Référendum: les banlieues votent non...
...a la France.
Pour certains, voter devient un acte de protestation. Concernant les référendum sur l'intégration Européenne, cela semble devenir une constante.
il en est d'autre à qui on ne demande même pas de voter. Leurs bulletins: des cocktails molotov.
Lors de "émeutes" de 2005, les "jeunes des banlieues" brulent ce qui était censé leur assurer une vie meilleure : l'école du coin, le centre social du quartier ou la supérette encouragée par les pouvoirs publics locaux.
Sacrilège ! s'exclament les responsables politiques conservateurs.
Comment peut-on être si "sauvage" au point de saborder les services publics que leur apporte la République ?
Croyez vous "qu'ailleurs" on vous prodigue autant de largesse ?
Mais enfin ! s'exaspère la gauche compatissante...
Est-ce là une manière utile, et une manière tout court de protester ?
D'ailleurs quel est le message ? que voulez vous, que proposez vous de concret, à part la destruction ?
Rien.
Ces jeunes "issus de l'immigration" se sentent si exclus par une République Française qu'ils perçoivent comme lointaine, abstraite, indifférente, qu'ils ne conçoivent pas l'action autrement que par une révolte brute destinée à "tout casser"
Paradoxe : ils exècrent la france en étant de facto français, et détruisent l'environnement dans lequel ils doivent continuer à vivre. De toute façon, ils savent bien que les écoles seront reconstruites. Et d'ailleurs qu'importe...
Pour vous, cher et improbable lecteur, tout cela semble évident.
La politique que mène la france est une chose, ses institutions en sont une autre, vous dites vous.
il vous semble que ce n'est pas en affaiblissant le régime, voire en détruisant la france...que les français y gagneront.
il faut faire de la politique pour changer les choses. A moins d'être un adepte du survivalisme, avec une réserve conséquente de munitions et d'armement ( n'oubliez pas l'ouvre boite pour les boites de conserve), tout cela va de soit.
Et pourtant, la logique des "sauvageons" est bien exactement la même qu'ont suivit des millions d'électeurs français (notamment) consulté sur l'Europe.
Dans leur insatisfaction, ils s'en sont donné à cœur joie contre cette Europe "lointaine", abstraite, "indifférente" avec la volonté de casser "cette l'Europe des technocrates" honnie...se tirant joyeusement une balle dans le pied, tout en pensant que de tout façon, les choses continuerons bien de tourner.
Même avec des intentions apparemment plus nobles, et un erzatz de rhétorique politique (une "autre Europe"), le malentendu tragique n'en est que plus patent.
On demande aux électeurs de se prononcer pour la construction d'institutions permettant à l'Europe de fonctionner à l'unisson. Et ils se prononcent, dans le meilleur des cas, sur tout autre chose : la politique menée actuellement par les pays membres qui la compose.
Or cela n'a absolument rien a voir.
Tout comme les jeunes des banlieue brulant l'école de leur quartier et la voiture de leur voisin de pallier, les électeurs européens foutent le feu à leur porte-monnaie et à leur avenir.
Tout comme les jeunes des cités ne voulant plus différencier leur pays, la France, d'avec sa politique et sa ploutocratie, les européens ne savent plus différencier leur maison, l'Europe en chantier, d'avec la politique menée par les états membres, dont le leur.
L'Europe n'est encore qu'une construction fragile, le dernier mot revient encore aux États. Rien ne se fait sans leur accord.
Vous n'êtes pas satisfait ?
Prenez vous donc en d'abord aux premiers responsables: les technocrates de votre pays, beaucoup plus nombreux et puissants que ceux de l'UE
Ou mieux encore , faites de la politique pour améliorer les choses en Europe.
Mais pour faire de la politique , il faut d'abord des institutions qui fonctionnent...%%
On en revient toujours là: les institutions européennes ne seront pas parfaites, mais elles seront meilleures.
imaginez que les jeunes de banlieue abandonnent les émeutes et rentrent massivement en politique française... Mais si c'est là ce que l'on voudrait, il faudrait déjà que leur ainés et électeurs responsables montrent l'exemple et sachent faire preuve de discernement.
Dans le cas contraire, ils feraient tout aussi bien de bruler les poubelles de leur quartier.
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Commentaires
"Pour certains, voter devient un acte de protestation. Concernant les référendum sur l'intégration Européenne, cela semble devenir une constante"
En voilà un discours qui nous change des la propagande officielle, Maitresinh !!!!
On fait semblant de s'intéresser à ces gueux trop bronzés qu'on a entassés dans des univers littéralement concentrationnaires, stigmatisés par leur localisation pour tout (un emploi, l'accès à la culture...), harcelés par une police plus prompte à la chasse au faciès qu'aux investigations sur les turpitudes en col blanc -- et puis quand ils finissent par utiliser le seul mode d'expression qui leur est appliqué quotidiennement, alors les bons-esprits-rationnels-et-responsables... les renvoient à leur stigmatisation : cela s'appelle un cercle vicieux.
Rappelons au passage à tous ceux qui l'ont oublié, que ces émeutes ont commencé après la mort de 2 jeunes coursés par des policiers sur la seule base de leur aspect - mais bon on va occulter ce fait générateur, puisqu'il ne sert pas à la belle rhétorique du "populo"-qui-ne-comprend-rien et qui ne cherche qu'à se tirer des balles dans les pieds.
Continuons à nous raconter qu'il serait bon pour nous de développer le libéralisme ultra mondialisé et anti social qui est la colonne vertébrale réelle de tous ces "traités" qu'on essaye de nous vendre comme le summum de "l'Europe" ! et à passer par pertes et profits que cela nous ramène dans le giron de l'otan - autant dire la chair à canon des grands "stratèges" barbouzards états-uniens dont les agressions font chaque année des dizaines de milliers de victimes civiles (Kosovo, Irak, Afghanistan et maintenant la Géorgie après l'Ukraine... ah, j'oubliais, c'est eux qui ont poussé le gouvernement géorgien à attaquer ses provinces séparatistes, mais c'est devenu en un tour de main par la propagande éhontée des "medias" européens une agression russe... bon, chacun se débrouille avec sa dignité !)
Et évacuons le fait que pratiquement TOUS les peuples européens, s'ils avaient été consultés, auraient rejeté ce projet de déconstruction sociale et humaine.
et nous nous étonnerons ensuite du retour des droites dures en Europe occidentale !
Ce ne sera pas mon cas !
Marie
bonjour Marie
merci de cette visite. Si votre commentaire commence bien, je dois avouer qu"il se transforme ( a mes yeux) par la suite en gloubi-goulba "gauche française" qui est aussi politiquement correct que la "langue de bois" gouvernementale que vous fustigez avec raison.
Apparemment, vous n'avez pas compris, ou plus probablement pas lu l'article jusqu'à la fin.
L'idée de cet article est né en discutant avec un "noniste", fonctionnaire de son état, et qui se prétend anarchiste (sic).
il commença par sortir le discours sur "l'autre europe" ( ce que vous faites) pour finir par dire que de tout façon, l'europe c'est tout pourri et ya-qua-tout-casser.
, et qu'il n'y a aucun salvation, reforme ni avancée imaginable (hormis la republique jacobine, qui reste la reference)
Cette volonté aveugle de "tout casser" qui se tapie sous le discours bien pensant de "l'autre europe" m'a étrangement rappelé les "émeutes" de banlieue
je me cite :
"Tout comme les jeunes des banlieue brulant l'école de leur quartier et la voiture de leur voisin de pallier, les électeurs européens foutent le feu à leur porte-monnaie et à leur avenir.
Tout comme les jeunes des cités ne voulant plus différencier leur pays, la France, d'avec sa politique et sa ploutocratie, les européens ne savent plus différencier leur maison, l'Europe en chantier, d'avec la politique menée par les états membres, dont le leur.
L'Europe n'est encore qu'une construction fragile, le dernier mot revient encore aux États. Rien ne se fait sans leur accord.
Vous n'êtes pas satisfait ?
Prenez vous donc en d'abord aux premiers responsables: les technocrates de votre pays, beaucoup plus nombreux et puissants que ceux de l'UE
Ou mieux encore , faites de la politique pour améliorer les choses en Europe.
Mais pour faire de la politique , il faut d'abord des institutions qui fonctionnent...
On en revient toujours là: les institutions européennes ne seront pas parfaites, mais elles seront meilleures."
Bien évidemment, moi aussi je suis pour une "autre" Europe. elle est claire : pour être démocratique, c'est le parlement européen, qui représente les citoyens, qui doit avoir la préséance. La commission soit être nommé par le parlement pour devenir un véritable gouvernement democratique.
Il existe une solution simple pour y parvenir, contrairement aux discours sur sur la "convention européenne", qui n'a aucune chance de parvenir à exister, car les etats s'y opposeront ( mais les partisans de "l''autre europe" n'en ont cure, car en réalité, il se satisfont bien de pas d'europe du tout)
plus de détails ici : http;//who-is-your-candidate.eu ( ou sur ce blog)
C'est bien la cœur du problème : l'europe que vous fustigez, c'est une europe qui dépend des états, en particulier de l'état français.
Enlevez l'europe et rien ne change, vous aurez toujours le president que les français on élu...et qui fait que l'europe est ce qu'elle est.
Le mieux est encore, toujours de faire de la politique, en votant.
Merci pour cet article, pour le fond mais aussi la forme! Les émeutes des cités sont un sujet compliqué et souvent interpreté n'importe comment, mais cette comparaison inattendue me plaît!
Attention à ne pas sous-estimer certains traits spécifiques aux référendums: les casseurs savent qu'il s'agit de leur voiture et de leur quartier qu'ils démolissent (ndlr: aucune voiture attaquée dans les quartiers aisés), tandis que les électeurs ne savent pas, en majorité, qu'ils disent non à plus de démocratie.
N'oublions pas que la majorité des électeurs qui ont voté non 1) ne sont pas allé voté en 2004 aux élections européennes (mais veulent plus de démocratie) et 2) ne savent pas que le Parlement Européen est élu au suffrage universel direct.
La solution? L'éducation, d'abord.
Et oui Schams
l'ignorance est mère de la bêtise...le désespoir aussi parfois.
je trouve donc les jeunes de banlieues bien plus excusables que citoyens des "classes moyennes" qui ont accès a l'éducation de la république et dont les problemes sont tous relatifs...