Internet libre: l'amendement européen 138 est sauvé...et rebaptisé

Suite du bras de fer opposant le parlement européen et les États, dont le gouvernement français, au sujet de l'internet libre en france, et en Europe, avec cette fois, la balle dans le camps du parlement européen.


La mauvaise nouvelle

Pour les retardataires, s'il en est, rappelons que la loi Hadopi est un projet de loi du gouvernement français visant entre autre à "éradiquer" le téléchargement "illégal", notamment à travers la mesure dite du " trois rappels et on vous coupe l'internet".

Comme on l'imagine, le hic c'est que justement, l'internet ne permet plus les vieilles cuisines de contrôle "national" comme au temps du minitel. Le gouvernement français a donc du sortir la grosse artillerie : pour que la loi soit réellement efficace, elle suppose rien de moins qu'imposer le filtrage de tout le contenu transféré sur le réseau.

Ce qui déjà, laisse rêveur quand on imagine la masse de données, et surtout la violation systématique de la vie privée que cela suppose, de l'Email au téléphone...de la télévision au forum de discussion.

Mais ce n'est pas tout puisque cette mesure, qui concerne plusieurs dizaines de millions de français, suppose aussi de contourner les procédures de droit afin de pouvoir vous incriminer rapidement grâce à une autorité administrative " d'exception".

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Malgré l'absence de résistances au niveau national (le sénat français ayant deja ratifiée HADOPI), la loi française s'est heurtée à plusieurs reprises aux parlementaires européens, notamment à l'amendement 138 du paquet telecom qui, en rappelant l'obligation de respecter les procédures judiciaires, rendait de facto la loi Hadopi inapplicable.

Le Président Sarkozy avait alors fait pression sur la Commission Européenne afin qu'elle retire cet amendement ( votée rappelons le, à plus de de 70 % !). Puis, devant la fin de non recevoir, le président Français avait alors contre-attaqué au conseil des ministres européen, qui représente les gouvernements, ou il avait alors obtenu satisfaction des autres chefs d'États, décidant d'annuler d'un trait de plume l'amendement génant...


La bonne nouvelle

Face à ce déni, Le "comité de conciliation" du parlement européen, qui, dans un premier temps, avait étonnamment accepté d'effacer ce pour quoi les eurodeputés eux même s'étaient battus, s'est vu bien vite désavoué pour faire place à un nouveau comité.

Et celui-ci vient de rétablir l'amendement 138( Bono/Cohen-bendit/Roithová ) qui change de nom et devient l'amendement 46.

Deux autres dispositions, qui avaient été supprimées par les chefs d'États, ont également été restaurées dans le rapport du parlement : l'amendement 136, ( renommé article 32 a) qui rappelle le principe de proportionnalité, ainsi que la suppression de la notion de "discrimination des réseaux" introduite par les lobbies de AT&T

D'autres points restent encore en suspens au cœur du texte, notamment l'article 33, qui pourraient servir de base à l'introduction d'une riposte graduée.

La réactivité du parlement européen dans cette affaire offre dans tous les cas, jusqu'ici, un saisissant contraste avec ce qui se passe au cœur des États. On observe sans équivoque que, contrairement à l'idée reçue, c'est en leur sein que les lobbies agissent avec le plus de facilité, non au niveau européen.

En France, rappelons que c'est ainsi l'ancien PDG de la FNAC qui a été officiellement l'un de ceux chargé de préparer le projet de loi HADOPI...Rappelons egalement que, en outre, pour mieux faire passer le texte au Sénat, le Gouvernement français avait donné au texte un statut "d'urgence", ce qui, conformément aux institutions de ce pays, permit de limiter les débats au minimum. On ne peut pas dire que ce soit là un modèle de démocratie.

La loi est maintenant soumise au vote du parlement français...qui est observé de très près par les principaux intéressés, le site internet de l'assemblée ayant pulvérisé son record d'audience .

L'histoire se répète dans les autres États européens, en Suède, avec le procès intenté récemment au site pPiratebay, mais aussi et surtout au Royaume-uni, ou un nouveau projet de loi vise a transformer l'internet en chaine de TV-cable cadenassée.


Quand les États ont la nostalgie du Minitel et autres Bildschirmtext ....

"ah le bon vieux temps du minitel" semble être la litanie sourde des gouvernements nationaux. Il est vrai que c'était un autre monde et que l'internet y était impossible. Non pas en raison de la technologie de l'époque, mais à cause de l'organisation économique et politique qui prévalait.

Souvenez vous : une seule entreprise aux commandes ( France Telecom, ex PTT), un monopole d'état contrôlant tout, du terminal à la communication. La première conséquence était le prix de la connexion : un seul opérateur, pas de concurrence et donc, des prix prohibitifs.

Ceux qui ont connu le minitel se souviendront de la hantise de la durée lors de chaque 3615...

C'est la privatisation des réseaux qui, en permettant la concurrence, a stimulé l'évolution des services et la baisse des prix. En clair : 30 minutes de minitels coutaient autant en 1989 que votre abonnement ADSL mensuel d'aujourd'hui !

La disparition du monopole à démocratisé l'accès au réseau et stimulé son évolution. Mais l'internet est aussi le fruit d'une autre liberté que cette privatisation a contribué à renforcer : celle de se connecter directement son ordinateur à un autre, hors du cadre étatique ou national. Au besoin, en créant et en hébergeant son propre serveur chez soi, sur lequel héberger son propre "site web".

Et c'est la que réside la différence essentielle de l'internet avec le Minitel, le Prestel britannique ou le Bildschirmtext allemand : à un système centralisé, dépendant de l'État, hiérarchique, proposant des services gouvernementaux ou commerciaux à un public-récepteur passif nous sommes passés à un réseau sans centre, sans dépendance, libre et incontrôlable, ou chaque récepteur peut aussi être émetteur.

On comprend un peu mieux pourquoi les États et les lobbies industriels regrettent tant le minitel.

Un président de l'UE élu au suffrage universel ? mais vous êtes en pleine Science-fiction mon cher....

Ceux qui fréquentent ce blog connaissent son engagement en faveur de l'élection du president de la commission via les citoyens, idée énoncée par Jacques Delors et soigneusement jetée aux oubliettes par les technocrates nationaux ( heé oui, on les oublie ceux la...). Pour les autres, ils suffira de se reporter aux articles de cette catégorie.

Dans tous les cas, aucun parti politique européen ne s'étant décidé à présenter un candidat, la chose est mal barrée, même si l'idée fait son chemin.

Ce qui n'empêche pas, bien au contraire, d'enfoncer le clou, ce que je me permet de faire sur la flambant neuve E-tribune consacrée aux élections européennes , entre les partisans anti-corrida ( voila un sujet "européens" des plus "ciblés"...), et ceux dénonçant les "délocalisations" ( mais ou vont ils chercher tout ça, comme dirait ma grand mère).


http://www.consultations-europeennes-des-citoyens.eu/fr/proposal/2526

Si vous êtes d'accord, il vous suffit de cliquer.

Une précédente intervention de ce genre avait été tentée au mois de juin lors d'une consultation nationale sur l'Europe, et en dépit des nombreux votants-cliquants, fut superbement ignorée par les "décideurs".

"Un président de l'UE élu par le peuple, mais vous êtes en pleine Science-fiction mon cher ?!".

Peut être. En tout cas, lorsque Jean Monnet préparait son projet d'Union Européenne pour Aristide Briand, à la fin des années 20, je doute (par le sort que connu le "plan"), qu'il ait été accueilli avec un grand sérieux.

Un petit pas pour le PES, un grand pas pour l'europe (et un autre en arrière)


C'est arrivé mais on en a rien su

Suite de l'interminable feuilleton de la lutte acharnée du president Français pour imposer la loi Hadopi en France, et du combat qui s'en est suivi en Europe avec un nouveau retournement ( on ne saurait trop vous conseiller de lires les articles précédents )



Aux dernières nouvelles, le president français, après avoir été contrarié par l'amendement 138 du parlement européen, avait réussi à le balayer d'un trait de plume en compagnie des autres chefs d'États.

La nouvelle version du "paquet telecom" devait repasser au vote devant le parlement européen, selon la procédure d'entubation de conciliation en vigueur.

C'était un socialiste, Bono, qui avait réussit a bloquer la loi Hadopi grâce à l'amendement 138.

Et c'était un Autre Socialiste européen, Medina, qui s'était chargé de l'enterrer au sein de la commission préparant la conciliation....

Double confusion pour les citoyens européens, qui vont bientôt se rendre aux urnes: celle de voir avec quelle facilité le parlement européen se laissait balayer par des représentants non élus pour cela et non responsables...et celle de voir l'incohérence qui règne au sein du groupe des socialistes européens.

Et voila que les socialistes se sont réveillés : ils ont désavoué le rapport Medina et remis de l'ordre dans leurs rangs. Selon la Quadrature.net, le rapport est ainsi reporté sine die.

Dommage que personne n'en ai rien su (comme d'habitude) car de ce combat dépend la liberté de l'internet pour les prochaines années....

le combat est d'ailleurs loin d'être terminé, car il faudra bien que la procédure de conciliation reprenne. Voila une affaire en cours qui devrait épicer les débats citoyens, au lieu d'être cachée sous le tapis...en attendant la fin des élections.

Les socialistes europeens auraient tout intérêt à le mettre en avant....


...et un pas en arrière

En s'exprimant comme un véritable parti politique, le PES a démontré qu'il pouvait avoir une existence réelle , et partant, une influence centrale sur la conduite des affaire de l'UE.

Malheureusement, ce grand pas pour l'Europe a été suivi par un autre pas, en arrière cette fois, dans l'affaire "barroso", rapportée par le blog "les coulisses de Bruxelles".

Le parlement demanda en effet au Président de la Commission de s'expliquer concernant des allégations sur sa participation présumée dans l'affaire des transferts secrets de détenus vers Guantanamo pour le compte des services secrets Américains...

Et voila qu'une partie des socialistes européens, portugais en l'occurrence, se mettent à soutenir le president Barroso, qui appartient au parti adverse dans leur Etat comme au sein de l'UE...la cacophonie prenant de l'ampleur dans les rangs du Parti Socialiste Européen avec des multiples soutiens, pas toujours très "lisibles", venant de socialistes d'autres Etats...

Solidarité nationale déplacée ? Plus certainement, encore une fois, le triomphe de la politesse consensuelle ( au mieux) ou , au pire, la poursuite de stratégies claniques liées aux affaires intérieures...

Des signes encourageants donc, mais les citoyens attendant toujours un parti socialiste européen capable d'une stratégie europeenne cohérente, au delà du consensus du manifesto...et de porter l'espoir d'une alternance à la tête de l'UE.

Première affiche de la campagne europeenne: la chasse est ouverte !

Une affiche des verts, dont le slogan n'est pas un exemple d'originalité, mais assez sympathique dans son genre. Pas encore une affiche de campagne, mais c'est tout comme.

Alter-europa, les verts

Profitons en pour rappeler l'objectif : collecter le plus d'affiches de la campagne à travers toute l'Europe.

Vous pouvez envoyez vos photos a Maitresinh@gmail.com ou directement sur le groupe flickr consacré a cela.

Les spécimens les plus intéressants seront chroniquées dans une rubrique spéciale.

Ouvrez l'œil, chargez vos batteries... et bonne chasse !

Hetalia : l'histoire européenne, trop mignon, trop rigolo !

Voila qui pourrait provoquer un regain d'intérêt pour l'histoire chez les collégiens et autres lycéen(nes)...Hetalia est une nouvelle série animée japonaise tirée ( comme dans la plupart des cas), d'un manga à succès. Son sujet : l'histoire, avec comme centre de gravité la seconde guerre mondiale. D'où le complément du titre : Hetalia, Axis power.

Ce "hetalia", on l'aura deviné, est un jeu de mot en japonais entre Italie ( prononcé à la japonaise), et le terme désignant quelque chose d'inutile, d'incapable...

Le décor est planté. Hetalia est évidemment une comédie dans le style exubérant des dessins animés animés japonais. Mais l'intérêt réside surtout dans le procédé : chaque personnage représente un pays particulier.

Avec Hetalia, les japonais ont re-injecté le concept d'allégorie nationale, issu d'un autre âge, avec ses Marianne, Britannia et autres Oncle sam, dans la culture populaire la plus actuelle.

Et il faut avouer que cette version japonaise de l'eurotrash réussi à amuser ou a étonner. En tout cas, elle a deja crée une polémique chez les asiatiques eux-meme





Le paradoxe de ce dessin animé animé est que son approche de l'histoire est de facto eurocentré (on y parle le plus souvent de l'histoire européenne et les personnages européens prédominent)....tandis que sa forme est plutôt nippo-centrée.

Ainsi, vu d'Europe, ces personnages androgynes ( nous sommes dans le registre du bishonen) peuvent sembler déplacés, surtout lorsque l'Allemagne y apparait à la fois en uniforme militaire et comme l'un des personnages les plus sympathiques et les plus responsables...

il s'agit bien d'une vision de l'europe nippo-centrée, et les stéréotypes peuvent paraitre en décalage, tant avec la realité qu'avec les stéréotypes que nous produisons nous même.

Les relations entre la France et l'Allemagne n'ont ainsi pas été réactualisées dans Hetalia...qui accuse deux générations de retard ( alors que les stéréotypes actuels outre-atlantiques intègrent parfaitement cette dimension). il n'est pas non plus question de l'UE à ma connaissance, alors qu'il existe un personnage " empire romain".

Ce serait pourtant un personnage des plus intéressants, un brin schizophrénique, tiraillé entre les autres...

En attendant, Hetalia, toute comédie de l'autre bout du monde qu'elle est, parvient à expliquer simplement des aspects de l'histoire européenne, comme la condition de l'Italie post-empire romain, divisée et proie facile pour le royaume de France, le Saint empire Romain germanique ou l'Autriche-hongrie, comme le montre l'épisode ci dessous:





L'Italie est sans contexte le leitmotiv comique de la série, comme dans cet exemple plus contemporain ou la chute vaut bien un "whassssup" américain...





Au passage on notera une fois encore les vertus pédagogiques de la méthode allégorique, la relation de l'empire romain aux pays actuels devenant une filiation généalogique : Italie, France, Allemagne ( empire chrétien en VO), Angleterre...sont des enfants de "pépé Rome". Et en grandissant, ils sont devenus des "voyous" occupés a se faire la guerre perpétuellement.

C'est là aussi un des aspect inattendus de la vision asiatico-centrique...car si les asiatiques ( en particulier les chinois et les japonais) ont traversé les mêmes alternance d'union et de désunion que les européens, ils en ont gardé quant a eux le souvenir des désordres et tiré la conclusion qui s'imposait: les royaumes seuls livrés à eux même tendent à provoquer la guerre et le désordre. La notion d'empereur ( ou de Shogun), s'impose au dessus des factions pour garantir la paix et l'harmonie.

Nos histoire ne sont finalement pas si différentes, mais le point de vue lui, l'est grandement. Et ce regard étranger est peut être finalement à la fois intéressant et profitable.

Et puis, reconnaissons le, l'Italie, aujourd'hui comme hier, n'est pas très loin de cela...quand a la France ses travers sont encore pire que ceux qui sont présentés, et elle s'en tire finalement plutôt bien...

Un petit dernier pour la route et pour la galerie, cette illustration des causes de la seconde guerre mondiale, et en particulier du slogan français "l'Allemagne paiera"...





Bref, des procédés hardis, à méditer pour nos réalisateurs de dessins animés et nos pédagogues...bien que l'éthique cul serré politiquement correcte des parents 00's et la timidité de nos chaines de télé dans le domaine laisse peu de chance de voir un jour une telle série made in Europe, si ce n'est pour copier la forme superficielle des "anime" en espérant suivre, de très loin, le mouvement de mode.

Pour autant, Hetalia nous rappelle, dans un tout autre esprit, la série "il était une fois l'homme", véritable airbus de l'animation et qui marqua le début du boom (et de l'age d'or) de l'animation europeenne télévisuelle dans la première moitié des années 80.

Mais ceci est une autre histoire...



Ceci est un ultimatum aux socialistes Européens

Chers socialistes européens,

Français, Allemands, Espagnols, Danois, Italiens et autres (etc, etc...)

Je vous écris pour vous dire que je suis las. Las, très las, des tergiversations du Parti Socialiste Européen au sujet de la présentation d’un candidat pour les élections, au poste de Président de la Commission Européenne.

Or, il se trouve que je suis aussi un pro-européen enragé pre-maastrichtien, erasmus, TCEiens et lisbonnien actif.

Si on décernait des médailles en chocolat belge pour cela, j’en aurai très certainement mérité une, dorée ( et je l’aurais caché pour qu’on ne me la mange pas). En d’autres termes, et sans détours, vous pouvez être sur que si je venais un jour à perdre la flamme de l’Europe, cela signifierait qu’il ne resterait guère plus que moi pour l’entretenir sur tout le continent.

A vrai dire, dans l’environnement ou je vis, loin de Paris et des consultants aux salaires mirobolants, je suis déjà bien seul. Bientôt, si ça continue, on me montrera du doigt en maugréant « c’est lui, l’européen »…et les enfant me jetteront des pierres, pendant que les femmes me cracheront dessus.

Je plaisante, ou plutôt je galéje… pour attirer votre attention, d’en bas, sur un danger réel très sérieux, et qui désormais ne peut plus souffrir aucune attente.

Vous le savez, l’Europe à 27 rend désormais toute évolution institutionnelle pratiquement impossible via la voie des traités intergouvernementaux. Feu le TCE, maintes fois castré , est aujourd’hui encore retenu en otage en Tchéquie et suspendu une nouvelle fois à la vindicte populaire en Irlande. Même si, au terme d’une longue péripétie, il abouti, ce sera le dernier traité du genre…et il est déjà dépassé par les évènements, car il ne permet pas (je ne vous apprend rien) de donner à l’Europe la capacité décisionnelle dont elle a besoin.

Au delà, d’une manière plus générale, l’Union Européenne se trouve à un tournant critique : le temps de la construction par les états est dépassé. Le peuple, qui se rend compte du haut degrés d’intégration de l’UE, n’admet plus de ne pas pouvoir influer directement sur les politiques.

Ce mécontentement - légitime - est exploité par des leaders populistes à courte vue, qui s’appuient sur cette paralysie pour blâmer l’UE de tous les maux, dans l’intention avouée de la dissoudre.

Dans ce contexte, attisé par les difficultés économiques, le danger est réel. Mais il reste aussi une chance à saisir.

Les élections européennes peuvent être l’occasion d’apporter un démenti flagrant à cette paralysie, et plus important encore, l’occasion d’un sursaut pour le destin de l’Europe et de ses habitants.

Mais il ne suffit plus de suivre le train-train « national » habituel des élections européennes. Les (futurs) parlementaires européens doivent profiter des ces échéances pour mener de vraies élections transnationales et arracher le place qui revient de droit au parlement européen au sein de l’UE.

Pour cela, la présentation d’un candidat à la présidence de la commission européenne est la seule chance à saisir, d’une part parce que elle ne dépend pas de la volonté des états, mais de la seule décision des membres du PES et d’autre part parce qu’elle permet d’en finir avec les commissaires nommés et de porter la démocratie au cœur du système : le conseil sera forcé de s’incliner devant la volonté exprimée par le suffrage universel.



Enfin, sachez que si je m’adresse à vous, ce n’est pas par esprit partisan, mais parce que le parti socialiste européen est la seule force à pouvoir, à travers ces élections, renverser à la fois le commissaire « nommé » du PPE, imposer ainsi définitivement la démocratie dans le choix de la plus haute charge de l’UE, et incarner la volonté populaire d’un changement de contenu politique.

Les citoyens européens n’attendent qu’une alternative démocratique radicale et visible, que jusqu’ici, aucun parti n’a été capable de lui apporter. Vous pouvez être sur que, si vous êtes ceux qui la leur donnera, vous serez massivement suivis, de Porto à Varsovie, de Copenhague à Naples.

Notre espoir réside donc dans votre capacité à faire passer l’Histoire et le destin d’un demi-milliard d’européens avant vos ambitions personnelles et vos calculs nationaux

Si vous en êtes capables, je me joindrai aux autres européens pour défendre votre candidature avec la dernière énergie.

Dans le cas contraire, l’Europe n’aura peut être pas de seconde chance. Et vous pourrez être sur que je me joindrai également aux autres européens pour me détourner définitivement du parti socialiste, national et européen, que la postérité, elle, se chargera de conspuer.

Bien à vous

Un Européen parmi tant d’autres.

Les animaux malades de l’Europe, de Karl Lafuente


Les moutons, gras et gros

chacun dans leurs enclos

Avait connu naguère

La disette et la guerre



Ce temps d’un autre âge

Etait bien fini

Les maux avaient été bannis

Par de communs pâturages



Mais soudain, à nouveau

Un mal chez eux sévissait

Les près jaunissaient

Et l’herbe faisait défaut



Nul ne savait comment

Retrouver la santé,

L’abondance en froment

Et la peur sévissait…



Un jour de printemps

L’un de leurs présidents

Convoqua les brebis

A donner leur avis



Et soudain, les ruminants

Dans le doute perdu

Oublièrent comment

Ils devinrent dodus



Alors ils découvrirent,

ce qui pourtant depuis,

plus de deux générations

Etait vu comme raison





La concurrence non faussée ?

Quel crime insensé !

Ouvrir mon pâturage

C’est inimaginable !



Gravé dans le marbre !

Quel crime pendable

Mon enclos, seul est convenable

A nous seul est notre chambre



Voila l’ultraliberalisme !

Dirent des franciliens

Certains, même, y virent la main

Du lointain turquissime



Et dans l’enclos voisin

Situé sur un Ishtme

On criait au socialisme

Comme mal utérin.



A partir de ce jour

Rien ne fut comme avant

La raison n’eut plus court

Et on se tourna vers antan





Nos fourchettes ont trois bras.

Les leurs deux, c’est un fait!

Comment dans ce cas ?

Pourraient ont s’accorder ?





Et alors, les herbivores

Tous à leur hystérie,

en oubliaient le dehors

Souvent sans merci



Dans la noire forêt

Point de cet instrument

De crocs on usait

Bien plus contondants



Le loup surgit du bois

Trouvant les brebis divisées

Se réjoui de leur état

Et n’en fit qu’une bouchée



Moralité

A trop ne voir que son nombril

On fini sur le grill.

Zapatero: il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis...

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On ne va pas le répéter ( le lecteur curieux se reportera aux autres articles de cette catégorie), afin d'en finir avec l'Europe "diplocratique", il devient urgent que le peuple, lors de ces élections, choisisse le president de l'UE ( = de la commission européenne), ce qui permettra de transformer celle ci en véritable gouvernement, responsable devant les électeurs.

Autant dire, une révolution. Encore faut il qu'il y ait des candidats...

Si aucun parti n'est pour l'heure clairement sorti de sa léthargie, le Parti Socialiste européen est bien près de la faire.

Mais voila, hormis les travaillistes britanniques qui comme d'habitude, la jouent perso, c'est Zapatero, socialiste et dirigeant du gouvernement espagnol...qui a le plus retardé cette possibilité en donnant son "accord" à Sarkozy pour la reconduite de Barroso, actuel president de la commission européenne.

Il s'agit maintenant pour Zapatero de choisir entre les petits jeux de la diplomatie européenne, ou sa fidélité à ses convictions, à son Parti, et à la démocratie européenne

il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, comme on dit de par chez nous. il s'agit maintenant de l'aider a se décider.

Le KIT de support envers la candidature de Poul Rasmussen au PES

Le president du PES, le Danois Poul N. Rasmussen n'a peut être pas le teint halé et l'allure décontracté d'un Obama, ni le tailleur rangé de Royal, mais il n'en reste pas moins une personnalité d'immense valeur pour permettre aux européens de traverser cette période troublée.

Comme chacun sait, les scandinaves, avec leur modèle social, obtiennent des résultats que le reste des europeens leur envie en matière de taux de chômage, de protection sociale, d'égalité entre les salariés, et de niveau de vie.

Et Poul Rasmussen a été l'artisan du renouvellement de ce modèle tout au long des années 90 et 2000.

C'est donc la figure de "vik le viking", personnage que tous les trentenaires europeens connaissent, qui s'est imposée comme symbole: Vik est intelligent, généreux et persévérant, toujours plein de ressources. il porte bien l'image de ce petit pays aux grandes idées, et de Poul Rasmussen en particulier.

Le pack version 0.1 est construit autour de cette idée.

il y a bien sur l'incontournable T-shirt :

Celui ci est proposé sur www.europatriotism.eu , site de création communautaire consacré a cela.

Vous pouvez y votez pour votre Teeshirt favori, et si il atteint un certain nombre ( minimum) de notations "5", l'impression et la mise en vente peut être lancée à un cout minimum...

Le reste du kit se compose d'affiches A4, A3 et d'une bannière 150cm sur 50 cm, le tout prêt à imprimer et librement téléchargeable .

A vous de jouer...

en portugais

en anglais

Dutch

En Catalan

Entropa : Eurotrash ou Eurobeauf ?

Comme vous le savez peut être , pour marquer son passage à la présidence du conseil, comme l'exige la tradition, le gouvernement tchèque a commandé une œuvre d'art à l'artiste David Cerny : Entropa.

L'intention du gouvernement tchèque était de marquer son passage par une "totale liberté" de ton...en rupture supposée avec les habitudes institutionnelles.

L'ensemble expose chaque pays sous la forme de stéréotypes négatifs, ce qui a causé une vague polémique en raison de la plainte de la Bulgarie notamment ( représentée sous la forme de cabinet a la turque), mais aussi en raison du fait que l'artiste, censé travailler en association avec d'autres artistes européens, à en realité réalisé son installation tout seul.

Passons sur ce dernier détail et sur "l'indignation" proclamée haut et fort du gouvernement tchèque à ce sujet, dont on imaginera sans mal, vu ses vues et le reste de sa campagne, que peu lui importait de sortir de la maitrise d'œuvre tcheco-tchèque.

Le public lui, a plutôt bien réagi, au prétexte de la liberté de création et du rôle salutaire de l'humour et de l'autocritique.

Certes.

Commençons néanmoins par rappeler que la présidence Autrichienne ne les avait pas attendu, et coiffe au poteau la présidence tchèque en la matière, avec cette œuvre: ( il y en avait une autre , montrant le president Chirac et la reine d'Angleterre dans des positions explicites, qui a promptement été "retirée" de la circulation) :

Austrian Ue presidency 2006

Au delà, le problème de l'œuvre tchèque, a part le fait de n'être en rien novatrice, c'est qu'elle est surtout le contraire de ce qu'elle prétend être.

Car si le concept d'Eurotrash est parfaitement valide et salutaire, il suppose une multiplicité de point de vues, et une surenchère qui commence d'abord par soi même.

Rien de tel dans cette œuvre transparente. On lit sans peine dans les stéréotypes exprimés non pas un discours européen, mais une crainte et des complexes purement tchèques ( et marqués politiquement de manière conservatrice) : les allemands sont des nazis, la Bulgarie est un cabinet à la turque. La Pologne est "envahie" d'homosexuels et la Hollande de musulmans.

Bref, c'est le vieil antagonisme nation à nation qui apparait, enfermé dans sa subjectivité, et qui n'a rien d'européen ni de novateur.

Il aurait fallut pour cela que l'artiste ( ou le commanditaire) ait été capable d'inter-subjectivité, c'est à dire de faire sien le point de vue des autres sur soi et le reste de l'Europe. Mais surtout, pour légitimer la démarche, la charge de dérision à sa propre encontre aurait du être au moins aussi forte, sinon plus, que celle s'adressant aux autres pays.

Or, pour comble du paradoxe, la république tchèque est ici représentée sous la forme de citations de son propre president, ce qui on s'en doute, ne vas pas déranger le commanditaire.

L'eurotrash, le vrai : un pour tous, tous dans le même sac (de caca)

Un bon exemple du concept d'eurotrash (le vrai) s'illustre dans une PUB des années 90 pour la console Dreamcast, enjoignant les joueurs de toute l'Europe à s'affronter en ligne

Chaque spot se compose d’un personnage ventant l’orgueil national ( avec un fort accent et des clichés outranciers), tandis que les images relativisent et ridiculisent ses propos avec des stéréotypes symétriquement négatifs. Le spot se conclue sur l’horripilant personnage exhortant le spectateur-joueur à venir se mesurer à lui… s’il l’ôse. Chacun en prend plein la figure,

Le français

...L'allemand

...Mais aussi, et surtout, ils se moquent d'eux-même sans complaisance

Au final, on peut rire de soi-même car tout le monde est traité à la même enseigne.

On ne rit plus de l'autre, mais avec l'autre, de nos atavismes nationaux, mis sur le même plan horizontal, égalisés et objectivitisés....Les stéréotypes identitaires deviennent des rôles à incarner, avec la distance que cela suppose.

Bref, il s'agit la d'un rire proprement européen et non pas national, ou du moins du rire parfois jaune d'européens en train d'émerger comme tels et contemplant leurs tares et leurs (anciennes ?) divisions.

Nous rentrons avec l'Eurotrash dans une approche post-moderne et post-nationale de l’identité européenne, pour laquelle les histoires et les cultures nationales sont désormais considérées comme des scories jetées pèle-mêle dans la dote du grand mariage (d’amour ou de raison) communautaire, poubelle de l’histoire, pour le meilleur et pour le pire...

A suivre...

Qui a peur d’un président de l’UE élu au suffrage universel ? ( les socialistes ?)

Rappelons brièvement que l’idée du choix du président de l’UE via les élections, de Jacques Delors , est révolutionnaire à plus d’un titre.

D’une part son originalité vient du fait que sa mise en œuvre, contrairement à tous les échafaudages habituels, ne nécessite aucun traité ni aucun accord des états.

Il suffit seulement d’utiliser l’existant, le parlement européen, dont les partis peuvent prendre l’initiative de présenter leur candidats à la présidence. A l’issue des élections, il serait donc impossible pour le conseil, composé des chefs d’Etats, de passer outre la volonté populaire exprimée pendant la campagne.

Le président de la Commission cesserait d’être « nommé » pour être élu, ce qui représenterait une avancée substantielle de la démocratie en Europe…

Or, à ce jour, malgré les différentes initiatives dans ce sens, les partis qui devraient être doublement concernés par un sursaut surcroît de démocratie et d’intégration européenne, en particulier les Verts Européens et le Parti Socialiste Européen ( PES), semblent faire la sourde oreille

Mieux vaut un Président élu qu’un Commissaire nommé

Outre les difficultés propre au partis européens, démultipliées par un mode de scrutin qui favorise les logiques nationales, il existe aussi une opposition de fond pour certains, basée sur la crainte de favoriser un régime « présidentiel ».

Disons le tout de suite : le présidentialisme « à la française » ou « à l’américaine » ne serait pas une bonne chose pour l’Europe ( ni pour aucun régime d’ailleurs). Comme les referendum, il tendrait à appauvrir le débat par un polarisation binaire. Les idées passeraient très vite derrière les personnes et les effets, comme lors du dernier débat présidentiel français.

Mais les socialistes et les verts européens, rétifs à l’élection d’un président de l’UE se trompent doublement, car il ne s’agit pas de cela.

Constatons que le débat européen ne pourrait déjà pas être plus anémique…de ce coté il n’à donc craindre qu’une amélioration.

Ensuite, contrairement aux élections françaises, cette élection reste une élection parlementaire, et le « président » ne serait élu que de manière indirecte.

En définitive, ce seraient toujours les partis qui définissent le président…et celui-ci deviendrait plus que jamais tributaire et responsable devant les parlementaires ( bien plus qu’il ne l’est aujourd’hui). Cela constituerait déjà un progrès immense, au bénéfice du parlement européen, avec un rééquilibrage des pouvoirs.

Une chance historique….peut être la dernière ?

Dans le contexte d’infériorité du parlement européen face aux Conseil, les craintes d’une « présidentialisation » paraissent bien minces fassent aux bénéfices que cette initiative peut apporter au parlement lui-même.

Il s’agit en définitive rien de moins pour le parlement européen que de trouver un levier, à travers cette « incarnation du débat » qui lui permette d’asseoir sa légitimité, et partant, de mettre la démocratie au centre des institutions européennes.

Car dans un contexte d’élections européennes ou dominent encore les clivages nationaux issus du cloisonnement des médias et du scrutin, la mise en avant des chefs de partis peut apporter un supplément d’âme et un décloisonnement indispensable à la naissance d’un vrai débat démocratique paneuropéen :

Les citoyens européens commenceraient à se prononcer sur leurs idées en supportant un candidat non nécessairement national, ce qui constitue un engrenage fondamental vers une prise de conscience de notre communauté de destin.

On constate à contrario avec l’exemple du TCE et let traité de Lisbonne que l’Europe intergouvernementale à 27 est devenue incapable d’accoucher d’aucune reforme. La crise financière va encore accroître l’effet centrifuge et le repli sur soi, d’une manière critique.

Le temps des échafaudages démocratiques « parfait » reposant sur la bonne volonté des états est dépassé. Désormais, c’est à la démocratie européenne et à ses représentants de prendre directement le relais.

Pour cela, les parlementaires européens doivent d’abord asseoir leur légitimité, et l’élection d’un président de l’UE est le meilleur - et le seul - outil qu’ils aient à leur service.

Le choix ne balance donc pas entre la crainte d’une très hypothétique présidentialisation face à un système démocratique idéal « dans le futur »

Le choix est entre porter enfin le pouvoir entre les mains du parlement européen, représentant le peuple, ou voir l’UE stagner dans l’intergouvernementalisme et risquer de se déliter.

internet libre : procédure "d'entubation" au parlement européen ?

C'est une longue histoire celle de la gueguerre du Président Sarkozy contre l'internet libre, au nom de la défense des profits de ses amis industriels du droit d'auteur, à travers la loi Hadopi, dite du " on vous coupe l'internet au bout de 3 avertissements " ( dédé ça va couper vous expliquera ça mieux que moi)


Et l'Europe direz vous, qu'est ce qu'elle a voir la dedans ? Comme toutes les questions importantes, qui dépassent la dimension nationale, l'UE est rapidement au cœur du problème. Jusqu'ici, toujours pour défendre les libertés fondamentales.

Le lecteur " sérieux" pourra se référer aux articles précédents de cette catégorie pour plus de détails sur cette longue histoire.

Pour les autres, allons au plus récent et au plus important: L'UE préparait une législation globale appelée "paquet telecom"...législation au sein de laquelle le député Bono du parti socialiste Européen a promu l'amendement 138 ( assisté notamment par Cohen Bendit).

Et c'est là que le parlement européen met en échec la loi française répressive, puisque l'amendement 138 rappelle la nécessité de respecter les procédures de droit, autrement dit fait tomber à l'eau la suspension automatique de connexion internet pour les "récidivistes".

Vous n'en avez rien su ? C'est normal, les médias ne s'interessent au parlement européen que lorsqu'il est dans le rôle du "méchant"...et encore. C'est la quadrature du net qui est la seule en avoir parlé à ma connaissance.

Mais l'histoire ne s'arrête pas la. Furibond, l'hyper-president français demande dans un premier temps à la commission europeenne de "supprimer" l'amendement...et essuie un refus au motif que cet amendement a été voté démocratiquement à une écrasante majorité...

Qu'a cela ne tienne, le président français revient à la charge et entreprend rien de moins que d'imposer sa loi, une loi française, à l'Europe toute entière...

Pour ce faire, il s'adresse directement aux autres chefs d'états lors du conseil européen, selon le bon vieux système de la diplocratie : à huis clos ( comme il est coutume au conseil), "on" décide sans personne.

Et c'est un feu d'artifice de cadeaux pour les majors.

Bien sur l'amendement 138 est supprimé. Mais cela va plus loin. En totale contradiction avec ce qui avait deja établi au niveau communautaire, la loi Hadopi s'impose à toute l'Europe.

Enfin presque : le texte doit maintenant re-passer devant le parlement européen, selon la procédure d'entubation de conciliation en vigueur.

Un socialiste européen peut en cacher un autre

il y a y ici deux graves problemes.

Bien sur il est légitime et nécessaire de vouloir légiférer sur le droit d'auteur. Mais , un peu à l'instar des lois sur la sécurité aux USA, on est en droit de se demander si la fin justifie les moyens.

Et les moyens ici sont disproportionnés. Pour défendre les bénéfices des majors, cette loi viole les libertés individuelles les plus élémentaires, la vie privée des citoyens ( avec l'instauration d'un contrôle systématique des contenus échanges sur internet) et le respect de l'état de droit.

Voila pour le fond: Cette loi Hadopi, imposé par la France à l'Europe, n'est pas tolérable.

Mais il y a aussi un autre problème, de forme, tout aussi voire plus grave.

D'un coté, les chefs d'État ne respectent pas la démocratie européenne, et en reviennent chaque fois à leurs vieux démons de la diplocratie.

En rejetant l'amendement 138, voté à une écrasante majorité, ils disent clairement, quelques mois avant les élections européennes, à quoi s'en tenir sur leurs intentions du "plus de démocratie"

Pire encore : Le parlementaire européen, Manuel MEDINA ORTEGA , en charge de la procédure d'entubation de conciliation a deja avalisé toute la liste de vœux du conseil européen....et ce parlementaire est egalement membre du Parti Socialiste Européen, tout comme Bono, l'auteur de l'amendement 138.

Bref, ce que fait un socialiste au parlement européen, un autre socialiste le défait ! ( de quoi se poser de sérieuses questions sur l'existence réelle d'un parti socialiste européen...)

Face à cela, la portée du vote prochain du parlement européen sur cet "arrangement" dépasse donc largement le contenu de cette loi inique.

Ce sera avant tout, à quelques mois des élections, un test sur la capacité des parlementaires européens à faire respecter leur institution face à l'arbitraire du conseil.

Mais plus encore, ce vote sera un test sur la volonté des parlementaire de défendre la voix du peuple dont ils tirent le mandat, face au cynisme du conseil, et affirmer ainsi à quelques mois des élections que les électeurs ont de bonnes raisons raisons de voter....ou pas

Références :

http://www.laquadrature.net/fr/Le-parlement-europeen-frappe-par-un-ridicule-dogmatisme-du-copyright

Pour agir : La quadrature offre tout le nécessaire, du texte a copier-coller a l'argumentaire, jusqu'aux coordonnées téléphonique et email de votre député européen. A Vous de l'interpeler :

Graham WATSON, premier président de l'UE élu au suffrage direct ?

Enfin ! Ou presque...ce n'est pas passé loin.

Le MOuvement DEMocrate européen (modem) avait annoncé un candidat à la présidence de la commission européenne ( sans nouvelles depuis)...l'ALDE ( Alliance des Libéraux et des Démocrates Européens, parti centriste qui englobe le precedant) a pris une initiative concrète :

En toute logique c'est son président, Graham Watson, parlementaire européen depuis 1994, qui a décidé de se présenter comme candidat à la présidence...du "parlement européen". Un doute plane sur le fait de savoir s'il s'agit "juste" celle de la présidence du parlement. On voudrait croire que l'ambition va plus loin.

Le communiqué de presse est on ne peut plus clear clair sur les objectifs:

''Depuis trop longtemps déjà, les Présidents du Parlement sont choisis au gré d'arrangements d'arrière-salle enfumée. Ma campagne sera la première campagne publique pour la présidence du Parlement: rien qu'en cela j'espère créer un précédent Nous avons besoin d'un débat de fond sur le rôle et les priorités du prochain Président. C'est ainsi que doit vivre la démocratie européenne''

On ne saurait pas mieux dire sur cette tribune, qui défend depuis longtemps cette idée simple et révolutionnaire au sujet du choix du president de la commission européenne.

Simple car elle est facile à mettre en œuvre, sans traités ni blabla : il suffit aux partis européens de présenter leurs candidats officiels à la présidence de l'UE pour que ces élections permettent de facto au peuple de choisir son président.

Révolutionnaire, car cette simple mesure permet au parlement européen, principal (seul...) organe démocratique de l'UE de prendre le pouvoir, renversant l'habitude de la diplocratie à huis clos, et entrainant la formation d'un véritable gouvernement de l'UE responsable devant les électeurs.

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Tout n'est peut être donc pas perdu ( même s'il ne s'agissait "que" de la présidence du parlement, le principe est le bon)... et il fallait que ce soit un britannique qui prenne l'initiative de démocratiser pleinement l'UE! ( précisons pour nos amis français, "libéral" est, en anglais, équivalent de " gauchiste", et pas forcément comme en français quelqu'un acquis à un dogme économique).

Il lui reste aussi à se faire connaitre des médias nationaux, ce qui n'est pas une mince affaire compte tenu de leur médiocrité habituelle et il faudra la que le Modem/ADLE joue le jeu de la campagne de manière clairement européenne.

Mais cette candidature n'est la que la première étincelle, et ne pourra jouer son rôle, comme le confirme Graham Wilson, que si les autres partis se réveillent aussi :

"Je formule le vœu qu'en s'adressant à l'opinion publique, ma campagne stimulera le débat entre les diverses candidatures et projets et conduise à un choix reposant sur le mérite et non le bon plaisir".

L'on se tourne alors vers les autres partis , le modem (qui avait fait une annonce dans ce sens), les Verts européens ( avec à leur tête le français Cohen-bendit favorable à l'idée), le Parti Populaire Européen, et surtout les socialistes européens (PES), dont le chef de file, le Danois Poul Rassmussen, ne s'est aux dernières nouvelles toujours pas prononcé...alors qu'un dernier congrès a lieu au mois de février...

Espérons que cela pèsera favorablement sur sa décision, car alors, tout deviendrait possible...

''Thanks to you Sir Watson. All true democrats through Europe are deeply proud and happy about your decision. Whatever it will happen, we will remember that you was the first one and we will follow carefully your campaign''

Sources

Sur le site de l'ALDE

le site de sa campagne : http://watsonforpresident.eu/


(Graham Wilson est diplômé en langues européennes et parle couramment le français, même si ces vidéos sont dans sa langue natale...)

LCR: nous ne sommes pas souverainistes, nous sommes européens

Il était déjà question du charismatique leader charismatique de la LCR française ici et de ses positions clairement pro-européennes.

Ce matin, invité sur France-culture Olivier Besancenot a encore rappelé son engagement :

«  nous ne sommes pas souverainistes, nous fondons notre action dans un cadre européen ». Et il le dit avec plus d'emphase et sans aucune ambiguïté ici

Bien sur, l'internationalisme fait partie de l'héritage de la LCR et la gauche toute entière, ça paraîtra être une évidence pour tous ceux qui ont un minimum de culture politique....

Le nationalisme c'est la guerre, disait Mitterrand. Il savait de quoi il parlait, lui qui avait traversé des moments sombres de notre histoire (en se salissant au passage).

Ca fait quand même du bien de le rappeler, à l'heure ou le nationalisme, déguisé sous de nouveaux oripeaux, devient la panacée.

Et ça réchauffe un peu le cœur de savoir que la LCR (et le Nouveau Parti Anticapitaliste) ne perd pas de vue son horizon de progrès,dans cette grande cacophonie idéologique qui tend à laisser le peuple déboussolé, seul avec les théories du complot « mondialiste » pour toute « pensée » politique.

Besancenot, candidat à la présidence de l'UE ?

Reste qu'un des journalistes présent ce matin lui demande, à propos de cet engagement "dans ce cas, pourquoi ne se passe-t-il rien au niveau européen dans vos actions ? »... sans obtenir de réponse (en bon politique), sinon effectivement la confirmation qu'il ne se passe...rien.

Le parti de la Gauche européenne existe pourtant au parlement européen.

D'autres partis peuvent être crées, ce ne sont pas les mouvements « anticapitalistes » qui manquent en Europe, comme Die linke en Allemagne...dans certains pays de l'UE, les conditions de vie sont d'ailleurs beaucoup plus dures qu'en France (à l'est, et dans le sud du sud).

Le nouveau parti « anticapitaliste européen » trouverait là une manière d'exercer concrètement la solidarité « internationaliste »: en poussant à l'augmentation des salaires dans ces pays, il contribuait à améliorer leur niveau de vie et à réduire la pression sur les salaires exercés vers les autres pays de l'UE.

Il pourrait promouvoir une notion de « convergence sociale » sur le modèle des « critère de Maastricht » et ou celle de service public européen comme alternative aux privatisations.

Surtout, en menant leur combat à l'échelle européenne, ils seraient plus nombreux, plus forts, et pourraient réellement s'attaquer aux questions économiques et sociales (qui, compte tenu du degrés d'intégration européenne, échappe largement aux politiques nationales), en poussant par exemple à une politique protectionniste et à une relance européenne.

Plus généralement, ils pourraient affirmer leur anti-souverainisme en défendant l'idée fédérale et/ou communautaire, en insistant clairement sur le besoin de mettre le parlement, voire l'élection directe du président de l'UE au centre de leur campagne.

Oui, ils pourraient.



Si leur engagement ne se réduisait pas à une creuse rhétorique politiquement correcte.

Démocratie ou Diplocratie ?

Le débat sur la forme que doit prendre l'Europe se résume à deux grandes options politiques.

D'un coté les partisans d'une Europe politique intégrée, avec des compétences partagées, certaines appartenant à l'UE ( donc supranationale) et d'autres aux États-nations. Les termes varient ici pour qualifier cette voie, de fédéralisme, communautaire à "fédération d'états-nation".

D'autre part, les partisans d'une Union le plus lâche possible, attachés à la "souveraineté nationale" intégrale, dont les appellations varient suivant le degrés d'engagement. Pour les plus minimalistes, cela s'appelle l'Europe des nations ou des patries. Certains, qui se veulent pragmatiques parlent "d'Europe des projets". D'autres plus hardis (et plus rares) vont jusqu'à employer le terme de "confédération".

Ces gens là se targuent souvent, dernièrement, d'être les champions de la démocratie, contre le "monstre tentaculaire" que serait une organisation supranationale empiétant sur les "souverainetés nationales".

Dans la pratique, cela se traduit pour ces "souverainistes" par la défense du système intergouvernemental, qui prédomine aujourd'hui avec le conseil des chefs d'État de l'UE comme organe décisionnel, au sein duquel chaque pays représente et défend directement ses " intérêts".

Du neuf avec du vieux ?

Ce système minimaliste, ou les Chefs d'états se rencontrent et négocient des accords n'a rien de nouveau en Europe. De Tayllerand à Stressman, de Richelieu a Roosvelt, on y découpe ou on trace des frontières et on y tisse des accords commerciaux et politiques.

Aujourd'hui, le conseil des chefs d'état de l'UE est plus "institutionnel" et plus policé.

Mais c'est la même chose. On y trace toujours à l'occasion des frontières (en ex-Yougoslavie), mais le plus clair du temps on y négocie commerce et influence politique.

On y recherche des alliances, pour défendre "ses" paysans agriculteurs au sein de la PAC.

On y défend même les intérêts de grand groupes, parfois liés à des maisons familles nationales. Notre souverain président Nicolas Sarkozy 1er nous en en fait une brillante démonstration récente.

Et puis, une fois expédiées les élections européennes viendra le temps du grand marchandage, ou chaque chef d'État, calculatrice en main, défendra bec et ongles ses "intérêts nationaux" en essayant de contribuer le moins possible en recevant le plus, sur le famélique "1%" du PIB européen que représente le budget de l'UE.

Et ce qui est le plus admirable, c'est que -sachez le - tout cela se passe à huis clos. Le conseil de l'UE est une boite noire.

C'est bien compréhensible du reste, car ces grands seigneurs Chefs d'État ne toléreraient pas que d'autres s'immiscent dans leur affaires, sachent ce qui a été prêté pour un rendu et -horreur - donnent leur avis ou leur réprobation.

Ceux qui en parlent le plus...

Bref, c'est ce système là, le système intergouvernemental, avec en son centre la pleine "souveraineté nationale", que défendent de facto les partisans du moins d'Europe possible.

Or contrairement à ce qu'ils affirment, on voit clairement que rien ne saurait être plus archaïque et plus anti-démocratique que cela. A moins de confondre volontairement la Démocratie avec les vieilles recettes rancies de la Diplocratie

Face à cela, il y a une alternative limpide, celle de toujours: la démocratie, la vraie.

Son organe en Europe existe déjà, c'est le même que celui qui existe au niveau national: le parlement européen.

Il s'agit de reconnaître les compétences que nous voulons partager en commun et de les faire appliquer de manière démocratique, par les représentants élus pour cela et qui rendent des comptes auprès des citoyens.

Le parlement européen à gagné du pouvoir en plus de trente années d'existence. il est devenu co-décisionnaire avec le Conseil. La démocratie européenne à avancé face à la vieille diplocratie.

Mais cela reste insuffisant.

Pour renverser l'Europe des "petits cadeaux entre amis" il est nécessaire de donner au parlement européen toute sa place, ce qui signifie aussi qu'il puisse former et rejeter un gouvernement.

L'actuelle "commission", ne devrait plus être nommée mais élue par le parlement. Et son président devrait résulter, lui aussi, du choix des électeurs.

Tout cela est entre les mains de parlementaires et des partis politiques...

Encore faut il que les électeurs fassent preuve de discernement et comprennent que ceux qui, sous couvert de "souveraineté", prétendent défendre la démocratie, ne sont en réalité que les défenseurs d'une vieille recette, celle de la diplocratie....

Et pour la solution, dans cette même catégorie :

nous voulons élire le président de l'UE

Mikhail Obama, Barack Gorbatchev ou Gorbama ?

L'histoire se répète dit la sagesse populaire.

Rappelez vous 1989 , il y a 20 ans presque jour pour jours :

Un guerre froide qu'on avait cru éternelle était en train de se clore sous nos yeux et les murs qui divisaient l'Europe tombaient...un nouveau dirigeant de l'Union soviétique, Gorbatchev, faisait souffler un vent de liberté inédit sur son pays et le monde.

Deux ans plus tard, l'URSS implosait. Personne, absolument personne, n'avait prévu cela ( ou plutôt si, voir ici )

20 ans plus tard, en 2009:

L'ancien (?) ennemi de la Russie, les USA, après deux décades de triomphe de "son" système, est à son tour secouée par une crise sans précédant.

Naguère modèle incontesté, le développement du chômage et l'endettement record mine le pays. Le dollar connait une faiblesse endémique et l'état est au bord de la banqueroute après huit ans d'une politique belliqueuse tout azimuts.

C'est alors qu'un nouveau leader arrive, et prétend à un changement économique et politique radical...

Étrange symétrie de l'histoire. Le parallèle vous semble simpliste ? Et pourtant…

Les racines du mal

Le mal ne date pas d’hier. Il y une sorte de logique profonde à tout cela. Durant la guerre froide, Les USA ont précipité la chute de l’URSS en l’entraînant dans une course aux armements ruineuse que l'ours soviétique ne pouvait pas soutenir. La guerre des étoiles de Reagan fut le grand bluff final.

Effectivement, l’URSS se ruina et du renoncer à ses ambitions impériales, jusqu'à imploser.

Mais on oublie que le "vainqueur" aussi du mettre en œuvre des dépenses colossales.

Le système militaro-industriel, désormais au cœur de l’état américain, entend continuer à rester « utile » après la guerre froide. De lui dépendent désormais les revenus et les emplois de millions d’américains, ce qui explique aussi la politique agressive de ces dernières années et l'invention forcenée de nouveaux ennemis, "l'axe du mal". C'était aussi devenu une nécessité économique interne, la meilleure des "relance".

Dans les années 90 , la confiance absolue dans ce géant atlantique triomphant fait que, grâce au dollar, l’argent afflue plus que jamais du monde entier vers les USA, en dépit des dettes qui s'accumulent. Comme au temps des conquistadors espagnols, il devient facile pour quelques uns de s’enrichir démesurément…au détriment de l’économie manufacturière du pays, abandonnée (et/ou délocalisée) et substituée par des produits d'importations.

Ainsi les prévisions de Emmanuel Todd dans « après l’empire » sont en train de se vérifier, de jour en jour: l'euro, reparti à la hausse, mine la suprématie du dollar et donc directement la pompe à financement - ou à ce stade, de la perfusion - qui permet aux USA de maintenir artificiellement à flot une économie sur-endettée et un tissu économique "vermoulu" de l'intérieur.

Mais l'Etat , comme les ménages, ne peut pas s'endetter éternellement. L'Amérique est déjà financée à plus de 60 % par la Chine, via ses bons du trésors. Les Taux d'intérêts ( le "prix" du dollar), a été remmené a zéro dans l'espoir d'inciter les américains à s'endetter davantage. Outre la relative faiblesse de l'Europe politique, c’est désormais la fuite en avant des dirigeants chinois, préférant soutenir artificiellement l'économie américaine plutôt que de perdre leur plus gros client, qui sauve encore l'état américain de la banqueroute.

Mais pour combien de temps ?

Les États de l'ex-USA ?

L’Amérique n’est pas notre ennemi. Mais avec les turbulences qui s’annoncent, elle pourrait devenir un danger majeur.

Imaginez un pays de 300 million d’habitants, profondément religieux, persuadé d’avoir une "destinée manifeste", doté d’un arsenal nucléaire immense et d’une capacité militaire hypertrophiée….le tout sombrant dans le chaos et l’instabilité…

Nous avons eu de la chance avec la Russie de Gorbatchev et Elstine. Comme le fait valoir Emmanuel Todd, vu le drame qu’ont connu les Russes, cela ne s’est finalement pas trop mal passé.

Barack Obama connaitra peut être le même sort que Gorbatchev.

Ce dernier, extrêmement populaire à l’extérieur, connu bien vite des records d’impopularité à l’intérieur de son pays en raison du chaos économique et social. En 2009, l'Obamania prend des allures d'hystérie, celle d'une opinion en quête d'un homme providentiel, dont imagine mal comment à lui seul il pourrait défaire le cycle infernal de l'endettement. A moins, justement, d'y mettre un terme et d'en affronter les conséquences.

Reste à espérer que la chute des USA, si (ou quand) elle se produit, se fasse sans trop de casse pour eux...et le reste du monde.

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Désormais, comme en 1989, tout est possible, même le pire. L'effondrement économique et social peut réactiver les divisions profondes qui existent aux USA, entre nord et sud ( mais pas seulement). Un simple coup d'œil aux États ( les élections américaines sont en realité "indirectes") acquis à Obama (première carte, en bleu) ...nous donne pratiquement la même répartition que celle des yankees opposés aux confédérés durant la guerre de sécession (en bas).

C'est toujours la même histoire: celle d'un sud moins industrialisé qui rechigne à payer des sommes exorbitantes pour financer le emplois du nord " fordiste" en perdition...

Le dormeur doit se réveiller

Nous européens, lors de l'effondrement de l'URSS, avons du nous adapter pour accueillir l’est du continent libéré et la réunification de l’Allemagne. En quelques années, l’euro et l’UE sont nées de cette accélération de l'histoire.

Comme en 1989, l’Europe est à nouveau conduite à resserrer ses liens.

Pour la première fois, lors de la crise géorgienne les USA impuissants et muets face à leur ancien ennemi, la Russie, passent au second plan derrière l'Europe, ce nain politique, qui occupe le devant de la scène !

Les institutions européennes, dont la Banque Centrale, naguère calomnié pour sa « rigidité » s’adaptent aux circonstances. Les pays qui se sont tenus en dehors de l'euro connaissent de graves difficultés et font soudain un volte face spectaculaire. Les européens comprennent soudain que l'Union fait la force. Même le Royaume uni, dont la monnaie a chuté de près de 30 % en moins d'un an, regarde désormais vers la zone euro....

Dans le vide global qui risque de se créer, le monde aussi va avoir besoin de stabilité et d’une nouvelle direction.

Il est donc à nouveau urgent que les européens dépassent leurs divergences internes sur le traité de Lisbonne, leurs craintes et leurs visions nationales pour comprendre qu’ils sont en train de faire rien de moins que l’Histoire: de leur union ou de leur désunion va dépendre leur avenir, mais aussi celui de l’humanité, pour le siècle qui commence.

Si les élections européennes passionneront certainement beaucoup moins que "Obama", elles sont indubitablement beaucoup plus importantes pour notre avenir immédiat, car elles pourraient faire émerger un vrai débat et une conscience commune nécessaire à notre survie dans le chaos qui approche.

Dommage qui ni les états, qui s'acharnent à vouloir saboter les élections européennes en pratiquant leurs petits jeux de placements, ni les partis européens, qui ne prennent pas leurs responsabilités en expliquant les enjeux très réels et très proches, ne contribuent à faire émerger cette conscience.

Références:

- Cartes : wikipedia

Un président de l’UE élu : une solution « de secours » nationale ?

A défaut d’un accord des principaux « grands » partis européens ( PSE, PPE, verts, libéraux-modem, et PGE ) sur le choix d’un candidat à la présidence de l’UE il demeure toujours possible d’insuffler plus de démocratie dans la nomination des commissaires.

C’est ce que fait remarquer un journaliste néerlandais, en le présentant comme une solution de secours, à défaut de l’élection d’un président de l’UE, afin de donner néanmoins à ces élections européennes de véritables enjeux politiques, ce qui est – devrait être – l’objet de la démocratie.

il faut avouer qu'aux dernières nouvelles, les partis politiques europeens ne se montrent pas très "nerveux".

Pour cela, Il propose une solution simple et originale : que les chefs d’états réellement pro-européens ( et j’ajouterai, démocrates) prennent leurs responsabilités et affirment publiquement, avant les échéances, que du résultat du scrutin européen au niveau national dépendra aussi la nomination de « leur » commissaire.

Il faut évidemment que les partis nationaux jouent le jeu en présentant « leur » candidat. Il est également toujours possible d’y associer les partis européens.

Bien sur, ceci n’a de sens que comme une solution de secours dans l’hypothèse ou les partis politiques européens se montreraient définitivement incapables de présenter chacun un candidat à la présidence de la commission européenne.

Car cela n’est pas sans poser problèmes, dans la mesure ou cette initiative peut conduire à détourner le principe de l’intérêt supérieur de la commission…avec néanmoins l’avantage décisif de re-introduire la démocratie au cœur du système.

A défaut, cela constituerait donc une solution de rechange….en attendant le prochain combat.

Une chose est sure : les chefs d’états et de partis nationaux ne peuvent déjà plus se cacher derrière la complexité de la nomination d’un président à l’échelle des partis européens pour éviter la question de la politisation de l’UE et faire en sorte que ces élections soient pourvues d’enjeux réels et visibles.

A moins de vouloir faire gagner le parti des abstentionnistes….ou ceux qui assurent que la démocratie n’a pas sa place dans l'UE ?

Ma bagnole, phénomène européen total

Les sociologues parlent souvent de « phénomène social total ».

Le foot par exemple. A y regarder de plus près, un match parle de toute la société dont il est un miroir et une miniature. On y retrouve toutes les catégories sociales, toutes les opinions politiques et souvent des enjeux à la fois nationaux, régionaux, internationaux, politiques, culturel et économiques…

Et bien, moi, ma bagnole c’est un phénomène européen total.

Pas une Mercedes, ni une « classe A », pas même une Laguna. Juste une C15 Citroën, et de 15 ans d’age. Diesel, naturellement.

Un œil Espagnol, et l’autre…

L’autre jour je l’ai trouvée sur le parking, un phare cassé. Un sombre abruti avait eu la délicatesse de me laisser un mot pour me conseiller de « mieux me garer la prochaine fois » , mais sans ajouter son numéro… con mais pas fou.

J’ai roulé un moment avec le phare cassé, avant de me décider à le changer, en commençant par appeler les casses. Évidemment, je voulais le phare gauche, et tous me proposaient uniquement le phare droit. Irritant mais prévisible, n’est ce pas ?

Muni enfin de mon phare brillant car flambant NEUF , le capot grand ouvert, j’entreprend d’extraire le phare défunt en comparant sa position avec celle du phare encore valide. Sur le métal fatigué de ce dernier, rendu orangé par l’oxydation, trône une étiquette jaunie : « made in spain ».

Sur mon phare neuf , éblouissant comme un casque de légionnaire romain est apposée une étiquette blanche : made in romania.

Du haut de mon histoire de phares ( passionnante…) 20 années nous contemplent.

Ma C15 – peut on faire plus français comme bagnole – m’éclairait avec des yeux espagnols. En réalité, elle devait être fabriquée, comme nombre d’articles français des années 80-90 ( notamment les téléviseurs), en Espagne, récemment intégrée à la CEE d’alors.

La roue tourne. 20 ans après, grâce à ces « délocalisations » d’alors l’Espagne n’est plus un pays à la traîne, et la « concurrence » espagnole ne fait plus peur au français de base. N’empêche qu’il n’en a pas toujours été ainsi.

Notre mémoire est courte, mais les politiques français ont pendant longtemps retardé l’intégration de l’Espagne, de VGE au PCF, notamment en raison du lobby des agriculteurs français….

Ironiquement, les acteurs changent, l’histoire elle demeure avec l’arrivée des roumains…qui font aujourd’hui, en Espagne même, les frais d’un rejet. Entre temps, la peur du « plombier polonais » et des « délocalisations » sont revenus en France, plus virulente encore qu’a l’epoque.

N’empêche, ma C15 française made in spain éclairera ma nuit avec un œil made in Roumanie. Et j’en suis fier. Dans 20 ans, quand les roumains auront atteint le niveau de l’Espagne, espérons qu’il s’en souviendront. J’en doute cependant.

Quelquefois, la France et l’Europe me cassent les couilles

Comme souvent avec l’Europe, tout n’est pas aussi simple. Cela aurait été trop beau.

Si mon éblouissant phare neuf était à priori exactement similaire à l’ancien, je n’arrivais pas à y faire pénétrer l’ampoule. Une horripilante excroissance métallique de quelques millimètres semblait placée la juste dans le but avoué de m’empêcher à faire passer l’ampoule….ce qui paraissait absurde.

J’ai quand même du casser une ampoule avant de comprendre ( merci Google), que les normes européennes avaient changé entre temps…ou qu’on était passé du bordel de « chacun ses normes » à « tous la même ». Bref que le culot du phare avait changé.

Avant de le comprendre, j’ai été tenté de croire aux complots les plus biscornus ( l’alliance turco-polonaise de l’internationale des plombiers ultra-capitalistes chère à Devilliers-fabius ).

Après l’avoir compris, j’ai quand même maudit les technocrates, l’AFNOR, les ministres français et les commissaires européens de m’avoir fait perdre du temps et une ampoule.

Oui, je l’avoue, la surenchère de normes, même nécessaire, me gonfle. Quand à l’inflation législative, française et européenne pour nous protéger, du tabac, de la nourriture grasse, des chutes à vélo ou des risques en sortant de la baignoire, la carrément, elle m’exaspère me casse les couilles.

Si les autorités françaises comme européennes sont conduites à cette surenchère, c’est finalement pour la même raison : comme dérivatif à leur incapacité à légiférer sur ce qui est vraiment important. L’ « Europe » qui présente un intérêt, ce n’est pas celle des « patchs » bien pensants , de « l’aide à la personne » et de la « lutte contre la discrimination » ou « l’obésité ». Celle la, je vous la laisse bien volontiers.

L’Europe qui a un sens et une importance, c’est l’Europe politique. Celle qui sera capable de prendre de vraies décisions sur la scène internationale et de diriger de manière cohérente son devenir économique. Cella la, elle reste à construire…et pour cause.

Epilogue

En réalité, il s’agit de la version courte de mon (extraordinaire) histoire.

Tout cela, en dernière analyse est du à la nécessité de changer ma plaque d’immatriculation, suite au franchissement d’une frontière, à 20 kilomètres de mon ancien domicile.

Non je n’ai pas franchi les limites d’un Etat, mais l’une de ces 100 frontières qui quadrillent la France et que le « monde nous envie »: le département. Forcement, vu que cette division administrative fut découpée à la révolution en fonction d’une journée de voyage à cheval, il n’était pas question à l’époque de plaques d’immatriculations…

Ce petit épisode administratif s’est quand même soldé au total par plus de 500 euro de frais…vu que mon salaire est loin d’être celui d’un (méchant) eurocrate, et tout aussi éloigné de celui d’un (honorable haut) fonctionnaire français, ça fait très mal. Pour pas grand-chose.

Mais ceci est l’histoire du « département », et c’est une autre (vilaine) histoire…

Bonne année - Ein gutes neues jahr - felix sit annus novus - felixcan novan jaron 2009 !

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Meilleurs vœux à la jeune UE: audace, politisation, imagination...

Audace, parce qu'il en faut pour bousculer les rouages nationaux, intergouvernementaux communautaires. Politisation, car l'UE a besoin d'un president de la commission légitime, élu par le peuple...et que les élections se déroulent en juin. Imagination, car tout reste à inventer.

Kio okazas kun la lingva diverseco ? [version esperanto]

Note: cet article est une traduction en Esperanto de la version originale en "Europanto " de l'article "que pasa with la diversité linguistic ?" , réalisé par Aleks et posté initialement en commentaire. A vous de voir laquelle est la plus abordable . Plus de traductions d'articles en Esperanto bienvenues

Niaj eŭropaj lingvoj estas ĉiuj la rezultoj de daŭra miksiga proceso. La nuntempa franca estas granda miksaĵo de klasika latina, de la latina de romiaj militistoj de la kelta, la ĝermana kaj multe pli.

Verdire, mi ne vidas, kial la lingvoj devus ĉesi evolui. Se la romianoj, en pra-tempoj, estus pensitaj tiumaniere (kaj estus sukcesintaj), la germana, la hispana, la angla, la franca kaj ĉiuj aliaj lingvoj nunaj ne ekzistus. Ni parolus nur la latinan !

Sed ili ne kapablis haltigi la evoluon. Ĉu vi opinias, ke estas stultaĵo ? Sed se vi parolas alian lingvon ĉiutage, faru tion ! La « fraspana » aŭ la « hispangla » ekzemple, kiujn parolas la homoj, kiuj havas hispanan devenon en Francio kaj Anglio : ili tre ofte miksas la du lingvojn en la ĉiutaga vivo.

Tial Diego Marani, tradukisto ĉe Eŭropa Unuiĝo, inventis la Europanto (kiun mi skribas ĝuste nun, kompreneble) : ĥaosa miksaĵo de ĉiuj eŭropaj lingvoj, sen reguloj, aŭ almenaŭ unu aparta : fari tiel, ke ĉiuj komprenu min.

Fakte, Diego Marani inventis nenion : li nur sekvis la naturan proceson. Tiu-ĉi ĥaoso estas normala lingva procezo. La malnormala estas deziri haltigi ajnan ŝanĝiĝon en la lingvoj.

Do, kial ni povas fari politikan unuiĝon, monan unuiĝon…sed estus maleble fari lingvan unuiĝon ? Kial ne komuna lingvo ? Ĉar ni devas uzi la anglan ? Se jes, kial ni ne prenis la francan parlamenton por fari eŭropan parlamenton ? Kial ni ne simple prenis la germanan markon por fari la eŭropan monunuon anstataŭ Eŭro ? Kial haltigi la lingvan proceson kiam, male, ni kreis ĉiujn kondiĉojn de miksaĵo kun libera irado de homoj en Eŭropo, ankaŭ la eŭropaj institucioj kiuj estas kiel babela turo ?

En la faktoj, se ni faros nenion (kiel nun), la angla iĝos la komuna eŭropa lingvo. Kio okazas kun la diverseco ?

La lingva demando estas malfacila. La plur-/multlingveco certe estas la plej bona solvo. Sed necesas havi politikon pli volecan, kiel Erasmus (kiel diras Newropeans) kaj (multe) pli da mono. Sed la aliaj politikaj partioj neniam parolas pri la problemo.

Iuj homoj pensas, ke la solvo estas planlingvo. Kompreneble, ne Europanto, kiu estas ŝerco. Iuj deziras la simpligitan latinan, kiu estis komuna lingvo en Eŭropo dum multaj jarcentoj. Aliaj deziras lingvon neŭtralan kaj facilan, kiel Esperanto.

Eŭropo Demokratio Esperanto estas politika partio, kiu partoprenas la eŭropajn balotojn ekde 2004 kun la espero (normala por esperantistoj) reklami tiun lingvon kiel komunan lingvon de Eŭropo.

Kial ne ? Kiel ni diris komence de tiu-ĉi artikolo, estas neniuj kialoj ne pensi pri tio, krom se vi deziras unu tagon paroli nur la anglan aŭ Europanto.

Adresoj :

Eŭropo Demokratio Esperanto: http://www.e-d-e.org/

http://www.europanto.be/ (tre amuzaj malkovrindaj tekstoj)

antaŭa artikolo pri komiksa super-heroo en pre-Europanto

Winston Churchill, premier europatriote ?

Comme vous l'avez certainement remarqué, ce n'est pas jean Monnet qui trône dans le bandeau de ce blog, mais Winston Churchill...Un Anglais ? s'exclament, ahuris, les plus virulents de nos visiteurs "souverainistes" autoproclamés, prompts à trouver la confirmation d'un complot contre la langue de Molière, le Pain Bagnat, les Assedics et tout ce qui fait notre beau pays.... Las! ce n'est pas Churchill l'anglais que je célèbre ici, mais Churchill le héros européen, celui qui, promettant du sang et des larmes, se dressa seul dans les heures les plus sombres contre la lèpre nazie, transformant les iles britanniques en dernier refuge de l'espoir...mais aussi celui qui fut le père spirituel oublié de notre Union Européenne .

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