L'Europe doit-elle continuer à subventionner 100 fois plus les patates que la recherche spatiale ?
J'ai posé la question au journal l'express, dans le cadre de sa campagne "sauvons les élections de l'ennui", qui a eut l'insigne l'honneur d'être sélectionnée avec quelques autres parmi la foultitude de propositions des visiteurs, preuve au passage que l'Europe est loin de susciter l'indifférence...
Cette proposition doit maintenant franchir la "ceinture d'astéroïde" du vote populaire. Cliquouillez donc si vous pensez que cette question est pertinente !
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections-europeennes-2009/vote/default.asp#
(Au fait tant que vous y êtes, vous pouvez voter pour "Pourquoi ne pas élire un président de l’Europe?", merci pour lui )
Pour ceux qui se demanderaient de quoi je parle, c'est assez simple : Le budget de l'UE est consacré à plus de 40 % à la Politique Agricole Commune (PAC)
Je le répète façon obelix et compagnie : presque la moitié des sous-sous de l'europe partent dans la poche des peknos agriculteurs.
Or, bientôt, juste après ces élections aura lieu le grand marchandage du Budget de l'UE, déjà bien rikiki avec ses 1 % du PIB européen. il est déjà prévu que la PAC doit être repensée....alors pourquoi ne pas répartir un peu plus justement les dépenses ?
le premier service public européen
Rappelons également que l'UE n'a pas encore de programme ni de politique spatiale proprement dit.
L'agence spatiale européenne, l'ESA, est un regroupement d'États, dont certains ne font pas partie de l'UE (dont la suisse, et même le Canada qui y est associé). La règle est celle du "retour sur investissement", c'est à dire je met un euro, je récupère un euro (Contrairement au budget de l'UE ou on contribue en fonction de ses moyens, et on récolte en fonction de ses besoins, principe de solidarité élémentaire identique à celui des budgets nationaux)
Néanmoins, l'UE est conduite à se rapprocher de l'ESA, pour des raisons évidentes. Le projet de GPS Européen Gallileo, longtemps paralysé par le marchandage inter-etatique a enfin pu voir le jour en 2008 avec la participation directe du budget de l'UE.
Gallileo, géré en commun, accessible à tous et crée par des fonds publics européens, devient ainsi de facto le premier service public européen
Déjà, avec ses 2 milliards d'euro (soit 10 fois moins que le budget de la NASA et 23 fois moins que le budget de la Politique Agricole Commune !), l'ESA parvient a faire des miracles. Cette année, son premier vaisseau spatial, l'ATV Jules Vernes est devenu de loin le plus fiable et le plus perfectionné au monde, capable de transporter une charge en orbite et de s'arrimer à la station spatiale internationale complètement automatiquement.
Les russes ne s'y sont pas trompés et ont proposé de l'utiliser dans le cadre d'une mission lunaire euro-russe. La question de transformer l'ATV en vaisseau spatiale accueillant des astronautes européens n'a pas été tranchée par le conseil de l'UE (les représentants des Etats)...
Innover ou crever ?
Enfin, il est utile de le rappeler, l'investissement dans la recherche, et particulièrement dans l'espace génère non seulement des emplois à court terme, mais aussi à très long terme. En période de "crise" économique, cette relance en vaut très largement une autre.
Face à la concurrence des pays spécialisés dans des produits à faible coûts de main d'œuvre, les européens n'ont d'autre choix que faire la différence par leur avance technologique....
Et si une chose est certaine, c'est que que dans le domaine spatial, aucun État européen ne pourra rien réaliser d'ambitieux seul. Autant en tirer la conclusions qui s'impose.
La question se pose donc réellement : s'il est utile et nécessaire de financer les patates, peut être devrait on aussi lever un peu plus les yeux vers l'horizon et fonder une "Politique Spatiale commune européenne" intégrant enfin l'ESA à l'UE ?
Références
Voir aussi cet article traitant du sujet en détail
L'affiche est une création originale détournant la campagne officielle du Parlement Européen. Vous pouvez l'utiliser librement à condition de citer ce blog avec un lien.
Le poster ci dessous est un remake d'un graphisme publié sur www.europatriotism.eu dans le cadre d'une exposition de visuels pour la fete de l'Europe, le 9 mai prochain...meme remarque sur les droits.


PAC : l’indépendance est dans le pré
PAC : la reine encaisse l’argent
Qu’est-ce donc que la charte des droits fondamentaux ?
En Italie, le retour de la faucille et du marteau ?
Des paellas archi-salées dans les assiettes des citoyens européens
L'Europe, un territoire politique encore à conquérir !


Commentaires
Bonjour,
la question peut paraître pertinente (pas le temps de lire le développement), cependant elle appelle quelques remarques :
- moins de PAC signifie aussi que nous acceptons de payer beaucoup plus cher notre nourriture (pour moi pas de problème, mais pour vous?)
- Il faut comparer ce qui est comparable : les patates se mangent, pas les satellites! Faites vos comptes vous acceptez aussi de payer plus cher de nourriture chaque année que d'ordinateur est-ce-que ça vous choque?
-la PAC ne devrait pas subventionner à l'exportation ce qui tue les agricultures vivrières de nombreux pays en voie de développement et booste les transports et la production de GES qui va avec,
- il serait souhaitable que la PAC finance l'agriculture bio (génératrice d'emplois et moins polluante) plutôt que les grandes exploitations industrielles très mécanisées.
Salutations,
VB.
Merci de votre commentaire Vincent
Ces articles n'ont pas la prétention d'etre des "livres blancs". Bien sur on pourrait aborder la chose sous l'angle d'un gros dossier qu'aucune personne "du commun" ne lira ni meme ne connaitra jamais. Le parti pris ici est plutot le contraire
- sur la PAC: reduire les aides signifie proteger moins notre agriculture, mais pas forcement de voir les prix augmenter. Si les agriculteurs européens sont subventionnés, c'est en grande partie pour faire baisser artificiellement leur prix , en europe et a l'exterieur. Autrement dit, les prix reels, ceux du marché mondial sont en general inferieurs. Une disparation des aides signifierait surtout plus d'importations, mais pas de hausse substantielle, peut etre meme une baisse
- pas d'ccord avec vous sur la non comparaison patates/satellites. Ce n'est pas eux qu'on compare ! C'est la aprt des budgets qui leur sont alloués ! En clair, on a beaucoup trop de patates ( meme pour ceux qui adorent les frites et le gratin dauphinois, moi entre autres), et trop peu de satellites.
- cet article un peu ironique n'est pas tourné contre les agriculteurs ( dont les situations et les interets sont d'ailleurs tres différents). Personnellement, je pense que la PAC est importante pour des raisons de souveraineté européeenne ( securité alimentaire), et pour des raisons culturelles et ecologiques ( maintenir l'environnement et les paysages). Mais comme vous le faites remarquer, elle doit être réorientée.
Cette derniere remarque est implicite dans cet article.
D'habitude, on ne parle que de elle, et jamais de ce qu'on pourrait faire en plus de la PAC, ou avec une infime (!) partie de cet argent.
bref:
Reformer la PAC, c'est arreter de couler les économies rurales du tiers monde.
Dans le meme temps, developper une Politique Spatiale commune, c'est nous donner les moyens de rester dans la course contre ces même économies, aux couts salariaux plus bas, sans leur porter préjudice.
Excellent! si tu ne vois pas d'inconvénient, repris dans le NM de ce jour (relecture faite).
Innover ou crever, cela résume tout, les patates, la PAC et l'environnement, comme la recherche spatiale...
Bonne journée
Marianne
Pas de problemes, rependez le mildiou de l'espace
!
Peut etre que mon fils aura une chance d'aller sur la lune. Ou mon petit fils sur mars. Et on mangera toujours autant de patates.
Mais bon, les politiques savent (imaginent) que ce n'est pas un theme rentable. Ben ils se plantent !