Margaret Thatcher : l'euro ? ça marchera jamais !
La citation exacte est : The European single currency is bound to fail, economically, politically and indeed socially, though the timing, occasion and full consequences are all necessarily still unclear.
Autrement : "ça marchera jamais. Je ne saurais pas vous dire pourquoi (ni quand), mais c'est sur, ça marchera jamais".
C'était il y a une dizaine d'années. On se contentera aujourd'hui de jeter un œil à ceci :

il s'agit bien sur du cours de l'euro en livre sterling, jusqu'à aujourd'hui.
Amusant ?
Pas vraiment.
Pas pour les britanniques, qui se sont appauvris mécaniquement en perdant le tiers de leur "pouvoir d'achat" face au reste de l'Europe.
Pas vraiment si on songe à la situation de ce pays.
Encore moins, quand on se rend compte que malgré l'évidence, les "ultra-libéraux" (les Tories, ou "conservatives" en vo) continuent de penser que l'euro est le mal incarné.
Pourquoi ? Parceque bien sur.
L'ex Dame-de-fer est un peu comme une personne qui, refusant de croire en dieu (ce n'est certes pas son cas...) dirait "il n'existe pas", puis se sentirait obligée d'ajouter "et en plus, il est mauvais, ce dieu".
L'euro n'est pas davantage divin que la Livre Sterling. Mais son relatif succès est devenu une évidence criante par rapport au Pound solitaire, qui prend de plus en plus des allures d'idole sacrée.
Un doute m'assaille : ou est passé le célèbre pragmatisme britannique ?
Je n'ose imaginer que ce refus aveugle et sourd, même lorsque la barque sterling prend l'eau, s'apparente à ce qu'il semble être: du dogmatisme idéologique. Voire pire encore.
Shocking isn't it ?
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Commentaires
Cher Maîtresinh,
Vous vous faisiez rares ces derniers temps!
Une petite réaction à chaud, j'espère pouvoir y revenir plus tôt.
Vous semblez prendre pour preuve de la réussite de l'euro et de l'erreur du Royaume-Uni de ne pas l'avoir adopté les taux de change entre les deux monnaies, qui se sont révélés ces derniers temps favorables à l'euro.
Pardonnez-moi de vous dire que cette vision est tout à fait naïve. Dire que les Britanniques ont perdu le tiers de leur pouvoir d'achat est tout à fait incomplet. Ils ont perdu un tiers de leur pouvoir d'achat sur les produits et services vendus en Euros serait plus juste!
En réalité, il semble bien que cette brutale baisse des cours réponde à une volonté du gouvernement britannique, obligé de créer de grandes quantités de monnaie pour éviter la faillite de nombre de ses grandes institutions. Après, il faudrait enquêter plus avant pour découvrir les raisons de la baisse de la Livre par rapport à l'Euro.
A mon avis, la phrase de Margaret Tatcher se réfère à la théorie des zones monétaires optimales, développée par Robert Mundell dans les années 1960 il me semble. Et je serais vous, je me garderais de jeter la pierre à la dame de fer, qui, sur ce point, n'a sans doute pas dit son dernier mot.
La crise frappe en effet durement l'Europe, mais selon des modalités différentes, et il n'est pas dit que tous les pays de la zone Euro puisse s'y maintenir. J'en prends pour preuve la différence de taux entre les emprunts des différents Etats: les investisseurs savent qu'il n'y a pas de solidarité intereuropéennes ou du moins qu'elle a ses limites. Les conditions de la zmo ne sont donc pas remplies, témoins d'une certaine faiblesse de l'euro.
Ainsi, l'Espagne a eu les plus grandes difficultés à surmonter le maintien des taux d'intérêt à un niveau relativement élevé (par rapport au reste du monde s'entend) imposé par la BCE.
Entendons nous bien, ce n'est pas souhaitable, mais une explosion de l'euro est tout à fait possible!
bonjour Tythan
Les but de mes articles n'est pas de réaliser une énimene NANAlyse savante, mais de prendre de petits chemins de traverses, si possibles en rigolant un bon coup.
Je ne sais pas si l'euro, le franc ou le dollar vont "exploser".
Par contre, les " predictions" de la dame de fer sont a mourir de rire a plus d'un titre. Sur la forme ( "je sais pas quand ni comment"), et sur le fond.
Car les dévaluations, si elles sont "decidéees" par un gouvernement (en l'occurrence le britannique) sont une politique de fuite en avant....le même scénario s'est deja joué dans les années 70, avec un GB au bord du gouffre ( et ironie du sort, c'est la dame de fer qui y a mis fin).
Étranges contradictions isn't it?
Allons un peu plus loin : oui, les dévaluations n'affectent "que" les échanges avec l'UE., qui ne représente "que" 65-70 % des echanges de la GB, UE oblige !
Je ne parle même pas de leur contribue au budget de l'UE, qui va mécaniquement augmenter de 30 % d'ici quelques mois. L'addition va être salée...
Enfin bref, rdv dans 10 ans, et nous verrons si les "prédictions" de Tatcher se sont réalisées, et si la livre sterling règne sur le monde comme au temps de l'empire...
Personnellement, je pense que d'ici la, nous aurons l'euro et le Yuan comme premières monnaies mondiales, aux cotés du dollar tres affaibli, le tout régulé par un monnaie "commune" mondiale servant de référence...
Le XXI siecle ne fait que commencer.
Mais justement!
Vous avez tout à fait tort lorsque vous assimilez les dévaluations à des fuites en avant. Toutes n'ont pas été des réussites, c'est le moins que l'on puisse dire, mais certaines ont permis de spéctaculaires redressement. Pour parler du présent ou du moins de l'histoire récente, le yuan chinois a bénéficié d'une sous-évaluation manifeste qui est pour une grande part dans la réussite chinoise (mais qui créé bien sûr des déséquilibres ô combien dangereux!).
Aujourd'hui, dans libération, je viens de lire une tribune de Thomas Picketty qui craint une explosion de l'union monétaire, rapportant des spéculations contre l'Irlande. Cela va vous faire plaisir, mais l'auteur en appelle à une certaine unification fiscale entre les pays de l'UE! Empêcher le dumping fiscal entre les pays de l'UE serait à mon avis une bonne chose... Mais on est malheureusement très loin!
Ce qu'il est souhaitable, c'est un échantillon de monnaies servant de monnaie internationnale. Il me semble d'ailleurs que c'est ce que Keynes avait proposé avec le bancor lors de la conférence de Bretton Woods. C'est malheureusement l'américain white qui l'a emporté, le système volant en éclat en 1973 (ou 1971 avec l'abandon de l'étalon or).
J'ai un peu du mal a vous suivre sur les dévaluations, car votre exemple celui de la Chine, me parait mal choisi. D'abord, parcequ'il est une des causes de la crise ( les chinois pratiquant la une guerre economique larvée par la dévaluation, en diminuant leur prix), ensuite parceque , franchement, je ne pense pas que les européens veuillent imiter le "modele chinois". En clair la dévaluation dans cet exemple precis montre le coeur du probleme: elle specialise le pays dans une economie de "bas couts", donc de bas salaires.
Pour le dumping fiscal de l'UE...en fait on est pas si loin que ça...comme vous le savez, la clique Ganley-libertas fut l'une des opposantes les plus farouches au traité de lisbonne, au pretexte justement de la "liberté", celle de ne "pas payer plus". Il fallait entendre par la : touche pas a mon pognon.
Vu que l'irlande connaît des taux de croissance de -10 % et la fin de son modele économique qui consiste a etre un porte-avion de l'ecomomie americaine en europe, cela ne va pas durer de toute façon.
Je dois reconnaitre a votre leader l'honnete intellectuelle d'avoir écarter toute alliance avec ces individus, ce qui aurait été contraire à vos principes.