous ne vivons pas dans l'eden, la nourriture ainsi que tous les biens doivent être produits, extraits, transportés, et ils sont tous en quantité limitées ( même très grande, mais limitée , sauf les produits culturels duplicables à l'infini, mais c'est une autre histoire). Cela s'appelle, l'offre, et elle est limitée. Les gens consomment ces produits, cela s'appelle la demande. Si la demande est supérieure à l'offre, les prix augmentent, et inversement.

Par exemple, si demain il n'y a plus de vaches, le litre de lait coutera une fortune...à l'inverse, si on arrive à produire de l'or en série, sa valeur tombera au prix d'une vulgaire ferraille.

3) il en va de même pour la monnaie d'un pays, qui n'est pas seul au monde. Sa monnaie est une marchandise comme une autre, dont le prix reflète la confiance dans ce pays. La monnaie d'un pays a donc un "prix" : le taux de change. Accepteriez vous d'échanger tous vos euros contre des Baths Thailandais, des pesos des Philippines ? Non car, quelques mois plus tard, ils auront probablement perdu 10 % de leur valeur ou davantage. Vous vous serez appauvri.

4) les difficultés que connaissent beaucoup de personnes sont réelles. Mais une monnaie forte permet de faire baisser les prix, en réduisant le cout des produits importés : pétrole, produits de consommation, gaz.... Si votre monnaie est plus faible, tout vous coute plus cher ( comme aux philippines ou aux usa) . C'est très simple à comprendre: si votre monnaie est dévaluée de 30 %, vous perdez 30 % de vos revenus. Et inversement.

Avant l'Euro, le France était beaucoup plus sensible aux variations de change, et exposée aux fluctuations et aux dévaluations.

Il était obligatoire de se procurer des dollars pour régler les importations sur le marché international, aggravant notre dépendance. En outre, la France n'avait aucun contrôle sur la politique menée par les autres pays européens, la rendant de facto dépendante des mouvement du Deutch mark. Si le Deutch Mark (DM) remontait ses taux d'intérêt ( le prix de l'argent), la france devait en faire autant sous peine de voir les spéculateurs acheter en masse des DM au détriment du Franc ( et même alors, ce n'était pas assuré).

Bref, l'euro n'est pas le problème, il est surtout, et déjà, une partie de la solution. Sans lui l'économie de notre pays en pâtirait, et les difficultés quotidiennes seraient beaucoup plus dures.

Dupont-aignan n'est pas un patriote. Un patriote ne se contente pas de prendre son rêve pour une réalité, mais part de la réalité pour réaliser son rêve.

Schivardi n'est pas un progressiste. Appauvrir les français par des "yaka-faire comme avant quand c'était mieux " n'est pas un progrès.

L'unité Européenne n'est pas une obligation absolue.

Mais il faudrait être conscient que non seulement s'en passer n'arrangerait rien à la paupérisation du pays, mais qu'il faudrait aussi et surtout se résigner à être des nains de plus en plus petit sur la scène mondiale, en se berçant d'illusions sur notre grandeur.

La voila, l'alternative.

Gallerie des Euro-horreur: risque de choquer la sensibilité de certains...

Devant le tour pamphlétaire que prenait ce blog, votre serviteur était décidé à en revenir à quelque chose de plus productif, la mise en valeur d'une identité européenne et une 'agitprop plus "rock'n'roll"...mais un évènement insignifiant a chatouillé ma plume lasse et propulsé la sortie de cet article.

L'incident s'est déroulé sur flickr, au sein du groupe recueillant les posters électoraux en rapport avec l'UE. Celui ci étant totalement ouvert, un "noniste" irlandais ( espèce particulièrement virulente dans le domaine graphique) a posté sa petite création maison.

Le référendum est terminé me direz vous ? il semble que la fête ait été trop courte, et qu'il leur faille prolonger cette exutoire éphémère que sont devenus les référendums européens...

Pas question de supprimer l'affiche du groupe : j'ai préféré y répondre, en postant des affiches "yes to lisbon" de ma création dans les commentaires. Le résultat : ceux-ci ont été supprimés au bout de quelques heures. J'ai voulu demander des éclaircissements sur l'étrange idée que cette personne se faisait d'un "débat", mais il m'avait déjà "blacklisté".

La liberté d'expression ne pouvant être à sens unique, j'ai donc effacé son chef d'œuvre. Et j'ai eu droit en prime à un email d'insulte.

Voila donc l'occasion rêvée de faire un petit tour en affiche du "non" à l'UE dans toute l'europe, petit tour qui s'avère riche de paradoxes et d'enseignements. Mais aussi de frissons...vous voila prévenus.

les britanniques champions de l'anti-libéralisme ?

Paradoxalement, très peu d'affiches sont disponibles. L'UKIP ( parti anti européen britannique) est un groupuscule insignifiant, peu créatif et quasi-invisible. Même sur leur site, rien à se mettre sous la dent. il faut plutôt chercher la créativité visuelle du coté du périodique the Sun, dirigé par Robert Murdoch, le célèbre milliardaire anti-européen qui a fait des émules chez les autres milliardaires, au Royaume uni et en Irlande avec Libertas.

Leur bête noire : le "libéralisme" ( accessoirement les français et les allemands).

Comment des partis conservateurs, de "droite" peuvent être anti-libéraux direz vous interloqué, voire carrément schoked ?

C'est que "libéralisme" en Angleterre désigne le contraire de ce qu'il désigne en français. Quand un conservateur britannique traite quelqu'un de "Libéral" il faut comprendre (affreux) "gauchiste", ce qui est un peu logique vue l'étymologie du mot libéral.

L'europe est donc pour eux ce qu'ils détestent le plus : un nids de "libéraux" socialistes technocrates et staliniens (accessoirement français)

ci contre 'l'europe socialiste unie et (est) socialiste, le cauchemar absolu desk-7-1280.jpg)

ici, un technocrate "socialiste" ( ce sont des synonymes) desk-6-1280.jpg

Cette dernière illustration d'un site anti européen britannique l'illustre à merveille...passé le fond, la forme des pamphlets britanniques anti-européen se caractérise, selon des standards continentaux ( excuse my french), par un ton assez ordurier qui semble être l'apanage d'un certaine presse populaire britannique, comme dans l'illustration ci dessous,

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Le message est clair: l'europe, c'est caca ! pas popo dans l'europe, ya-na bobo. Que de finesse dans les arguments.

Le plus étrange c'est que les graphismes pourraient être repris à 90 %,, toujours contre l'UE, par leurs ennemis jurés, les "communistes" et autres alters, français de surcroit, pour lesquels le drapeau de l'europe façon barbelés ferait des merveilles. J'espère ne pas leur donner de mauvaises idées.


Malgré les railleries, ne vous mèprenez pas, les britanniques anti UE, même s'ils parlent fort, sont de moins en moins nombreux au fur et à mesure que le royaume uni "pratique" l'Europe ( non, je ne peux pas le démontrer, it's just a feeling).

Et surtout, cela à l'avantage d'être clair, depuis le début : pas de supra-nationalité, juste une union douanière sans rien d'autre...car s'ils ne veulent pas s'intégrer a l'UE, c'est un choix légitime, et qui a l'avantage, s'il se réalisait, de laisser au moins ceux qui veulent plus d'europe poursuivre sans les poids morts...



Quand la France pète plus haut que l'Europe

J'ai dit péter ?

Cela doit être la mauvaise influence de la virulence parolière des anti-UE britanniques. C'est pourtant bien de cela dont il s'agit en France (je ne pouvais pas mettre de majuscule plus grande, sorry).

ici, les champions de l'anti-UE , ou au moins les plus bruyants d'entre eux, proviennent de l'ancienne mouvance "communiste" et d'une tradition jacobine ,plus ou moins consciente, désormais autoproclamés "anti libéraux"

L'extrême gauche française en accord avec la droite conservatrice Britannique contre l'Europe ?

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Enfin presque, car s'ils sont bien d'accord pour rejeter la constitution, le traité de lisbonne, voire l'euro (et presque toute avancée de l'intégration européenne désormais)...c'est pour des raisons opposées, puisque "antilibéral" à en français, bien sur, exactement le sens contraire de celui qu'il a anglais.

Rassurez vous, antilibéral en france est aussi une insulte, libéral désignant un courant de pensée économique, et les capitalistes à gros cigares qui vont avec.

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Etrange coalition de facto qui se déteste mutuellement en s'ignorant...et vote pareillement.


La particularité du discours français anti-UE ?

Un mélange détonant de jacobinisme et de complexe de supériorité. Le leitmotiv sous jacent, hormis l'habituel complot des technocrates (un classique pan-européen) est que l'intégration Europeenne "menace" la france, qui est , ou était, le meilleur des "systèmes" en Europe ( ne soyons pas modeste : au monde).

Cette affiche de la frange gauche (!) du PCF, (qui a longtemps orné la porte décatie d'un immeuble abandonné près de mon ancien chez-moi) illustre à haute voix ce que beaucoup de français pensent tout bas ( comme disait un autre noniste). Fait intéressant, il existe une version originale de l'affiche disant non " à la constitution"...) qui apparemment n'est jamais parue, et a visiblement été modifiée après impression pour un non " à TOUTE constitution", jusqu'au boutisme que peu osent formuler.

On ne sait trop pourquoi il est de mauvais ton en france de se déclarer anti-européen tout court.
Il faut être pour une autre Europe. Même les plus viscéralement nationalistes comme Devilliers ou Le Pen se déclarent pour une Europe " des peuples" ou des "nations". Les électeurs ont bien su comprendre que ces deux là veulent s'en tenir à de vagues coopérations internationales.

D'autant plus que dans leur cas, au jacobinisme de l'extrême gauche se superpose une "arabophobie" bien de chez nous ( de chez eux).Ainsi par un saisissant raccourci, quand Devilliers vous parle de l'Europe...c'est n'est plus que de la turquie dont il s'agit !

Une dernière affiche pour la route, "old school" comme disent les jeunes, puisqu'elle nous remmène aux manuels d'histoires de la troisième république, avec les héros de la patrie, Jeanne d'arc et Vercingetorix en tête, dont l'influence doit être cependant assez marginale sur le public actuel.


il n'en reste pas moins que la principale phobie de Le Pen, ce ne sont plus les "arabes", mais bien l'Europe. Lors du second tour de 2002, sa première proposition claironné était ...un référendum sur la sortie de la france de l'UE !

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Quoiqu'il en soit, presque tous les anti-eu français ont deux choses en commun: ils sont toujours pour une "autre Europe", et considèrent que le "système" français, implicitement summum de la perfection est mis en danger par le "parti de l'étranger" ( assimilé le plus souvent au "libéralisme")

Un cas d'école en Irlande ?

Commençons par le plus évident. Comme chez les britanniques, les anti-eu se recrutent plutôt à droite et cultivent la "liberté" avant tout ( même s'ils se qualifient d'"antiliberals", entendez, anti-gauchistes, je sais, c'est compliqué).

Exemple le plus frappant, l'association Libertas, fondée par le millionnaire Declan Ganley ( comme avant lui robert Murdoch au Royaume uni). Bref ce sont ici les capitalistes à gros cigares qui luttent contre l'UE ( contre toute forme de supranationalité). Un des arguments récurrents, visuellement parlant étant celui des "taxes"

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Cette obsession de l'attaque au portefeuille, typiquement britannique, pourra paraitra incongrue à des latins habitués, tous horizons politiques confondus, à mépriser ce type de questions prosaïques. Napoléon traitait déjà les anglais de "peuple de boutiquiers" . Ce sont pourtant bien les boutiquiers qui l'ont emporté sur les hussards, ce qui devrait nous inciter à plus de discernement.

Trêve d'éloges ambigües, rassurez vous, l'UE n'attaquera pas votre portefeuille. Vous pouvez pousser un grand "ouf".

Ce qui se cache derrière cette demi-vérité n'a rien à voir avec le traité de lisbonne ( on a déjà vu ce genre d'amalgame), mais vise à dénoncer les "harmonisations fiscales" inévitables. Jusqu'ici en effet, certains pays, dont le RU et l'Irlande, profitent du marché unique européen en pratiquant un "dumping" fiscal ( les fameuse entreprises qui délocalisent leurs sièges fiscaux à londres). Bref, les règles du jeu leur convenaient jusqu'à présent, dans une Europe économique sans régulation politique.

Il est donc logique, en bons ultralibéraux ( comme dirait les nonistes français), qu'ils ne veulent pas d'une Europe politique, et donc d'aucun traité constitutionnel, de lisbonne ou autre.

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Le reste des affiches est beaucoup plus créatif, avec le plus grand choix en matière d'arguments anti-UE. En vrac, le traité est "trop compliqué ( un classique), l'europe va obliger les irlandais à reconnaitre l'avortement, va les enrôler de force dans une future armée européenne, etc...

Si ces phantasmes sont compréhensibles au vu des traditions nationales irlandaises de catholicisme et de neutralité ( on l'a vu, chaque pays montre les mêmes travers), un pas de plus est franchi, qui débouche directement sur la paranoïa débridée la plus préoccupante.

Car ici, il n'est même plus question de l'UE, c'est toute institution globale qui est diabolisée. Rien n'existe plus en dehors de la nation 2455689447_483fd04bb8_b.jpg ...même pas l'ONU. jusqu'ici, il n' y a encore jamais eu de manifestation d'alters "anti ONU"...mais avec un peu d'effort, un nouveau pas dans le n'importe quoi et vers le XIX siècle peut encore être franchi !

Enfin, ces deux dernières affiches, du domaine de la Science-fiction, se passent de commentaires :

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On savait déjà les technocrates machiavéliques ( le nom de Bolkenstein fait encore frémir de peur les petits alter-français) Mais l'europe, en plus de vous faire payer des taxes, de vous faire voter un texte-qu'il-est-trop-compliqué, de vous obliger à avorter et de vous recruter d'office, malgré vous, dans l'armée Européenne (sic), va vous implanter des codes barres et des micro-puces sous cutanées.

Gageons qu'il s'agit seulement d'une minorité criant très fort. ils sont dans tous les cas particulièrement virulents. Et surtout, on rentre de plain-pied dans un n'importe quoi qui annihile toute tentative de débat. Les irlandais eux-même en sont les plus consternés.


L'Europe, c'est tout des pédés (et des communistes) !

Finissons en beauté. Pas besoin de parler la langue pour déchiffrer le message. Avec l'entrée de la Pologne, l'UE s'est enrichie de nouveau phantasmes: l'europe, c'est tous des pédés( et les pédés, c'est le mal incarné, bien sur ). Vous noterez également, dans la grande tradition des illustrateurs polonais, le postérieur cauchemardesque du présumé homosexuel.

On aurait tord cependant de se répandre en sarcasmes. Malgré un gouvernement ultra-conservateur, la population s'est prononcée à plus de 70 % sur l'entrée de la Pologne dans l'UE !

De ce fait, ce type d'affiche ne doit pas rencontrer non plus une large adhésion.

Ironie, ô Ironie, si l'irlande ( ou la france ?) devait rentrer dans l'UE aujourd'hui, traité constitutionnel inclus, il en serait probablement de même...en attendant, l'espoir se trouve peut être, contre toute attente, à l'est...

En guise de conclusion: continuonscommençons enfin le combat

Contrairement à ce qu'on a pu dire, la peur a choisi son camps. Dès sa fondation la CEE se heurtait, comme il est logique, au nationalisme et à la crainte de du voisin. La Communauté européenne de défense (CED), tentative pour réaliser une armée unique, se brisa ainsi en france sur la peur...de l'Allemagne. R.

Rien n'a vraiment changé, si ce n'est que pendant longtemps, avec l'opulence des 30 glorieuses, l'indifférence domina envers la construction européenne.

Le traité de Maastricth ( qui justement, fonda l'UE) a été la seule échéance électorale ou la peur a été du coté du oui, avec de très maigres résultats. A partir de ce moment, les phantasmes nationaux reprennent partout le dessus, chacun avec ses spécificités, et avec plus de vigueur que jamais, ébauchant les alliances contre-natures que l'on connait.

Les spectacles les plus consternants se multiplient ainsi, comme lors de la proclamation de la charte de droits fondamentaux au parlement européen, sous les huées des groupes d'extrême droite (de la france à la roumanie, jusqu'ici rien d'étonnant)...auxquels se sont joints bon nombre de parlementaires d'extrême gauche, dans la confusion la plus totale.

Les échéances européennes sont devenues aujourd'hui le miroir de tous les phantasmes et de toutes les peurs : il y en pour tous les gouts, même , et surtout les plus contradictoires.

Pour conjurer cette dérive, il ne suffit plus d'expliquer et de relever le niveau du débat. Il faut désormais en revenir à une imagerie plus offensive, plus créative et abandonner les "l'europe c'est l'avenir du futur ( pour nos jeunes) ", ou "l'europe c'est sexy".

Mais ceci est une autre histoire. à suivre...


liens:

le groupe recueillant les affiches en rapport avec l'UE sur flickr

Le groupe Europatriotism de Rob Coenen

le groupe proud to be european :

Référendum: les banlieues votent non...

...a la France.

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Mais que fait l'Europe pour MOI ?

Réponse : Rien, et c'est tant mieux.

Les médias et les décideurs s'inquiètent de ce qu'il faut faire pour que l'Europe soit "proche des gens", de leurs " préoccupations quotidiennes", à "leur écoute"....espérant par la, que, comme un nourrisson repus, les cris se calment enfin ( la métaphore me vient spontanément, et pour cause, merci Paul)

Un bobo ? vite, vite, qu'est ce que l'Europe peut faire pour les "gens" ? On cherche désespérément la raison du mécontentement...sans succès comme l'a montré le référendum Irlandais.

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Car l'Europe, cette association d'états, a fait beaucoup pour ce petit pays.

Comme elle l'a d'ailleurs fait pour nous tous Européens, en nous assurant la paix et la prospérité, et en étant sur le point de conquérir le leadership mondial en faisant prévaloir nos valeurs face à la Chine et aux USA.

Ca n'empêche pas les "gens" d'être mécontents.

La vie est ainsi faite, que ce ne sont pas les raisons qui manquent.

La géopolitique, les approvisionnement en gaz, l'Europe de la défense ...tout ça c'est bien joli, mais ce que les "gens" veulent ce sont de belles voitures et des vacances sous les palmiers...

Les nations sont ainsi devenues les enfants gâtés de l'Europe, et les référendum le défouloir de leur caprices.

Lors de chacun d'eux, le même scénario se répète :

L'extrême gauche ne veut pas de cette Europe "antisociale"....alors que les conservateurs britanniques et polonais ne veulent pas de cette Europe "socialiste".

La droite catholique Irlandaise craint que l'Europe impose l'avortement alors que l'extrême gauche française craint qu'elle "interdise" l'avortement.

Avec des raisonnements et de positions opposées tous arrivent à la même conclusion. Tout en étant pas d'accord, et en demeurant ennemis. Ces incohérences, qui ne gênent pas les électeurs se multiplient à l'infini, et témoignent d'une réalité : le débat européen est devenu un réceptacles à frustrations, peurs, et fantasmes.

L'Europe a déjà trop fait pour les Européens.

Cela les a rendu riches et égoïstes, au point de ne plus savoir faire autre chose que se comporter en consommateurs, même, surtout, en matière politique.

Alors non, l'Europe ne fait rien pour réparer votre machine à laver ou vous brosser les dents.

C'est nous qui devons être à son service, en construisant une Union plus étroite, qui nous garantisse définitivement la paix à l'intérieur, la prospérité dans le futur, et la défense de nos idéaux dans le monde.

L'un des arguments massue de la campagne référendaire irlandaise fut la peur de payer plus de "taxes". Les Tchèques, les Roumains, les Polonais et les Bulgares sauront apprécier l'ironie tragique de la situation.

Un président pour l'Europe : Votez pour moi !

...ou plutôt pour "ma" proposition ( rendons à César ce que est à Jacques Delors), en faveur d'une "présidentielle" Européenne en 2009, exposé au forum "tout l'Europe" de la présidence Française. Vous pouvez voter pour les propositions exposées d'un simple click ( fait clic comme dirait Borat), ou avancer les vôtres.

http://europeens.touteleurope.fr/questions_reponses/text

Pour ceux qui se demanderait de quoi je parle, il s'agit de faire pression sur les partis politiques européens pour qu'ils présentent, lors des élections Européennes de 2009 leur candidat a la présidence de la Commission Européenne.

Tout est sur ce post.

Au plus vous cliquouillerez, au plus la proposition à de chance d'être "prise en considération" (pour le débat)

J'en vois certains , au fond, marmonner sur l'utilité de tels "show pseudo démocratiques". Que de mauvais esprits..

D'abord, il y a Philippe Starks ! Et même s'il vient sans son presse-orange stylé ( celui ou il ne faut surtout pas presser d'oranges), il est la pour répondre à nos questions sur l'Europe, quand même !

Ensuite il y a plein de propositions très pertinentes, depuis " pourquoi le drapeau européen a-t-il douze étoiles ?" ( celle ci étant porteuse d'une charge politique brulante et insoutenable- et toc, prenez ça) , jusqu'à l'association xyz de défense des abc pour une Europe plus "ceci" et moins "cela".

Sinon, il y aussi la proposition d'une hurluberlu, lâchement caché sous le pseudonyme grotesque de Maitresinh, qui réclame (l'insolent) que le président de la Commission Européenne soit élu au suffrage universel lors des prochaines élections, et même que l'UE accepte d'écouter les russes et bricole son vaisseau ATV pour aller dans la Lune.

N'importe quoi... Tout le monde sait bien que les Européens sont incapables de fabriquer quoi que ce soit qui vole !

Heureusement qu'il y a quand même des gens sérieux, qui savent de quoi ils parlent, avec ou sans presse-orange design.

Préparons un coup d’état démocratique Européen en 2009 !

plus que 12 mois, mais il n'est pas trop tard.

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