Traité de Lisbonne

Libertas-MPF : Captain (vieille) Europe, le super héros qui pue des pieds

WoW ou plutôt MDR. La communication de De Villiers prend un coup de djeune avec son "captain europa", illustrant le blog de ce vengeur "mystérieux".

Même si l'apparition de ce super héros façon comic ne trompe personne ( on t'a reconnu Monsieur le Comte, même avec un jogging moulant...) on était pas habitué à tant d'audace de la part de notre turco-pédé-phobe national.

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Peut être est-ce en raison de la nouvelle alliance avec M. Ganley, le milliardaire britannique dont presque tout le buisness est installé aux USA. Et pas n'importe lequel, puisqu'il travaille pour l'US Army. Quand on pense que l'un des thèmes phares du non irlandais, qu'il défendait lui même, fut la "neutralité"...ça laisse songeur.

En tout cas, l'homme est malin. Il connait les ficelles de la com.

Alors oui, Captain Europa représente certes une " autre" Europe. Celle du non irlandais à l'avortement ( pas de problème pour M. Le conte qui va être content), puisque c'était là aussi un des arguments forts de la campagne référendaire Irlandaise sur le traité de Lisbonne. Cette Europe la nous remmène déjà en 1976.

Mais il y a mieux

Captaine Europa de ses propres dire, défend "les peuples d'Europe". Fichtre, mais qu'est il lui même alors ? Captain Europa est Français alors? Irlandais ? ou alors un technocrate apatride ? horreur.

Même contradiction avec la "démocratie" dont ce Captain Europa bedonnant se fait le défenseur.

S'il est "pour une démocratie européenne", contre la "commission non élue" c'est qu'il est, logiquement, pour donner plus de pouvoir à l'organe démocratique de l'UE, le parlement. Oui mais alors, horreur (bis), le Captain Europa défendrait une Europe "supranationale" ?!

Non, rassurez vous. Absolument pas. En réalité, par démocratie, il entend le contraire, soit donner plus de pouvoir à des organes non élus ( comme le conseil, représentant les gouvernements).

En bref, à revenir à l'Europe des nation, c'est à dire à 1945. Voire avant.

Captaine Europa, c'est donc surtout le Captaine Non-europe ou, si vous préférez, le Captain vieille Europe: celle ou c'est chacun pour soi, et advienne que pourra.

On sait ce qu'il est en advenu des nations européennes livrées à leurs seuls égoïsmes "intérêts nationaux". Un champs de ruines. Des millions de morts. Notre décadence commune face à l'avènement des géants, URSS et USA.

Comme dirait Brice de nice : cette non-europe la, déjà fait, elle est KC

Non, décidément, ce pseudo super-héros là est bien un super vilain.

Heureusement pour nous, un VRAI super-héros veille sur les européens: Le Capitaine Union.

Et lui, quand on lui demande de quel pays il vient, il répond simplement " je suis fier d'être européen".

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Ca va barder pour ton cul Captain noneurope !

Références :

- la nation c'est bien, création sur www.europatriotism.eu - Le capitaine union est une création de Gaston sur deviantart. Merci à lui

De la maastrichtophobie à la lisbonnophobie

Scandale ! Honte ! crient les nouveaux champions autoproclamés de la démocratie. Les irlandais avaient deja voté non et on va leur redemander de se prononcer sur ce traité ?

Cela n'a pourtant rien d'anormal ni d'unique. C'est même le contraire qui le serait.

Lors du traité de Maastricht, les danois avait voté non. Aurait il fallu tout arrêter...alors que les français avaient voté oui ?

Les gouvernements européens avaient à l'époque procédé comme aujourd'hui, de la manière la plus démocratique qui soit. Car le problème du référendum comme mode de gouvernement est évidemment qu'il n'exprime aucune nuance, contrairement à des élections. Ce "non" Danois semblait motivé par le refus de l'euro. Assez logiquement, le Danemark s'exclut de la monnaie unique et revota : à plus de 60 % les danois se prononcèrent favorablement !

Plus récemment, l'Irlande s'était déjà en 2001 retrouvée dans la même situation. Elle avait rejeté le traité de Nice avec des pourcentages sensiblement similaires ( et une participation d'à peine plus de 30 %) et des arguments identiques à ceux d'aujourd'hui : la peur de la perte de la neutralité notamment. Après un protocole garantissant la neutralité, les irlandais revotèrent, cette fois très favorablement.

Un référendum n'est pas une incantation sacrée, mais une réponse binaire qu'il convient de prendre en compte du mieux possible.. C'est ce qui a été fait depuis le début de la construction européenne, et les peuples concernés l'ont bien compris, résultat des re-référendum à l'appui.

C'est à nouveau le cas aujourd'hui avec les réponses apportées cette fois aux craintes d'une partie des irlandais: pas de remise en cause de l'interdiction de l'avortement, pas de participation à la défense européenne ni à l'harmonisation fiscale, et en prime ils garderont "leur" commissaire.

Les irlandais se prononceront donc sur un texte différent, car il répond de manière explicite aux différentes craintes qu'ils ont exprimés.

Ceux qui en France et Europe se cachent derrière les référendum pour réaliser leurs objectifs peu avouables ne peuvent prendre la démocratie et le destin d'un demi-milliard d'européens en otage. La démocratie n'est pas synonyme d'un simple caprice sans conséquence.

Pas plus que le référendum de Degaulle en 1969 n'impliqua en France le rejet définitif de la décentralisation, gouverner ne signifie renoncer à agir et à améliorer le fonctionnement d'institutions européennes inéfficientes en laissant nos destins partir à la dérive dans un éternel statut quo qui serait figé pour toujours.

La maastrichtophobie, remplacée par la "lisbonnophobie" est un phénomène d'autant plus énigmatique que ce texte, loin d'être la monstruosité "libérale" ou le dévoreur d'enfants de souveraineté que certains s'entêtent à imaginer, n'apporte que des modifications modestes aux institutions européennes, leur permettant néanmoins de fonctionner un (petit) peu mieux, ce qui est vital mais reste très insuffisant pour faire face ensemble à l'histoire en train de s'écrire de manière dramatique.

Parlez-vous nonistien ?

Avec le déferlement exceptionnel de commentaires sur un précédant article, l'occasion a été donnée de découvrir quelques échantillons de prose "anti"-constitution et anti-UE particulièrement hermétique au non initié.

Cette modeste introduction vous permettra, espérons le , de mieux saisir toute la subtilité de ce nouveau langage. Elle ne prétend pas bien entendu à l'exhaustivité, mais devrait néanmoins vous permettre de commencer à pratiquer "l'antitout" assez rapidement et vous faire ainsi de nouveaux amis.

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le ridicule ne tue pas (mais il le pourrait)

Après l'article dressant un panorama de la diversité des anti-UE en Europe ( il y a des images, je vous assure c'est amusant), voila un "extra-bonus" sur nos amis français ( ne dites pas à ma mère que je le suis moi aussi, par ces temps, ce n'est pas la fierté qui m'étouffe).

Celui-ci concerne deux candidats, qui, après avoir fait leurs premières armes contre le traité constitutionnel en 2005, ont converti leur croisade anti-UE en marque de fabrique pour les présidentielles...l'un est de "gauche" , l'autre est de "droite", et tous deux ont en commun la nostalgie d'un Eden perdu.

La faute à qui ? devinez.

Schivardi, life on mars...?

Méfiez vous des imitations : Schivardi en a l'allure, l'accent, et la corpulence...mais il n'est pas un Pasqua bis, car de l'autre coté du spectre politique. En principe tout au moins, car le programme de Schivardi, candidat auto-proclamé "des maires" est simple : sortir de l'Union Europeenne, comme il le dit lui même.

Je vous arrête toute de suite : moi aussi j'ai l'accent du sud ( même s'il n'est pas aussi débonnairement accentué) et ce monsieur m'est familier: il a l'âge de mon papa ( qui est lui quand même bien mieux habillé et plus beau, normal c'est mon papa - c'est 100 euros p'pa si tu me lis).

Bref le bonhomme m'est familier. On me dit qu'il a été maçon et a eut deux enfants au début des années 70. Si on ajoutait qu'il est de la famille ça ne m'étonnerait pas. schivard.jpg

Et c'est bien pour cela que mon mépris fait place à une triste gène, car le personnage m'apparait avant tout comme pathétique.

Pour quoi enfoncer le clou ? parce qu'il est emblématique d'un travers de plus en plus répandus dans la société française, alliant une relative ignorance de la réalité économique à une nostalgie galopante de l'Eden perdu des trente glorieuses.

Moi aussi, j'ai la nostalgie des derniers échos que j'ai connu de cet âge d'or. Preuve à l'appui, mon chez-moi tend à ressembler à une scène d'orange mécanique tant j'accumule les vestiges du consumérisme insouciant et plastique de la génération du baby boom. Sans compter la musique psychédélique et tous les avatars d'une société ou tout paraissait possible, du pire au meilleur.

Je ne sais pas si Schivardi collectionne les plateaux repas oranges et les fauteuils-coque. Ce que qui est clair en tout cas, c'est que pour lui, les trente glorieuses ne sont pas mortes de leur mort naturelle. Et il a trouvé le coupable: l'Europe.

Vous croyiez que c'était le prix des matières premières, la concurrence nippone, celle des Nouveaux pays industrialisés ou une multitude d'autres facteurs internes et externes ?

Pourquoi aller chercher si loin ?

Avec Schivardi, tout est simple : C'est la faute à "Maastricht", à l'euro, au marché commun. Bref à l'Europe "ultralibérale", selon la terminologie Schivardienne. Logiquement, il prône, dans le désordre, le rétablissement du franc, la re-nationalisation des "entreprises-publiques", le rétablissement des monopoles d'états ( sur les telecommunication ?), etc...( liste non exhaustive).

Pour ma part, en tant que vieux con prématuré, je me contenterais de pester contre les téléphones portables, symboles d'un capitalisme triomphant qui a envahi, avec la collaboration active des interessé(e)s, jusqu'au dernier repli de notre solitude. Finalement, si Schiavardi, avec son rétablissement des monopoles, veut en finir avec les cellulaires, on a au moins un point commun...

Ça à l'air amusant. Ça a l'air inoffensif. Folklorique.

Mais cela témoigne à la fois d'une inculture économique trop répandue et d'un amalgame préoccupant, d'autant plus qu'il n'est pas isolé. En d'autres temps, la faute aurait été imputée aux protestants, à l'Allemagne, aux juifs, aux francs-maçons. Aujourd'hui c'est l'Europe qui est responsable de tous nos problèmes.

Schivardi se prononce ainsi en 2007 "pour la nationalisation d'Airbus", conclusion logique d'une Europe qui ne sert à rien d'autre qu'a "déranger" le parfait ordonnancement de la république Française...

Un Degaulle extra-light ?

Transition parfaite : le second micro-noniste, Nicolas Dupont-Aignan, à lui un beau costume, pas comme Schivardi. Et pour cause, il est issu de l'UMP. On devinera à son patronyme que ses origines n'ont rien en commun avec l'ex-maçon. L'homme est un habitué de la politique, des préfectures, de l'assemblée nationale...il a bénéficié d'une éducation d' "énarque" classique, ce qui le garde au moins de dire des énormités. Bref c'est la France "d'en haut", des "élites".

En bon nationaliste jacobin (on dit souverainiste parait il, ça fait moins grossier), son opposition à l'UE est basée sur l'idée que la France n'a pas besoin de l'Europe pour sa "grandeur", bien au contraire.

Avec son groupe "debout la république" il défend la "grandeur" de la france Gaullienne. Oui mais voila, la "grandeur gaullienne" c'était déjà, à l'époque, surtout de la rhétorique grandiloquente , quelques grandes réalisations pharaoniques pour épater la galerie, et surtout, la prospérité qui permit tout cela, pendant que les Russes et les américains se partageaient l'Europe et imposaient leur pax impériale ( avec ou sans la France dans l'OTAN).

Revoilà donc les trente glorieuses, et le lien entre les deux candidats : la nostalgie et l'illusion d'une France qui puisse largement se suffire à elle même.

Tout comme le Royaume-uni envoyant des troupes en Irak en se croyant indispensable , alors que leur cautionnement aux USA était surtout, pour ces derniers, d'ordre moral, beaucoup de français préfèrent l'illusion d'une grandeur postiche " en solo" à la possibilité d'une grandeur réelle, mais partagée avec les autres européens.

Nicolas Dupont-Aignan se prétend Gaulliste.

Mais Degaulle était avant tout un esprit pragmatique.

Vouloir la grandeur de la France ne l'a jamais empêché, bien au contraire, de regarder la réalité en face, comme il l'a fait avec l'Algérie. Si Degaulle voyait aujourd'hui l'Europe libérée des soviétiques et des américains, livrée (enfin!) à elle même pour son organisation, se trouvant face une chine réveillée et à des USA unilatéralistes...le Général pourrait en surprendre plus d'un en se déclarant un fervent européen....

Une constatation s'impose : la France seule n'a pas les moyens d'une ambition mondiale, ne serait-ce qu'en termes financiers. C'est un fait.

La mutualisation des ressources militaires avec les autres européens ( par exemple, en construisant ensemble des porte-avions) est de loin une des solutions les plus pragmatique. Mais on voit aussi que cela suppose de prendre des décisions cohérentes ensemble en matière de politique étrangère...autrement dit, construire une Europe politique n'est pas dissociable d'objectifs économiques et militaires ambitieux.

Tu niques l'économie ? l'économie te nique !

il y aurait trop à faire pour expliquer en quoi les propositions de Schivardi sont aussi dangereuses que bêtes: on n'améliore rien en appauvrissant l'économie d'un pays.

Pour le comprendre, on s'arrêtera à quatre "détails" , au sujet de l'euro et de la monnaie, qui de toute façon ne seront pas lus par les intéressés qui s'empresseront de fuir ( si ils ne l'ont pas déjà fait)

1) l'état, contrairement à ce que pensent trop de français, n'est pas omnipotent. il n'est qu'une agrégation de personnes. il n'est pas magicien et ne peut pas "créer" de la richesse à partir de rien en imprimant des billets. La pauvreté endémique de l'URSS, si besoin était, en est un exemple.

essence-euro.jpg

2) Cela parce que dans le monde (réel, pas celui de Schivardi), il y a un principe fondamental : la rareté. Comme nous ne vivons pas dans l'eden, la nourriture ainsi que tous les biens doivent être produits, extraits, transportés, et ils sont tous en quantité limitées ( même très grande, mais limitée , sauf les produits culturels duplicables à l'infini, mais c'est une autre histoire). Cela s'appelle, l'offre, et elle est limitée. Les gens consomment ces produits, cela s'appelle la demande. Si la demande est supérieure à l'offre, les prix augmentent, et inversement.

Par exemple, si demain il n'y a plus de vaches, le litre de lait coutera une fortune...à l'inverse, si on arrive à produire de l'or en série, sa valeur tombera au prix d'une vulgaire ferraille.

3) il en va de même pour la monnaie d'un pays, qui n'est pas seul au monde. Sa monnaie est une marchandise comme une autre, dont le prix reflète la confiance dans ce pays. La monnaie d'un pays a donc un "prix" : le taux de change. Accepteriez vous d'échanger tous vos euros contre des Baths Thailandais, des pesos des Philippines ? Non car, quelques mois plus tard, ils auront probablement perdu 10 % de leur valeur ou davantage. Vous vous serez appauvri.

4) les difficultés que connaissent beaucoup de personnes sont réelles. Mais une monnaie forte permet de faire baisser les prix, en réduisant le cout des produits importés : pétrole, produits de consommation, gaz.... Si votre monnaie est plus faible, tout vous coute plus cher ( comme aux philippines ou aux usa) . C'est très simple à comprendre: si votre monnaie est dévaluée de 30 %, vous perdez 30 % de vos revenus. Et inversement.

Avant l'Euro, le France était beaucoup plus sensible aux variations de change, et exposée aux fluctuations et aux dévaluations.

Il était obligatoire de se procurer des dollars pour régler les importations sur le marché international, aggravant notre dépendance. En outre, la France n'avait aucun contrôle sur la politique menée par les autres pays européens, la rendant de facto dépendante des mouvement du Deutch mark. Si le Deutch Mark (DM) remontait ses taux d'intérêt ( le prix de l'argent), la france devait en faire autant sous peine de voir les spéculateurs acheter en masse des DM au détriment du Franc ( et même alors, ce n'était pas assuré).

Bref, l'euro n'est pas le problème, il est surtout, et déjà, une partie de la solution. Sans lui l'économie de notre pays en pâtirait, et les difficultés quotidiennes seraient beaucoup plus dures.

Dupont-aignan n'est pas un patriote. Un patriote ne se contente pas de prendre son rêve pour une réalité, mais part de la réalité pour réaliser son rêve.

Schivardi n'est pas un progressiste. Appauvrir les français par des "yaka-faire comme avant quand c'était mieux " n'est pas un progrès.

L'unité Européenne n'est pas une obligation absolue.

Mais il faudrait être conscient que non seulement s'en passer n'arrangerait rien à la paupérisation du pays, mais qu'il faudrait aussi et surtout se résigner à être des nains de plus en plus petit sur la scène mondiale, en se berçant d'illusions sur notre grandeur.

La voila, l'alternative.

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