Pêcheurs, ne tirez pas sur le facteur
il est des préjugés tenaces qui tiennent à l'évidence des images : les pêcheurs manifestent, souffrent, il y a forcement un responsable: l'Europe. 
Passons rapidement sur un fait oublié: si le pétrole est cher (principale cause de leur difficultés), il le serait beaucoup plus sans un euro fort. C'est un fait, l'euro réduit ( et c'est là sa mission: la stabilité des prix) le cout du carburant. Même s'il reste élevé, il l'aurait été bien davantage avec le franc ou la peseta.
Mais tout cela ne dis rien du principal élément du problème que nous perdons de vue: pourquoi les quotas existent-ils ?
A quoi servent ils ?
il est étonnant qu'il faille rappeler un fait aussi trivial: les quotas de pêches sont nécessaires en raison de l'épuisement des ressources en poisson des zones de pêches européennes continentales.
il est tout à fait possible d'adopter une politique "libérale" et supprimer tout quota : en moins d'une génération, il ne resterait plus aucun pécheurs, car il ne resterait plus aucun poisson.
Les adeptes du complot auront vite fait de dénoncer les pêcheurs "industriels" en les opposant aux "petits pêcheurs". Peut être, quoique la réalité contredise ce rousseauisme récurrent .
Mais admettons.
Faut il alors renoncer à 10 000 emplois industriels pour en sauver 100 ?
L'employé d'un bateau-usine "vaut" il cent fois moins que celui du marin pécheur ?
Avant l'instauration d'une politique commune de pêche, les pêcheurs français ou espagnols , poussant de plus en plus loin sur les mers "territoriales" de l'autre pays, se retrouvaient souvent en conflit physique. En clair ils se cognaient dessus à coup de rames pour défendre "leur" zone. En l'absence de règles, le tribalisme agressif reprend vite ses droits, quelquesoit l'époque et le lieu.
C'est précisément là ce que cherche à éviter l'UE par des règles qui mettent un frein draconien au libéralisme lorsque c'est nécessaire. La politique de pêche est littéralement "anti-libérale".
Il n'y a pas de remèdes miracle. L'UE ne fait que gérer au mieux des ressources qui s'épuisent et tous se sentent frustré. L'UE fait le "sale boulot", en apportant les mauvaises nouvelles, mais elle ne les crée pas.
Pour filer la métaphore : tirer sur le facteur ne change rien à la mauvaise nouvelle.
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Commentaires
Le problème avec les quotas de pêche, c'est qu'ils ne lient que les pays européens. Dans une vidéo récente (ne me demandez pas laquelle, je ne voudrais pas la rechercher), Nicolas Dupont-Aignan dénonce l'absurdité des quotas en Méditerrannée: Je crois qu'il s'agissait d'un autre poisson que le thon rouge. En UE, on en pêchait 30 000 tonnes, 190 000 en Turquie et en Lybie...
Par contre, pour le thon rouge, il y a une association inter gouvernementale... Après, je crains qu'il ne faille accorder à ce type d'organisation beaucoup moins de crédit qu'à l'UE...
salut Tythan
je crois que là vous deviez être mal réveillé : bien sur que les quotas de peches ( entre autres) ne lient que les europeens..puisqu'il s'agit d'une politique européenne !
Cela ne change rien au problème que vous décrivez et qui est bien réel : la gestion des ressources et l'écologie ne connaissent pas de frontières nationales, et même au niveau européen, ce n'est pas toujours suffisant.
Je ne sais pas si vous vous en rendez compte, mais votre exemple plaide ainsi pour l'entrée de la turquie dans l'UE : elle devrait respecter les quotas europeens ( énormément plus réduits) et en plus partager ses eaux territoriales.
L'exemple de la peche s'avere finalement tres riche d'enseignements, si on pousse plus avant.
Ce sont souvent des lobbies economiques qui font pression pour conserver leurs avantages et rester en dehors de l'UE. La norvege et l'islande, qui se sont prononcées contre l'entrée dans l'UE...le doivent aussi a l'opposition du secteur économique de la pêche, qui souhaite conserver la main mise sur les ressources...
L'erreur que l'on commet est souvent de confondre spontanément l'intérêt d'un secteur économique avec "celui de la nation"
L'exemple de la turquie montre qu'un pays (et sa population) peuvent vouloir joindre l'UE en dépit de l'intérêt évident d'un secteur économique national.
Pourquoi ?
Parceque l'intérêt d'un secteur économique ne vaut pas qu'on y sacrifie tout le reste de l'économie nationale : les turcs ont beaucoup plus a gagner que ce que certains secteurs ont a perdre.
Sans compter qu'en fin de compte, s'ils continuent comme cela, il n'y aura de toute façon plus de poisson...
Salut Maîtresinh,
Je ne conteste pas vraiment votre analyse...
Pour ma part, je ne suis pas vraiment hostile à l'entrée de la Turquie dans l'union européenne, qui signerait la fin de l'idée d'une idée d'union politique (beaucoup à droite et extrême droite le pense tout bas, les nonistes de gauche pour d'autres raisons toutes aussi peu avouables). Mais NDA est vent debout par rapport à cela (comme quoi c'est un véritable européen...).
Mais votre raisonnement ne changerait rien à l'affaire: resterait toujours la libye, qui est dans l'incapacité d'intégrer l'UE à moyen terme (ni jamais). Mais ma foi, si l'union pour la Méditerranée pouvait solutionner le pb, j'applaudirai. (et j'y crois, bravo à notre président pour cette initiative, malheureusement gâchée par l'intransigeance de l'Allemagne).
Une petite erreur toutefois: il existe des accords de pêche multilatéraux sur le thon rouge en Méditerranée au moins, liant l'ensemble des pays de cette mer. Aller voir par exemple http://fr.wikipedia.org/wiki/Commis...
Je suppose que c'est l'UE qui négocie ces quotas de pêche qu'elle répartit ensuite.
Plus que des stocks décidés, le problème vient surtout à mon avis du respect de ces stocks. Déjà qu'en UE il semble y avoir beaucoup de braconage, qu'est ce que cela doit être dans des pays moins développés...
on est donc d'accord : la politique europeene est necessaire...mais pas suffisante.
On pourrait ajouter qu'elle est l'aiguillon qui permet de developper sur la planete entiere des politiques ecologiques ( sans l'europe...tout le monde s'en foutrait).
Vous avez raison sur les ambiguitées de la Turquie. Si ej suis votre raisonnement, le pen et devilliers, qui veulent couleur l'UE, aurait interet a ce que la turquie y rentrent.
Comme quoi, ils sont plus betes que machiaveliques...
Le probleme de l'intergration de la turquie ne reside pas tant dans les turcs...que dans les phantasmes des beaucoup europeens. Deja que la phobie du plombier polonais a frappé, imaginez vous l'hysterie avec 70 millions de turcs.
Sans compter qu'il est deja assez difficile d'approfondir actuellement...la france et l'allemagne l'ont d'ailleurs rappelé: plus d'elargissement sans une reforme des institutions.
mais on s'eloigne.
Bon, je my colle, je viens de rentrer, la. En ligne dans un quart dheure. Tu parles d un plaisir, tu gagnes un truc et t es obligee de bosser. Merci Zoizo, rien que du bonheur !