Tout anglais : "i wanna fuck you in the ass...i wann" (allez, tous en coeur !)
Moins d'un mois avant les élections Européennes...et je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, je n'ai pas entendu un seul mot sur la question des langues en Europe. Et là, ce ne sont pas les "technocrates" les responsables, mais nos politiciens qui pensent peut être que cette question n'est pas rentable électoralement.
En attendant, le tout anglais gagne du terrain. Pour un projet d'union " dans la diversité", ça la fout quand même mal. Sans parler de l'exclusion des centaines de millions d'européens qui maitrisent mal (ou pas) l'anglais.
Non pas qu'il y ait aucun complot. Juste de l'inaction,qui conduit au plus petit dénominateur commun. Car la question est si complexe qu'il faudrait plus d'imagination, d'audace (et aussi, des moyens financiers).
Allez, en vrac :
- Multiplier les moyens d'erasmus pour qu'étudier en Europe ne soit plus réservé à une élite ( 1 % des étudiants !). Et quand je parle de multiplier, c'est minimum par 3
- Développer des échanges du même types, à tous les ages et dans tous les milieux professionnels, avec un cadre légal, des bourses d'échanges de postes et de logements pour un temps déterminé, avec le soutien financier de l'UE
- Briser le tabou des langues de travail, en établissant clairement des langues "majoritaires" (allemand, français, anglais, italien + polonais et espagnol) , voir celui d'une langue auxiliaire artificielle (espéranto, latin simplifié)
- privilégier systématiquement par loi les programmes de télé en VOST.
- instaurer des congés payés linguistiques comme au Luxembourg
- institutionnaliser le principe selon lequel tous les fonctionnaires européens doivent impérativement maitriser au moins deux ( voire les trois) langues de travail et en comprendre deux autres. Et faire de la maitrise des langues un élément de notation encore plus proéminent, en privilégiant aussi les langues "non majoritaires"
- etc, etc...
En attendant, poursuivons notre exploration de la communication tout-anglais aujourd'hui avec ces quelques pubs de Berlitz...
L’exemple espagnol : le complexe d’autosuffisance
A Bruxelles, un statut linguistique à part
Bolzano, la fac polyglotte
L’école grandeur Europe
Laura Cesana : « Construire des ponts entre les pays »
Christine Albanel lance la Semaine des cultures étrangères à Paris


Commentaires
"Multiplier les moyens"... donc augmenter le budget européen... Gros problème qui ne rique pas d'être résolu en ces temps de crise.
et oui mon bon monsieur...encore la faute a l'euro ça
elle a bon dos la crise...n'empeche, on pourrait picorer quelques petits millard à la PAC, chez les gros cerealiers et autres , non ? ( ça y, je suis politiquement foutu...)
Très intéressant article!!! Il y a des bonnes idées, des propositions sympathiques, et de l'humour, qui hélas n'est que trop vrai.
L'anglais, par sa difficulté, joue souvent comme une "langue de blocage". Cela signifie que ceux qui ont échoué à se l'approprier au bout de un ou deux ans, seront nombreux à ne plus vraiment s'intéresser aux autres langues. (voir note 1 en bas)
De plus, son imposition de facto comme langue véhiculaire crée une disymétrie entre Europe du Nord et Europe du Sud (et même du centre).
Plusieurs autres démarches seraient possibles.
Par exemple, commencer en Italie, Espagne, Portugal et France par enseigner une langue latine. Et n'introduire une autre langue (pas forcément l'anglais d'ailleurs) qu'en LV2.
Mais bien entendu, la solution la plus rationnelle serait d'utiliser, dans le plus grand nombre de pays possible, l'espéranto comme __initiation__ des jeunes enfants à pratiquer une autre langue que leur idiome maternel (à partir de 5 ou 6 ans, à raison de 4 fois 30mn hebdomadaires, initiation continuée à raison d'une heure les deux premières années de secondaire). A partir de 9 ans, il y aurait aussi une découverte de l'interlinguistique (initiation aux principales langues européennes, chacune pour environ 6 mois). A 11 ou 12 ans les enfants opteraient pour une LV1 étudiée à fond. A 13 ans, ils choisiraient leur LV2.
Ce projet, parfaitement REALISABLE, donnerait une base solide d'espéranto à TOUS les enfants (une sorte de LMG "langue minimum garantie"), et leur ouvrirait l'esprit aux langues les plus pratiquées (français, italien, espagnol, allemand, polonais par exemple). Cela n'évacuerait pas l'anglais, qui pourrait (ou pas, suivant leur choix*) être abordé avec plus de profit vers 11 ou 12 ans.
Mais, à la suite des événements de ces dernières années ou derniers mois (crise financière etc...) nous savons bien que le bon sens n'est pas la caractéristique principale des décideurs politiques, influencés qu'ils sont par des groupes de pression et des intérêts particuliers.
remarques:
1* Sur la difficulté de l'anglais, voir Claude Piron sur Youtube:
Les langues: un défi - 8. Le fonctionnement du cerveau
http://www.youtube.com/watch?v=zYN7...
2* son étude deviendrait moins "impérative" puisque de nombreux enfants auraient des bases solides d'espéranto!
Ced: la solution "espéranto + diversité linguistique" telle que je l'esquisse a le mérite de ne coûter pratiquement rien.
N'importe quel instituteur ou prof de langue peut ajouter l'espéranto à son arc, moyennant une petite formation de deux semaines et un auto-apprentissage sur Lernu.net ou avec le ikurso (voir votre moteur de recherche favori)
Elle a l'inconvénient de déplaire à tous ceux qui pratiquent la religion de l'incontournabilité de l'anglais, et d'aller à rebours du credo libéral, qui est étroitement lié à la langue de l'Empire...
L'Europe encourage le multilinguisme ? Ou pas ?
http://ec.europa.eu/culture/portal/...
Si vraiment une langue est une porte ouverte à une culture, le "tout-anglais" est une porte claquée au nez des cultures italienne, allemande, grecque, slaves, espagnole, scandinaves...
Une Europe qui protégerait toute ses cultures enseignerait, encouragerait et utiliserait à égalité toute ses langues, s'opposerait à ce qu'une seule langue nationale soit l'unique vecteur de communication, et promouvrait une langue neutre et équitable (par ex. l'espéranto, ou une autre langue existante ou à créer) régulière, logique et d'apprentissage rapide et facile.
(Certains disent qu'un an d'espéranto vaut dix ans d'anglais... et coûte donc dix fois moins cher !)
JF Clet
merci. oui j'ai vu et j'ai répondu. d'accord avec lui du reste... mais que font nos politiques ? Allo !!
oui, rien n'est a exclure pour relever le défi de la diversité, si on veut vraiement la maintenir. Meme (surtout) les langues "artificielles"
Seulement, aucun politique ne souleve jamais la question. L'argument financier va a rebours dans ce cas, puisque comme vous le soulignez, une langue artificielle pourrait faire économiser de l'argent en rationalisant les traductions au parlement par exemple, comme langue pivot.
Le pire c'est ls soit disants souverainistes et autres faroucehes defenseurs du camembert, qui ne parlent JAMAIS de ces defis a relever...
Les souvrainistes ? Il seraient trop heureux que l'Europe se casse la figure!
Du reste, Villier, Nihousse et cie s'accomoderont très bien d'une Europe "tout-anglais" sachant qu'elle entrainera le rejet d'une bonne part des français...
JFC
Je rejoins à ce qui a été dit sur l'espéranto. Je suis favorable à la formule « langue maternelle + espéranto + (au moins une) autre langue ».
JF Clet « (Certains disent qu'un an d'espéranto vaut dix ans d'anglais... et coûte donc dix fois moins cher !) »
Je confirme. Je ne me suis pas amusé à compter le nombre d'heures pendant lesquelles j'ai appris l'anglais et l'espéranto, mais c'est probablement quelque chose de cet ordre de grandeur.
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